samedi, décembre 31, 2005

En ordre de bataille pour 2006
derrière Monseigneur Saint Michel


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Prière à Saint Michel Archange

Très glorieux Prince de la milice céleste, saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, contre les principautés et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs ( Eph.VI, 12 ). Venez en aide aux hommes que Dieu a faits à son image et à sa ressemblance, et rachetés à si haut prix de la tyrannie du démon. ( Sag. II, 23 ; Cor. VI, 20 ). Maintenant encore, vous-même Saint Michel et toute l'armée des Anges bienheureux, combattez le combat du Seigneur, tout comme autrefois, vous avez lutté contre Lucifer, le choryphée de la superbe, et contre ses anges révoltés. " Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui " ( Apoc. XII, 8.9 ).

Or, voici que cet antique ennemi, " homicide dès le principe"( Jn. VIII. 44 ), s'est dressé avec véhémence, " déguisé en ange de lumière "( II. Cor. XI, 14 ), ayant pour escorte la horde des esprits pervers, c'est en tout sens qu'il parcourt la terre, et partout s'y insère : en vue d'y abolir le nom de Dieu et de son Christ, en vue de dérober, de faire périr et de perdre dans la damnation sans fin, les âmes que devait couronner la gloire éternelle. Le dragon maléfique transfuse, dans les hommes mentalement dépravés et corrompus par le cœur, un flot d'abjection : le virus de sa malice, l'esprit de mensonge, d'impiété et de blasphème, le souffle mortel du vice, de la luxure et de l'iniquité universalisée.

L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. O saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l'esprit d'iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher.

C'est vous que la sainte Eglise vénère comme son gardien et son protecteur ; vous à qui le Seigneur a confié les âmes rachetées, pour les introduire dans la céleste félicité. Conjurez le Dieu de paix qu'Il écrase Satan sous nos pieds, afin de lui enlever tout pouvoir de retenir les hommes captifs et de nuire à l'Eglise. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, bien vite, descendent sur nous les miséricordes du Seigneur ; et saisissez vous-même l'antique serpent qui n'est autre que le diable ou Satan, pour le précipiter enchaîné dans les abîmes, en sorte qu'il ne puisse plus jamais séduire les nations (Apoc. XX, 2-3 ).

Ainsi, nous fiant à votre protection et à votre patronage, de par l'autorité sacrée de notre mère la Sainte Eglise catholique, au nom de Jésus-Christ, notre Dieu et Seigneur, avec l'intercession de l'Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, de saint Michel Archange, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les saints , nous entreprenons avec confiance de repousser les attaques et les ruses du démon.

Psaume 67
Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés ; et que fuient, devant Lui, ceux qui le haïssent.
Comme la fumée s'évanouit, qu'ils disparaissent ; comme la cire fond devant le feu, qu'ainsi périssent les pécheurs devant la face de Dieu.

- Voici la Croix du Seigneur, fuyez, puissances ennemies.
- Il a vaincu, le Lion de la Tribu de Juda, le rejeton de David.
- Que votre miséricorde, Seigneur, soit sur nous.
- Dans la mesure même que nous espérons en Vous.

Oraison
Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, nous invoquons votre Saint Nom ; et, suppliants, nous réclamons très instamment votre clémence, par l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie immaculée, Mère de Dieu, de Saint Michel Archange, de Saint Joseph, époux de Marie, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints, daignez nous donner secours contre Satan et tous les autres esprits impurs, qui parcourent le monde en vue de nuire au genre humain et de perdre les âmes. Ainsi soit-il.

Exorcisme

Nous t'exorcisons, esprit immonde, qui que tu sois, puissance satanique, invasion de l'ennemi infernal, légion, réunion ou secte diabolique, au nom et par la vertu de Jésus-Christ †. Notre Seigneur, sois arraché et chassé de l'Eglise de Dieu, des âmes créées à l'image de Dieu et rachetées par le précieux sang du divin Agneau †. Désormais, tu n'oseras plus, perfide serpent, tromper le genre humain, persécuter l'Eglise de Dieu, ni secouer et cribler comme le froment, les élus de Dieu †. Il te commande, le Dieu Très Haut †, auquel, dans ton grand orgueil, tu prétends encore être semblable, Lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité ( I. Tim. II,4 ). Il te commande, Dieu le Père†.

Il te commande, Dieu le Fils †. Il te commande, Dieu le Saint-Esprit †. Il te commande, le Christ, Verbe éternel de Dieu fait chair † qui pour le salut de notre race, perdue par ta jalousie, s'est humilié et rendu obéissant jusqu'à la mort ( Phil. II, 8 ), qui a bâti son Eglise sur la pierre solide, et promis que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle, voulant demeurer avec elle tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles (Matth. XXVIII, 20 ). Il te commande, le signe sacré de la Croix † et la vertu de tous les mystères de la foi chrétienne †. Elle te commande , la puissante Mère de Dieu, la Très Sainte Vierge Marie †, qui dès le premier instant de son Immaculée Conception, par son humilité, a écrasé ta tête trop orgueilleuse. Elle te commande, la foi des saints Apôtres Pierre et Paul, et des autres Apôtres †. Ils te commandent, le sang des Martyrs, et la pieuse intercession de tous les Saints et Saintes †.

Or donc, dragon maudit et toute la légion diabolique, nous t'adjurons par le Dieu † vivant, par le Dieu † vrai, par le Dieu † Saint. par le Dieu qui a tant aimé le monde, qu'Il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ( Jean. III, 16): cesse de tromper les humaines créatures et de leur verser le poison de la damnation éternelle ; cesse de nuire à l'Eglise, et de mettre des entraves à sa liberté. Va-t-en, Satan, inventeur et maître de toute tromperie, ennemi du salut des hommes. Cède la place au Christ, en qui tu n'as rien trouvé de tes œuvres, cède la place à l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, que le Christ Lui-même a acquise au prix de son Sang.

Humilie-toi sous la puissante main de Dieu ; tremble et fuis à l'invocation faite par nous du saint et terrible Nom de Jésus, que les enfers redoutent, à qui les Vertus des Cieux, les Puissances et les Dominations sont soumises, que les Chérubins et les Séraphins louent sans cesse dans leurs concerts en disant : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées.

V. Seigneur, exaucez ma prière.
R. Et que mon cri s'élève jusqu'à vous.
V. Le Seigneur est avec vous,
R. Et avec votre esprit.

Oraison
Dieu du ciel, Dieu de la terre, Dieu des Anges, Dieu des Archanges, Dieu des Patriarches, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres, Dieu des Martyrs, Dieu des Confesseurs, Dieu des Vierges, Dieu qui avez le pouvoir de donner la vie après la mort, le repos après le travail, parce qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Vous, et qu'il ne peut pas y en avoir si ce n'est Vous, le Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, dont le règne n'aura pas de fin : avec humilité, nous supplions votre glorieuse Majesté de daigner nous délivrer puissamment et nous garder sains de tous pouvoirs, pièges, mensonges et méchancetés des esprits infernaux. Par le Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

V- Des embûches du Démon.
R- Délivrez-nous, Seigneur.
V- Que vous accordiez à votre sainte Eglise la Sécurité et la liberté pour vous servir.
R- Nous vous en supplions, exaucez-nous.
V- Que vous daigniez humilier les ennemis de la Sainte Eglise .
R- Nous vous en supplions, exaucez-nous.

Antienne
Seigneur, ne Vous souvenez pas de nos fautes, ni de celles de nos parents, et ne tirez point vengeance de nos péchés ; ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il.


