vendredi, décembre 02, 2005


La Charité bien comprise
Xavier Eman (Novopress)

L’assistanat institutionnalisé et généralisé qui est aujourd’hui l’une des tares et l’un des boulets de notre société post-moderne naviguant à vue entre étatisme socialisant et libéralisme débridé ne doit pas masquer la valeur éminemment saine qui sous-tend l’origine de ce concept : la charité.

La charité est une valeur fondamentalement noble qui, si elle a été dévoyée, ne doit pas pour autant être rejetée et conspuée en bloc.
Il ne faut jamais confondre un principe et son éventuelle mauvaise application circonstancielle et temporaire.
Je suis bien évidemment en faveur d’une méritocratie régénérée qui se substitue à l’actuel système de complaisance et de vénération de tous les asociaux, déviants et bras cassés divers et variés.
Je suis, de tout mon cœur et de toute mon âme, pour la méritocratie mais je ne suis pas autant en faveur d’un « eugénisme social » qui est, fondamentalement, un concept libéral.
Ne croyant pas à l’égalité je crois à la nécessaire solidarité.

Car si le « mérite » appelle reconnaissance et droits, il exige aussi des devoirs au premier rang desquels se trouve la conscience collective et la nécessité d’entraide qu’elle induit.
N’oublions pas que nous ne sommes ni des « libéraux de droite » ni des « eugénistes biologiques », nous sommes des « identitaires », c’est à dire des hérauts d’une vision communautaire et organique de la relation sociale.
Nous ne ferons jamais partie des gens qui considèrent que les hommes se jugent uniquement sur leur « efficacité économique » et qu’en dehors de ce critère il n’y a que des inutiles et des parasites.

Ceci étant posé, il est évident que la charité ne doit pas être un « état de fait » éternellement reconduit mais une « chance offerte », une « aide » et non une « rente », elle doit stimuler et non endormir…
C’est pourquoi, à la différence d’aujourd’hui, la charité communautaire doit être encadrée et exigeante, se présentant sous la forme d’un échange (travaux d’intérêts généraux, participation à des activités collectives, reconnaissance…) et non d’un simple « don » sans contrepartie…
Je ne trouve ni inutile ni choquant de payer des impôts pour financer de la recherche fondamentale, des artistes, des opérations de sauvegarde du patrimoine, des intellectuels… tous éléments indispensables de la vie collective…
Le fait qu’à l’heure actuelle l’essentiel de ces subsides profitent à des margoulins, des histrions, des fainéants et des tarés ne condamne pas le principe mais son application idéologiquement dévoyée.

Je ne fantasme pas pour ma part sur l’image d’une meute sauvage dévorant ses membres les plus faibles ou les plus blessés.
Je souhaite, si un jour je dois poser un genou à terre, pouvoir trouver des mains pour me relever, tout comme aujourd’hui que j’ai la possibilité de le faire, j’essaye de tendre les miennes vers ceux qui ont chuté.
Voilà ce que j’appelle une communauté, voilà ce que j’appelle un peuple.