La Doctrine de l’exorcisme dans l’Eglise Latine :
Ainsi, tous les fidèles reprendront un droit absolument strict de lutter contre le démon par le moyen spécifique que le Christ a conféré à tous les CROYANTS, c'est-à-dire l’exorcisme ! ... Voilà d’ailleurs ce qui ressort clairement, pour tout esprit capable d’objectivité, de l’Évangile (Marc 16.17), de la pratique de l’Église primitive décrite par les Pères de l’Église, de l’enseignement UNANIME des théologiens qui ont étudié ce problème !...

mercredi, décembre 14, 2005


Ta naissance, Ô Christ, notre Dieu,
a fait resplendir dans le monde la lumière de l'intelligence.
Ceux qui servaient les astres
sont insruits par l'astre de t'adorer,
Soleil de Justice, et te contempler,
Orient venant des hauteurs.
Seigneur, gloire à toi !
Information

A Kulp en Turquie, dans la province de Diyarbakir, une des dernières vieilles églises arméniennes vient d’être rasée et l’on construit à sa place une mosquée. Ce fait témoigne de ce que la Turquie est toujours aujourd’hui dans sa constante génocidaire, celle musulmane du dernier sultan, ou celle laïque des Jeunes Turcs puis du kémalisme.
En dehors d’Istamboul où, vitrine oblige, elle doit diplomatiquement tolérer un minimum de survivance chrétienne, elle éradique encore férocement les moindres restes de ce qui fut jadis la première chrétienté au monde. On comprend pourquoi certains veulent tant la faire entrer dans leur Europe, elle ajoutera sa férocité à leur haine anticatholique. Nous, nous ne la voulons ni dans l’Union Européenne qu’il faut abolir ni dans l’Europe des patries que nous construirons.
Agrif
Liberté pour l’histoire !
Novopress

Ils sont 19 historiens connus et reconnus. Dans un texte intitulé “Liberté pour l’histoire!”, ils demandent l’abrogation de tous les textes de loi qui imposent un jugement historique et qui violent ainsi les principes mêmes de la recherche historique. Et ils en profitent pour faire une belle leçon sur l’histoire et la mémoire, que l’on devrait faire apprendre par cœur aux petits inquisiteurs du microcosme politico-médiatique.
Ces historiens sont Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux (de l’Académie française), Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant (secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres), Pierre Milza, Pierre Nora (de l’Académie française), Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond (de l’Académie française), Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock.
“Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs”, ils tiennent à rappeler deux principes fondamentaux.
Le premier est que “l’histoire n’est pas une religion”. L’historien “n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous”. “L’histoire n’est pas la morale.” L’historien explique, il n’a “pas pour rôle d’exalter ou de condamner”. “L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité”: l’historien “ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.” Et il est en effet de la première importance de rappeler cela (et que certains historiens se le rappellent à eux-mêmes…), en un temps où l’on fausse l’histoire en jugeant systématiquement des événements historiques selon notre mentalité actuelle.
Le deuxième grand principe est que “l’histoire n’est pas la mémoire”. L’historien établit des faits au terme d’une démarche scientifique. Il en résulte qu’il “n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique”. L’histoire n’est pas “un objet juridique”, et “la politique de l’Etat, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire.”
En conséquence, ces historiens demandent l’abrogation d’articles de lois qui, “en violation de ces principes”, “ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites”.
Ils visent explicitement les lois “du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005″. La première est la loi Gayssot, la deuxième est celle de la reconnaissance du génocide arménien, la troisième est celle qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité, la dernière est celle qui a déclenché la polémique actuelle.
Puisque Jacques Chirac lui-même a déclaré que “ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire”, la “mission” qu’il a créée ne peut avoir d’autre objectif que de demander au Parlement de rayer de la législation les articles incriminés. C’en sera enfin fini de la loi Gayssot, et de toutes les prises de position sentimentalement “historiques” qui n’ont rien à faire dans notre législation.

mardi, décembre 13, 2005

Le pouvoir dans l’Eglise

est le thème de l’Homelie de l’Archimandrite Elie le 4 décembre 2005 en l’Eglise Saint Séraphin de Sarov, Paris.

Cette longue méditation prend le « pouvoir » sous les deux acceptions du terme.
Les pouvoirs en tant que moyens d’agir concédés à l’Eglise par le Christ qui les a reçu du Père :
Ceux de jeter dehors les esprits impurs et guérir toute maladie et toute faiblesse. (Mt10/1)
Celui de faire descendre Dieu sur terre, notamment sous la forme des sacrements,
De lui faire pardonner nos péchès et de remplir nos âmes de Sa présence.
Le pouvoir en tant qu’autorité pour ceux qui l’ont reçue de Dieu, tant dans l’Eglise que dans la Société car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu (Rm13/1)
Celui qui l’exerce doit se faire l’imitateur de Celui qui le lui confère, ce qui fait de l’exercice de l’autorité non une prébende mais un service car le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup (Mt20/25-28)

L’homélie aborde de même les déviances et tentations de l’exercice d’un pouvoir :
Dans l’Eglise ou dans la société, le pouvoir n’est pas au bénéfice de celui qui l’exerce mais il se porte dans le renoncement et le sacrifice de soi-même, au profit de la mission.
Citant les trois tentations du Christ, l’Archimandrite Elie montre combien ces tentations fondamentales sont celles du pouvoir sous trois formes :
- Changer les pierres en pain qui occasionnerait un asservissement du peuple et non un choix libre de celui-ci,
- Se jeter dans le précipice qui n’aurait d’autre but que de vérifier le pouvoir reçu en excluant l’adhésion par la foi,
- Enfin, la possession de tous les royaumes de la terre, monde chimérique qui se disloque dans les violences et des dominations tyranniques sans cesse accrues.

Illustrant cette riche thématique, l’homélie se réfère aussi au 10ème commandement contre la convoitise, les Béatitudes, la vocation des apôtres, les martyrs, le monachisme et le mariage.

Elle se termine par la prière de Saint Ephrem :
« Seigneur et Maître de ma vie, éloigne de moi … l’esprit de domination »

Texte complet de l’homélie (fichier pdf)

lundi, décembre 12, 2005

Le Patriarcat de Moscou partage l’approche du Vatican sur la question de l’homosexualité
« Les Eglises orthodoxe et catholique ont des divergences concernant les candidats à la prêtrise (en ce sens que les catholiques insistent sur le célibat, tandis que le orthodoxes ont des prêtres mariés), mais l’approche du sujet de l’homosexualité est commune », a déclaré vendredi 8 décembre un porte-parole officiel du Patriarcat de Moscou, le prêtre Igor Vyjanov, selon des propos rapportés par orthodoxie.com.
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dimanche, décembre 11, 2005

Note de lecture
B.A. – BA Orthodoxie

Ce petit livre de 120 pages, abondamment illustré, est un excellent visa pour les catholiques romains qui souhaitent (qui doivent !) entreprendre le voyage à la rencontre de leurs frères orthodoxes et des beautés de leur demeure.
En quatre chapitres, il aborde de façon claire le cheminement historique, la lumineuse théologie orthodoxe, les mystères chrétiens et la Theosis, c’est à dire la voie de déification.
Lecture apéritive, s'il en est.
Son auteur, Frédéric Luz, directeur de la revue et des éditions de La Place Royale, est un héraldiste réputé, défenseur de l’idée royale.
Dans son introduction, il fustige à juste titre l’intégrisme agressif et injuste de Joseph de Maistre à l’égard de l’Eglise Orthodoxe. Quelques rares petites phrases du premier chapitre peuvent choquer le catholique romain et montrent, hélas, qu’il est décidement difficile d’ «éviter la flaque ».
Mais tous les enfants de couples divorcés savent que l’amour qu’ils portent à leurs parents doit être indulgent et qu’il faut rester sourd à leurs récriminations.

samedi, décembre 10, 2005


Le cadeau de Noël

Le don est un flux.
Sous une apparence unidirectionnelle, ce flux est échange.
Le don est affaires de pauvres.
Le besoin, né du dépouillement, appelle le don.
Par un mécanisme mystérieux que l’on peut penser en rapport avec la physiologie trinitaire, l’acceptation humble du don devient, à son tour, en retour, don superlatif.
La prière du Fils

A propos de la traduction du Notre Père

par Jean-François Colosimo


La version dite « œcuménique » du Notre Père a suscité de nombreux débats et de nombreuses interrogations. Cette traduction est aujourd’hui largement remise en question. De nombreux travaux, notamment du père catholique Jean Carmignac, et l’ouvrage récent de Jean-Marie Gourvil, permettent d’approfondir cette question. Sur celle-ci, Jean-François Colosimo a publié dans Le Monde des religions (n°8, novembre-décembre 2004) le texte que nous vous proposons ci-dessous avec son accord.
La prière la plus récitée de l’histoire est aussi la plus méconnue au monde. Car la plus mal lue, en raison de détournements qui outrepassent les querelles d’interprétation. Ce n’est pas, en effet, que les traductions courantes du « Notre Père » soient fautives, abusives, discutables. C’est qu’elles sont imaginaires. Elles s’instituent contre la littéralité du grec pour y substituer un texte inexistant.
Ainsi de la version française usuelle, dite « œcuménique ». Les mots de la koinè s’y effacent derrière la naturalisation des sédimentations exégétiques et théologiques qui finissent par en interdire l’accès. Il y a d’abord les approximations qui brouillent le caractère performatif de l’invocation initiale. Le « Père », revendiqué « notre », est non pas « aux cieux », mais « du Ciel ». Il ne s’agit pas de le localiser mais de le proclamer origine absolue en reconnaissant qu’il n’est qu’une paternité, la sienne, exclusive. Le règne n’est pas un « à venir », mais un « déjà là », et il n’y a pas souhait mais constat de sa présence. Le « nom » est plutôt à « glorifier » qu’à « sanctifier » car il relève de cette immédiateté du Royaume dont la manifestation même réalise la volonté divine pour l’entière création – « sur la terre et aux cieux ». Eschatologique, cette première période, restituée à son unité intrinsèque, écarte donc le biais cosmologique, sapiental, providentialiste que lui imprime la version « œcuménique ».
Mais c’est dans la seconde période que les approximations tournent à l’invention. Le « pain », en rien « quotidien », est au contraire celui « du futur », nécessaire ici et maintenant à survivre seulement pour que se découvre la nécessité de la vie qui passe la survie ; aussi faut-il le dire « essentiel ». Quant au « pardon » et aux « offenses », ils relèvent du pur fantasme puisqu’il n’en est fait aucunement mention. Il est question, en revanche, de « dettes » et de « remise de dettes ». L’orientation est encore eschatologique : l’état terrestre n’est pas état de subsistance mais de transition et, pour nous y projeter, nous réclamons à Dieu de pouvoir nous juger nous-mêmes à l’aune du Royaume. Loin d’une quelconque loi de compensation à laquelle renvoient les torsions juridiques, moralisatrices, psychologisantes de la version « œcuménique », c’est la souveraineté de la liberté qui est ici affirmée.
Enfin, dans la troisième période, la formule « ne nous soumet pas à la tentation », variation sur l’antique « ne nous laisse pas succomber » , paraîtrait blasphématoire, si elle n’était tout simplement fausse. Il y va, à l’inverse, de la certitude que dans l’épreuve, factuelle, inévitable, peut être souhaitable, la seule vraie menace tiendrait à l’excès, l’impossibilité de l’endurer par soi hors du secours divin –« nous ne pouvons entrer seuls dans ce que nous pouvons traverser mais qui est aussi ce par quoi nous ne voulons pas être traversés ». Car c’est du « Malin », l’adversaire « meurtrier depuis le commencement » dit ailleurs Jésus, et non pas du « Mal » abstrait de l’éthique, que nous demandons à être « délivrés ». Cette délivrance, apocalyptique, achevant en plénitude l’éternel présent du Royaume.
Comment dès lors rendre en français un « Notre Père » qui soit le moins menteur possible? Parmi d’autres, le philosophe Pierre Boutang et le théologien Nicolas Lossky s’y sont essayés. En leur empruntant à tous deux, voici ma propre esquisse :
« Notre père du ciel, que ton nom soit glorifié, que ton règne advienne, que soit faite ta volonté –sur la terre comme aux cieux ! Donne-nous ce jour notre pain essentiel ; remets nos dettes comme aussi nous remettons à nos débiteurs ; et ne nous laisse pas persévérer dans l’épreuve, mais délivre-nous du Malin »

Jean-François Colisimo est professeur de Patrologie à l'Institut Saint Serge

vendredi, décembre 09, 2005

La Royauté Sociale de Notre Seigneur

Immigration, colonisation, … et à présent laïcité, la République ne cesse de léchouiller les plaies chroniques qu’en bon autiste elle s’est infligée à elle-même.
Cela serait juste risible si certains hiérarches du clergé français ne se mélaient à ces dérisoires débats, non pour rappeler la Doctrine Sociale de l’Eglise comme on aurait été en droit de l’attendre mais, tel l’évèque auxiliaire de Paris, pour donner tristement raison à Jean Jaures lui-même quand il déclarait en 1905 à la Chambre des Députés :
« «Laissez-moi dire que ceux d'entre vous qui connaissent la pensée de l'Église dans sa vérité, dans son audace, qui a sa noblesse comme elle peut avoir aujourd'hui, pour bien des esprits, son scandale, ceux-là ne contesteront pas ce que je dis, car il est impossible que, lorsqu'on a proclamé que DIEU est si intimement mêlé aux choses humaines qu'il s'est incarné dans un individu humain et qu'il a transmis à une Église le droit de continuer cette incarnation, il est impossible que DIEU ne reste pas incarné dans cette Église comme la puissance souveraine et exclusive devant laquelle les individus, les sociétés, les patries, toutes les forces de la vie, doivent s'incliner. Voilà la contradiction des deux mondes, voilà la contradiction des deux principes et voilà, par conséquent, quand nous arrivons au problème de l'enseignement, la dualité et le conflit. Si les hommes de la Révolution poussent jusqu'au bout le principe révolutionnaire et si les chrétiens poussent au bout le problème de l'Église, c'est, dans une société unie en apparence, c'est, dans une société où nous aurons tous la même figure d'hommes, le plus prodigieux conflit qui se puisse imaginer.
(…)
Nos adversaires, nous ont-ils répondu ? Ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l'entière pensée catholique qui revendique pour Dieu, pour le Dieu de la révélation chrétienne, le droit non seulement d'inspirer et de guider la société spirituelle, mais de façonner la société civile? Non, ils se sont dérobés; ils ont chicané sur des détails d'organisation. Ils n'ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l'âme de l'Église».

Retenons la leçon qu'il nous donne : des catholiques dignes de ce nom doivent «réclamer pour le Dieu de la Révélation chrétienne» - donc pour Jésus-Christ - «le droit non seulement d'inspirer la société spirituelle mais de façonner la société civile».


Exposé de la Doctrine Sociale de L’Eglise sur la Royauté Sociale de Jésus-Christ :

Jésus-Christ est le Dieu des peuples, des nations, des communautés et pas seulement le Dieu des individus et des familles. C'est le point central de la doctrine sociale de l'Église.
Que faut-il entendre par royauté sociale de Notre Seigneur?
Le Christ, dans son humanité, est roi universel de la création : «Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre», a-t-il dit.
Sa royauté s'exerce non seulement sur les hommes pris individuellement mais aussi sur les corps sociaux quels qu'ils soient (familles, corps intermédiaires, États...) ; c'est en ce sens qu'elle est dite sociale.
Cette royauté sociale entraîne pour les corps sociaux une double obligation :
- rendre au Christ le culte qui Lui est dû (l'État, par exemple,doit lui rendre un culte public) ;
- obéir à Sa loi (naturelle et surnaturelle); autrement dit mettre en pratique les autres aspects de la doctrine sociale de Son Église.

La doctrine de la royauté sociale de Notre Seigneur constitue ainsi non seulement une partie intégrante de la doctrine sociale mais encore l'élément qui donne au reste sa pleine signification. A tel point que l'expression «reconnaissance de la royauté sociale de Notre Seigneur» est souvent utilisée pour caractériser l'ordre social chrétien, comme en témoignent ces deux textes de saint Pie X :
«La force des sociétés est dans la reconnaissance pleine et entière de la royauté sociale de Notre Seigneur et dans l'acceptation sans réserve de la suprématie doctrinale de Son Église»
«Le salut de la France ne peut être obtenu que par la reconnaissance du règne du Christ sur la nation»

II est devenu courant aujourd'hui de faire silence sur la royauté sociale de Notre Seigneur quand on présente la doctrine sociale de l'Église. Grave omission qui ampute celle-ci de son fondement surnaturel.

Grandes lignes de l’encyclique QUAS PRIMA
Dans son encyclique Quas primas (11 décembre 1925), instaurant la fête liturgique du Christ-roi, le pape Pie XI a donné sur cette doctrine un exposé très complet. En voici quelques extraits :
Liens entre la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ et le mystère de l'Incarnation
Il est de toute évidence que le nom et la puissance du roi, au sens propre du mot, doivent être attribués au Christ dans son humanité; car c'est seulement du Christ en tant qu'homme qu'on peut dire : Il a reçu du Père "la puissance, l'honneur et la royauté". Comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, Il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures (...).
La royauté du Christ est universelle
Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les États; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus : "Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes , qu'il leur faille invoquer pour être sauvés". Il est l'unique auteur, pour l'État comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur : La cité ne tient pas son bonheur d'une autre source que les particuliers, vu qu'une cité n'est pas autre chose qu'un ensemble de particuliers unis en société".
L'État doit rendre au Christ un culte public et se soumettre à son enseignement
Les chefs d'État ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel et avec tout leur peuple - des hommages publics de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travaillent ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale (...).
Aux États, la célébration annuelle de la fête (du Christ-Roi) rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l’Etat tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens.

Dans son Année liturgique, dom Guéranger, en conclusion d'une notice sur saint Ambroise, s'adresse à lui en ces termes :

«Bannissez de nos esprits, ô Ambroise, ces timides et imprudentes théories qui font oublier à des chrétiens que Jésus est le Roi de ce monde, et les entraînent à penser qu'une loi humaine qui reconnaît des droits égaux à l'erreur et à la vérité pourrait bien être le plus haut perfectionnement des sociétés. Obtenez qu'ils comprennent, à votre exemple, que si les droits du Fils de Dieu et de son Église peuvent être foulés aux pieds, ils n'en existent pas moins; que la promiscuité de toutes les religions sous une protection égale est le plus sanglant outrage envers celui "à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre"; que les désastres périodiques de la société sont la réponse qu'il fait du haut du ciel aux contempteurs du Droit chrétien, de ce Droit qu'il a acquis en mourant sur la Croix pour les hommes; qu'enfin s'il ne dépend pas de nous de relever ce Droit sacré chez les nations qui ont eu le malheur de l'abjurer, notre devoir est de le confesser courageusement, sous peine d'être complices de ceux qui n'ont plus voulu que Jésus régnât sur eux».


Extrait de La Doctrine Sociale de l'Eglise par Arnaud de Lassus. Tiré part de la revue Action familiale et scolaire n° 134, déc. 2002 31, rue Rennequin, 75017 Paris

L'alter-européen face au monde moderne

Les membres d'Europae Gentes se définissent comme des "alter-européens". Leur mais aussi notre vision de l'Europe est non pas celle que nous connaissons sous les traits de l'Union Européenne mais une Europe incarnée, identitaire, proche des peuples et fondamentalement chrétienne par son histoire et sa civilisation.
Cet article d'Arnaud Guyot-Jeannin édicte un principe de vie, une ligne de conduite intérieure, c'est un point de départ pour construire l'Europe de demain.

Être dans le monde sans être de ce monde !

Cette formule tirée de l’Evangile de Thomas et que l’on retrouve chez Saint Augustin peut être indexée à tous les niveaux de notre combat. Elle témoigne en quelque sorte d’une christologie en acte. Notre volonté à accompagner les desseins de la Divine Providence doit nous enjoindre à associer Action et Contemplation, Vitalité et Humilité, Puissance et Connaissance, Autorité et Liberté. Nous sommes soumis, mais aussi co-participants à l’œuvre de Dieu. Jean-Paul II a parlé d’une « théonomie participative ». Le Christ, en s’incarnant, a témoigné de sa « divino-humanité » (Soloviev). Vrai Dieu et Vrai Homme, le Christ révèle la présence de Dieu dans l’univers qu’il a créé et que nous devons défendre en tant que nous en sommes ses Créatures. Nous sommes les vrais défenseurs de la Vie des hommes et de la nature que nous ne mettons pas sur le même plan. Nous bannissons la Culture de Mort véhiculée par la technoscience totalitaire : avortement, euthanasie, manipulations génétiques, etc.… La politique doit être distincte de la morale chrétienne toute étant informée par elle.

Refuser le double écueil du passéisme et du modernisme. Pour un catholicisme enraciné dans la Cité céleste et terrestre ! Notre traditionalisme est tout aussi contemplatif qu’actif.


Être dans l’Europe sans être de cette Europe !

L’Europe fait partie de notre héritage spirituel et culturel intrinsèque. Il existe une culture européenne spécifique qui emprunte des voies nationales, régionales, linguistiques, etc. multiples. Unité de Religion, d'Ethno-Culture, de Civilisation, l’Europe appartient à ceux qui la défendent tout autant dans son homogénéité que dans sa diversité. Une Europe unie, supranationale et respectueuse des identités nationales et locales doit se reconstruire sur des bases spirituelles, culturelles, politiques, puis économiques, diplomatiques et militaires. Elle doit désigner son ennemi ontologique et existentiel à l’intérieure : le mondialisme apatride et le souverainisme jacobin en tant qu’idéologies abstraites et uniformisatrices et à l’extérieur : l’hégémonie américaine comme toute autre domination néo-coloniale en tant que réalités mortifères.

Réfuter le double écueil du nationalisme et du cosmopolitisme. Pour une grande Europe catholique et impériale fondée sur les identités et les peuples ! Notre européanisme est avant tout chrétien et identitaire.

Être de France sans être de cette France !

La France est d’abord la fille aînée de l’Eglise. Dépositaire d’une langue universelle et rayonnante, puissante et diversifiée, la France doit jouer un rôle majeur comme vecteur
spirituel et diplomatique. La francophonie doit être défendue becs et ongles. La France est le pays de tous ceux qui ont des parents français et qui l’acceptent comme un cadre englobant et non dissolvant de ses régions constitutives et comme un pays surplombé et non dominé par l’Europe. La France doit se fédéraliser, tandis que l’Europe doit, elle se fédérer ! Le génie spirituel, mystique et culturel français ne se confonds pas avec son cadre étatique, juridique, législatif et administratif hérité de la Révolution Française et préparé par les rois de France à partir de Philippe le Bel jusqu’à Louis XIV. Il ne s’agit d’ailleurs pas, bien entendu, de faire table rase de tous ces derniers siècles, car il demeure forcément de nombreuses influences traditionnelles enrichissantes à travers ceux-ci et même encore aujourd’hui, mais de repérer historiquement les tendances dominantes et défaillantes de notre propre patrimoine. Nous sommes des héritiers à la fois exigeants, lucides et honnêtes, guidés d’abord par notre amour de la Vérité de notre Dieu unique, incarné et trinitaire.

Eviter le double écueil de l’étatisme centralisé et de la réaction éthérée. Pour une France catholique et enracinée ouverte sur l’universel ! Notre amour de la France est guidé par notre confiance en la Providence qui décida de son baptême catholique en 496 par Clovis, roi des francs.

Être des régions et dans les régions enracinées sans être de ces régions artificielles, politisées et instrumentalisées par la subversion gauchiste ou la gestion centriste.

L’homme est un ancêtre. Il existe en tant qu’il est une créature de Dieu, mais aussi en appartenant à une identité qui lui donne tout son sens. La Région est le relais le plus immédiat de l’enracinement charnel d’un peuple. Elle constitue un cadre approprié à la valorisation d’une identité collective. La Région participe, entre autre chose, d’un processus de réappropriation de soi. L’Ecologie lui est concomitante. Réfractaire à tout panthéisme, nous devons en revanche, défendre la nature, les animaux, etc., bref, la Création dans sa totalité. La Région est aussi le cadre juridique le plus compétent pour une décision effective. Le principe de subsidiarité, hérité d'Althusius et de la doctrine sociale de l’Eglise, du fédéralisme et du socialisme français tel qu’un Proudhon l’envisagea, par exemple, met en branle une démocratie de proximité où tout individu se sent participer à une œuvre commune et connaît nécessairement l’objet de ce sur quoi on lui demande d’intervenir. Toute prise de décision sur la région doit se prendre dans celle-ci. L’implication de la personne se coordonnant à une connaissance à taille humaine de l’objet de discussion. Toutes ces valeurs et notions ne doivent évidemment pas aboutir à la sclérose xénophobe, au rejet de l’autre, à l’égoïsme frileux.

Récuser le double écueil de la logique gestionnaire et du consensus mou centriste ainsi que de l’ethnocentrisme ou micro-nationalisme, c'est-à-dire du séparatisme. Pour des régions enracinées et autonomes ! Notre régionalisme s’accorde avec l’idée d’organicité des peuples et du monde vivant.

Être dans le Marché sans être du Marché !

Le Marché a toujours existé dans les sociétés humaines. Il est l’une des formes de l’échange, de la loi de l’offre et de la demande. Il donne à l’économie un souffle dont elle a besoin en responsabilisant l’homme. Le Marché n’a pas cependant de nature propre. Il fonctionne en principe comme un moyen et non comme une fin en soi. Il doit être régulé, non par l’Etat, mais par les hommes entre eux, sans quoi ceux-ci sont livrés à une loi de la jungle invivable où l’individualisme et l’utilitarisme sont les deux critères dominants et
déterminants leur existence. L’homme n’est pas « un loup pour l’homme », contrairement à ce qui découle de la doctrine libérale. L’homme doit conserver sa liberté personnelle tout en s’agrégeant à une communauté organique et non devenir un atome interchangeable utilisé par des marchands sans foi ni loi qui ont en vue de l’exploiter et de le monnayer sur les grands marchés financiers à des fins de rentabilité et de profits immédiats. L’homme n’a pas vocation à devenir un « homo économicus », mais une personne reliée à Dieu et à ses structures d’appartenances traditionnelles (famille, région, métier). Il faut mettre fin à la logique techno-productiviste, consumériste et spéculative aliénant l’homme et les communautés auxquelles il appartient. Restaurer un solidarisme communautaire où l’altruisme, le don et le désintéressement reprennent tous leurs sens ! Les voies à expérimenter sont celles du créditisme, associationnisme, mutuellisme, autogestion et co-gestion, participation, néo-corporatisme, auto-centrage économique à l’échelle locale, nationale et continentale en vue de se préserver de la mondialisation américanocentrée et de ses sous-produits qui nous colonisent.

Contester le socialisme étatique et le capitalisme libéral. Pour une économie autocentrée et protégée où les sociétés soient des sociétés avec marchés et non des sociétés de marchés ! Notre organicisme va de pair avec le respect de l’ordre naturel où l’homme est libre– s'il sait que Dieu le considère comme une Créature apte à défendre la Création - et non pas livré à la concurrence sauvage.

Arnaud GUYOT-JEANNIN

jeudi, décembre 08, 2005

Russie et Grèce :
offensives laïques et antichrétiennes

Une polémique a lieu en Russie à propos de l’emblème chrétien de la Fédération de Russie. Dans celui-ci se trouve une représentation de saint Georges tuant un dragon et quatre croix. Des responsables musulmans, arguant du fait que la Russie est un Etat laïc et que dans la constitution le christianisme n’est pas la seule foi reconnue comme traditionnelle, ont demandé l’abandon des symboles chrétiens dans l’emblème de l’Etat. Ces prises de position ont entraîné de vives réactions du père Vsevolod Tchaplin, du Patriarcat de Moscou, du diacre André Kuraev, professeur à l’Académie de théologie de Moscou, ou encore de Serge Markov, directeur de l’Institut de recherche politique. Tous les trois y voient une négation de l’identité de la Russie et de son histoire ainsi qu’une volonté de déstabiliser la société.
En Grèce, depuis plusieurs mois, une campagne pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat a été lancée. Récemment, un député de la Nouvelle démocratie (centre-droit), Yannis Varvitsiotis, s’est déclaré favorable à celle-ci tandis qu’une proposition pour l’instaurer a été faite au Parlement. L’Eglise de Grèce a dénoncé la volonté de certains de nuire à la foi ainsi qu’à la cohésion nationale et de vouloir établir une société athée.

Plusieurs liens en relation avec cet article sur orthodoxie.com
Information

L'archimandride (Deseille) donnera une conférence sur :
La crise arienne et les Pères du 4° siècle

Le vendredi 16 décembre 2005 à 9h00
dans les locaux de L'Institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge
93 rue de Crimée 75019 Paris
Fête de l’Immaculée Conception

Immaculée-Conception,
Reine du ciel et de la terre,
Refuge des pécheurs et Mère très aimante,
à qui Dieu voulut confier tout l'ordre de la Miséricorde,
me voici à tes pieds, moi N... pauvre pécheur.

Je t'en supplie,
accepte mon être tout entier
comme ton bien et ta propriété;
agis en moi selon ta volonté,
en mon âme et mon corps,
en ma vie et ma mort et mon éternité.

Dispose avant tout de moi comme tu le désires,
pour que se réalise enfin ce qui est dit de toi :
"La Femme écrasera la tête du serpent"
et aussi "Toi seule vaincras les hérésies dans le monde entier".

Qu'en tes mains toutes pures,
si riches de miséricorde,
je devienne un instrument de ton amour,
capable de ranimer et d'épanouir pleinement
tant d'âmes tièdes ou égarées.
Ainsi s'étendra sans fin
le Règne du Coeur divin de Jésus.

Vraiment, ta seule présence attire les grâces
qui convertissent et sanctifient les âmes,
puisque la Grâce jaillit du coeur divin de Jésus sur nous tous,
en passant par tes mains maternelles.

Saint Maximilien Kolbe

L'enseignement de l'Eglise romaine sur l'Immaculée Conception de Marie, se rapporte à la naissance de la Vierge elle-même.
Tandis que l'Eglise Orthodoxe, rapporte ce dogme à la conception virginale de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Lire l’explication
Un euro prophétique ?

De nouveaux euros vont être frappés avec une légère modification du dessin, pas sur la face nationale, mais sur la face commune. C'est une conséquence de l'élargissement de l'Europe. La carte qui figure sur les euros a été dessinée en 1999, à l'époque où l'UE comptait 15 membres... Depuis, 10 nouveaux pays sont entrés dans l'Union.
Mais la nouvelle carte ira au-delà des frontières de la nouvelle UE puisqu'elle intègrera des pays comme la Russie, la Roumanie et l'Ukraine.
Mais la Turquie ne figurera pas sur cette carte.
Sous la valeur monétaire, une valeur prophétique ?

mercredi, décembre 07, 2005

Petit florilège démocratique




" Le mauvais goût étant la chose la mieux partagée du monde, il en est aussi la plus démocratique"
Rebatir la Maison Commune de l’Eglise
par Monseigneur Stephanos, Métropolite de Tallinn et de toute l'Estonie

Comment appeler l'humanité à une œuvre commune aimantée par l'amour de l'homme, image de Dieu, et de l'univers, qui est sa création, sinon par un engagement commun, un partage de tous les chrétiens à travers l'acquis de leurs expériences réciproques et de leurs communes espérances ? Prenons donc la peine, avant toute autre démarche, de nous regarder un instant les yeux dans les yeux, en élargissant nos cœurs par-delà l'Occident, par-delà l'Orient : l'Occident qui symbolise l'intelligence et la volonté ; l'Orient qui symbolise la sagesse ontologique ; l'Occident qui pense, et pense encore par opposition ; l'Orient qui sent et, par-là même, pense par intégration ; l'Occident, ce « moi » vigilant, structuré, formé par une culture humaniste aux fortes disciplines, cherchant Dieu dans une tension pathétique qui fouette sa conscience et sa volonté ; l'Orient, ce « soi » longtemps fluctuant et menacé d'ambivalence, mais qui, une fois «centré», permet à la lumière de Dieu de pénétrer les profondeurs de la vie, du cosmos : non point tendu vers Dieu, mais paisiblement saturé de sa présence... Et nous verrons, nous comprendrons alors que l'un ne peut aller sans l'autre
……
Il est dans l'ordre des choses que dans l'Eglise convivent des éléments bons et mauvais, et que la ligne de partage passe dans chaque âme, jusqu'à ce que le Seigneur vienne dans la gloire pour juger les vivants et les morts. La patience des saints est peut-être le seul secret de la paix, car elle est abstention de jugement, confiance aussi dans le dessein de Dieu et notre destinée glorieuse. L'Eglise se définit dans ses livres liturgiques comme un asile de malades. Elle ne devient une communauté de sauvés que parce qu'elle est constamment une communauté de la chute qui expérimente perpétuellement le pardon. C'est parce que le Seigneur l'aime qu'il suscite en elle l'amour. Dans quelle mesure, en nos Eglises respectives, répondons-nous réellement à cet amour ? C'est sur cette interpellation, clé de tout notre témoignage, que je désire terminer, convaincu que, pour les chrétiens que nous sommes, c'est la seule voie de laquelle dépendra pour l'essentiel le sort de nos véritables retrouvailles.

Lire l’article entier
Soleil d’Hiver remercie Monseigneur Stephanos de son autorisation et de son message d’amitié.

mardi, décembre 06, 2005

Merci à D. Florent, Président du Réseau Chrétienté, pour son message d'espérance en ce temps de l'Avent.
Lettre aux amis

Le jeune Soleil d’hiver a reçu plusieurs messages de soutien et d’encouragements.
A ces nouveaux amis, je tiens à apporter des précisions sur la nature et les fondements de Soleil d’hiver.

Si Soleil d'hiver est imprégné de la Foi orthodoxe, c'est bien entendu, voulu, malgré les imperfections et maladresses d'une démarche débutante.

En fait, je suis catholique romain attaché à la Tradition.
J’ai l'age d'avoir connu les fantaisies liturgiques et dogmatiques, vase moderniste soulevée dans le sillage de Vatican II.
J'ai aussi eu l’honneur d'accompagner et de servir modestement la saine réaction traditionnaliste.
Je salue au passage mes compagnons des nombreuses (et froides !!) « gardes » nocturnes de Saint Nicolas du Chardonnet. Joyeux et priant souvenir de ma jeunesse.

Le temps a passé et la Tradition revient doucement en grâce auprés des princes de notre Sainte Mère.
Il est malgré tout patent que le clergé français, pour ne considérer que lui, reste peu incommodé par les "fumées de Satan" qui imprègnent nombre de nos presbytères et évéchés, le rendant indifférent aux périls qui menacent l'Occident chrétien et plus particulièrement notre pays dont, manifestement, il n'a que faire. La République et ses douteuses valeurs a, en revanche, toutes ses faveurs.

La séparation des catholiques d'orient et d'occident est une des plus graves morsures du dragon au talon de l'Eglise Universelle. Ses fils ne peuvent qu'en souffrir comme de la perte d'un être cher. Souffrance d'une gemellarité disloquée.
Cependant, nous savons que le Maitre du Temps sait tirer le plus grand bien des agissements du Malin et de nos péchés:
Il est indiscutable que cette millénaire séparation à protégé l'Eglise d'Orient de cette autre morsure qu'est la Réforme.
Il est indiscutable aussi que les persécutions inouies des Eglises d'Orient les ont aussi protégées du matérialisme athée et apatride qui sévit en Occident. Persécutions qui ont fait plus de martyrs en 70 ans que pendant toute l'histoire de l'Eglise. Et on sait combien le sang des martyrs est fertile.
Enfin, nul ne peut douter que le mouvement migratoire de chrétiens de l'Est vers l'Europe occidentale, lié à ces persécutions, a constitué un précieux apport d'engrais chrétien dans nos pays.

A présent, il est « stratégique » de prier avec ardeur et violence, à la façon de Sainte Thérèse d'Avila, pour l'union de l'Eglise Une Sainte Catholique et Apostolique.
Quelle arme redoutable, qu'une telle union, au bras de Monseigneur Saint Michel pour combattre les ennemis intérieurs et extérieurs de la Cité Catholique.
Quel aimant irrésistible pour une jeunesse déboussolée, assoiffée d'altitude et qui va étancher sa soif à des sources de circonstance comme l’Islam.
Quel ciment pour une Europe chrétienne redéfinie.
Quel signe de contradiction pour tous les chrétiens égarés de la Réforme, éclatés dans d'innombrables sectes dont les plus puissantes servent un imperium tout aussi athée, malgré son masque évangélique, loup déguisé en agneau, que le communisme.

C'est pourquoi, comme catholique romain, je me fais un devoir de faire connaitre la Foi Orthodoxe à ceux qui m'entourent, pour qu'ils l'aiment autant qu'ils aiment la Foi de leur baptême

Nous savons tous les efforts de travail, de compréhension et de sagesse déployés par nos églises sur la route de l’union.

Mais seront ils suffisants ?
Leur cri résonnera t-il assez dans les cieux si, dans le petit peuple de Dieu, le simple croyant reste dans l'ignorance du frère et des splendeurs de sa demeure,
s’il ne dit pas, à son tour, "j'ai soif" ?

lundi, décembre 05, 2005

Pour faire suite à l'article
"Canon concernant le Pape de Rome et sa dignité selon l'Orthodoxie"
:

La primauté: une aide, non un poids

«L’exercice de la primauté doit, à tous les niveaux, favoriser la vie et la croissance de l’Église et non lui faire obstacle»

Finalement, on repart. Dans l’impasse depuis des années, le dialogue théologique officiel entre l’Église de Rome et les Églises orthodoxes byzantines reprend: des dates ont été fixées, de même qu’ont été définis les problèmes à affronter sur la voie du retour à l’unité pleine et visible. Et cette fois, la feuille de route œcuménique prévoit d’aborder directement la question de la primauté, le point névralgique autour duquel se concentrent toutes les difficultés qui font encore obstacle à la pleine communion sacramentelle entre catholiques et orthodoxes....

Interview du métropolite Philarète de Minsk
Éclairage éthique sur le Téléthon 2005
Fondation Jérôme-Lejeune

Nombreux se posent des questions sur le Téléthon, qui a eu lieu les 2 et 3 décembre. Sans mettre en doute la bonne volonté de nombreux participants et le succès de certaines réalisations du Téléthon, il nous est apparu nécessaire d'apporter un éclairage aux chrétiens spontanément portés au don.

Lire la suite

Canon concernant le Pape de Rome et sa dignité selon l'Orthodoxie

"Cependant l'évêque de Constantinople aura la prééminence en dignité après l'évêque de Rome, puisque cette ville est la nouvelle Rome". 3e canon du IIe concile oecuménique de Constantinople. "Suivant en tout les décrets des saints pères et reconnaissant le canon lu récemment des cent cinquante évêques aimés de Dieu, réunis dans la ville impériale de Constantinople, la nouvelle Rome, sous Théodose le Grand, de pieuse mémoire, nous approuvons et prenons la même décision au sujet de la prééminence de la très sainte Église de Constantinople, la nouvelle Rome. Les pères, en effet, ont accordé avec raison au siège de l'ancienne Rome la prééminence parce que cette ville était la ville impériale; mûs par ce même motif les cent cinquante évêques aimés de Dieu ont accordé la même prééminence au très saint siège de la nouvelle Rome, pensant que la ville honorée de la présence de l'empereur et du sénat et jouissant des mêmes privilèges civils que Rome, l'ancienne ville impériale, devait aussi avoir le même rang supérieur qu'elle dans les affaires d'Église, tout en étant la seconde après elle..." 28e canon du IVe concile de Chalcédoine. "Renouvelant la législation des cent cinquante saints pères qui se sont réunis dans cette ville impériale gardée de Dieu, et des six cent trente qui se sont rassemblés à Chalcédoine, nous décrétons que le siège de Constantinople jouira des mêmes privilèges que le siège de l'ancienne Rome et obtiendra dans les affaires de l'Église la même grandeur que celui-ci, venant en second après lui; le siège de la grande ville d'Alexandrie sera compté ensuite, puis celui d'Antioche, et après celui-ci, le siège de la ville de Jérusalem." 36e canon du VIe concile oecuménique "in Trullo" (Quinisexte)

JP-BONNEROT (avec son aimable autorisation)

samedi, décembre 03, 2005


Pourquoi je suis moyennement démocrate

90 pages de pure intelligence.
La première fois, on le lit goulument,
La deuxième, on souligne.
Les fois suivantes, c’est pour mémoriser. Car la démonstration est limpide.
Le florilège à paraître épisodiquement sur Soleil d’hiver lui devra beaucoup.

Extrait: La Nouvelle Religion

Mais c'est là que la démocratie moderne dévoile ses prétention au statut de religion : elle n'est plus un mode de désignation des gouvernants, elle a un corps de doctrine infaillible et obligatoire, elle a un catéchisme : les droits de l'homme, et hors des droits de l'homme, il n'y a point de salut.
La démocratie moderne détient d'autres éléments indispensables à toute religion.
Un paradis : les pays démocratiques libéraux, avec, de préférence, une législation anglo-saxonne.
Un purgatoire : les dictatures de gauche.
Un enfer: les dictatures dites de droite.
Un clergé régulier : les penseurs chargés d'adapter les thèses marxistes aux sociétés libérales.
Un clergé séculier : les journalistes chargés de répandre cette doctrine.
Des offices religieux : les grandes émissions de télévision.
Un index tacite qui interdit de prendre connaissance de tout ouvrage dont l'inspi-ration serait répréhensible. Cet index est admirablement efficace sous la forme de conspiration du silence médiatique, mais il est quelquefois utilisé de manière plus draconienne encore : des livres jugés déficients du point de vue de la démocratie sont non pas encore brûlés sur le bûcher mais déjà retirés des bibliothèques scolaires, comme cela est arrivé à Saint-Ouen-L'Aumône.
Une inquisition. Nul n'a le droit de s'exprimer s'il n'est pas dans la droite ligne de la religion démocratique et, s'il réussit à le faire tout de même, il en paye les conséquences : le lynchage médiatique auquel a été soumis en France un Régis Debray (que nul ne saurait soupçonner de n'être pas démocrate) parce qu'il avait mis en doute la légitimité des crimes de guerre commis par l'OTAN en 1999 sur le territoire de la Yougoslavie est exemplaire à cet égard.
Des congrégations de propagande de la foi : les officines de désinformation dites de «communication» ou de «relations publiques».
Des missi dominici et des évêques in partibus qui utilisent des couvertures empruntées soit aux diverses ONG soit à l'ONU.
Des indulgences, généralement délivrées à d'anciens communistes.
Une législation pénale et des tribunaux chargés de punir quiconque mettrait en doute la version officielle de l'histoire.
Et même des troupes chargées d'évangéliser les non-démocrates «par le fer et par le feu» : on l'a bien vu lorsque dix-neuf nations démocratiques se sont alliées pour aller bombarder un pays souverain avec lequel elles n'étaient pas en guerre.
Aujourd'hui, une phrase comme «Au nom des droits de l'homme» s'entend à peu près comme «Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit» s'est entendu pendant des siècles. Nous avons peut-être retrouvé le sentiment du sacré, mais je ne crois pas que ce soit un sacré de bon aloi.

vendredi, décembre 02, 2005


" Il existe , parmi tous ceux qui servent leur peuple dans les différentes parties du monde, un lien de sympathie, de même qu’il existe un tel lien parmi ceux qui travaillent à la destruction des peuples. "

Corneliu Zelea Codreanu (1899-1938)

La Charité bien comprise
Xavier Eman (Novopress)

L’assistanat institutionnalisé et généralisé qui est aujourd’hui l’une des tares et l’un des boulets de notre société post-moderne naviguant à vue entre étatisme socialisant et libéralisme débridé ne doit pas masquer la valeur éminemment saine qui sous-tend l’origine de ce concept : la charité.

La charité est une valeur fondamentalement noble qui, si elle a été dévoyée, ne doit pas pour autant être rejetée et conspuée en bloc.
Il ne faut jamais confondre un principe et son éventuelle mauvaise application circonstancielle et temporaire.
Je suis bien évidemment en faveur d’une méritocratie régénérée qui se substitue à l’actuel système de complaisance et de vénération de tous les asociaux, déviants et bras cassés divers et variés.
Je suis, de tout mon cœur et de toute mon âme, pour la méritocratie mais je ne suis pas autant en faveur d’un « eugénisme social » qui est, fondamentalement, un concept libéral.
Ne croyant pas à l’égalité je crois à la nécessaire solidarité.

Car si le « mérite » appelle reconnaissance et droits, il exige aussi des devoirs au premier rang desquels se trouve la conscience collective et la nécessité d’entraide qu’elle induit.
N’oublions pas que nous ne sommes ni des « libéraux de droite » ni des « eugénistes biologiques », nous sommes des « identitaires », c’est à dire des hérauts d’une vision communautaire et organique de la relation sociale.
Nous ne ferons jamais partie des gens qui considèrent que les hommes se jugent uniquement sur leur « efficacité économique » et qu’en dehors de ce critère il n’y a que des inutiles et des parasites.

Ceci étant posé, il est évident que la charité ne doit pas être un « état de fait » éternellement reconduit mais une « chance offerte », une « aide » et non une « rente », elle doit stimuler et non endormir…
C’est pourquoi, à la différence d’aujourd’hui, la charité communautaire doit être encadrée et exigeante, se présentant sous la forme d’un échange (travaux d’intérêts généraux, participation à des activités collectives, reconnaissance…) et non d’un simple « don » sans contrepartie…
Je ne trouve ni inutile ni choquant de payer des impôts pour financer de la recherche fondamentale, des artistes, des opérations de sauvegarde du patrimoine, des intellectuels… tous éléments indispensables de la vie collective…
Le fait qu’à l’heure actuelle l’essentiel de ces subsides profitent à des margoulins, des histrions, des fainéants et des tarés ne condamne pas le principe mais son application idéologiquement dévoyée.

Je ne fantasme pas pour ma part sur l’image d’une meute sauvage dévorant ses membres les plus faibles ou les plus blessés.
Je souhaite, si un jour je dois poser un genou à terre, pouvoir trouver des mains pour me relever, tout comme aujourd’hui que j’ai la possibilité de le faire, j’essaye de tendre les miennes vers ceux qui ont chuté.
Voilà ce que j’appelle une communauté, voilà ce que j’appelle un peuple.

jeudi, décembre 01, 2005


Spiritualité Orthodoxe
La Prière de Jésus

La prière de Jésus est une phrase : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie Pitié de moi le pécheur ». Nous avons des moines qui ne font que cette prière-là toute la journée. Le cœur de l'homme récite sans cesse, même dans le sommeil, C'est Jésus que l'on intériorise en soi, c'est pourquoi il va émigrer dans notre cœur, La prière de Jésus est à la fois un appel au secours : « Seigneur Jésus-Christ aie pitié de moi », donc une occasion d'humilité et une invocation du nom de Jésus ce qui lui donne toute son ampleur. Elle résume en quelque sorte la foi chrétienne, puisque le cœur devient le réceptacle du Nom de Jésus et communique l'énergie divine. Dans la théologie orthodoxe, il y a une différence entre « essence » et « énergie ». Dieu, dans son essence, est inaccessible car l'homme ne peut pas dépasser sa condition. L'homme est un être créé, il n'est pas le créateur. L'essence humaine n'est pas l'essence divine. A ce niveau-là Dieu est inaccessible. Mais Dieu se manifeste dans le monde. La manifestation de Dieu dans le monde se définit dans l'orthodoxie comme l'énergie de Dieu et à ce niveau-là Dieu est participable. A ce niveau-là l'homme participe à la manifestation de Dieu dans le monde, d'où la rencontre dynamique basée sur le désir, de part et d'autre, de participation, de communion.
Dans la prière de Jésus tout est cristallisé autour de Nom de Jésus qui va résonner sans cesse au fond de l'âme en une communion incessante avec Jésus présent en son Nom dans le cœur de l'homme.
Cela aboutit à la quiétude, à la paix intérieure. Cette invocation est devenue l'oraison-type de l'Orient orthodoxe : « Que le Nom de Jésus soit comme soudé à votre souffle et à votre vie entière... » La prière de Jésus, qui est en fait celle du publicain évangélique, c'est toute la Bible, tout son Message, réduits à leur essentielle simplicité. Confession de la Seigneurie de Jésus, de sa divine filiation à la Trinité... Le commencement et la fin sont ramassés ici dans une seule parole chargée de la « présence-sacrement » du Nom du Christ. C'est pourquoi cette prière doit résonner sans cesse au fond de l'âme. Quand on a acquis cette technique suprême, on n'a plus besoin d'efforts de pensée, le Nom de Jésus jaillit de Lui-même, c'est la prière ininterrompue et cette invocation suivra le rythme de la respiration, elle sera dans le souffle de l'homme même pendant le sommeil. "Je dors mais mon esprit veille" (Cantique 5,2). Il y a certes une technique nécessaire mais là n'est pas l'absolu. Là n'est pas le but en soi. Le but, c'est l'acquisition des dons de l'Esprit par une vie évangélique. La colonne, l'appui avec lequel se fait l'acquisition des dons de l'Esprit, c'est la prière. A partir de là, la prière sera assumée par chacun et chacune selon ses capacités et selon ses charismes. Ce mode de prière se trouve à la limite entre la prière vocale et la prière mentale, entre la prière méditative et la prière contemplative. Mais si le nom de Jésus devient le foyer d'une vie il ne faut pas aller s'imaginer que l'invocation du Nom soit un moyen court qui dispense des purifications ascétiques et des autres efforts. Le Nom de Jésus est Lui-même un instrument d'ascèse, un filtre au travers duquel ne doivent passer que les pensées, les paroles, les actes compatibles avec la vivante réalité que ce Nom symbolise. C'est à travers cela que toute vie de prière trouve sa justification et marque son but final.
La théologie des Églises sœurs
Réflexions ecclésiologiques autour de la Déclaration de Balamand

Ce long texte rédigé par Hervé LEGRAND , Prêtre dominicain, Professeur Emérite à l’Institut Catholique de Paris, est de lecture difficile pour le simple chrétien. Difficile mais non inaccessible. Il permet de mieux saisir les enjeux et les difficultés du cheminement vers une union dont le violent désir doit être porté sur nos prières.
Extraits:

La clé doctrinale de la Déclaration de Balamand se trouve en son n. 14 : « L’Église catholique et l’Église orthodoxe se reconnaissent mutuellement comme Églises sœurs et responsables ensemble du maintien de l’Église de Dieu dans la fidélité au dessein divin, tout particulièrement en ce qui concerne l’unité ». Cette formulation doctrinale, - celle des Églises sœurs -, qui s’enracine dans les premières rencontres entre Athénagoras Ier et Paul VI , a paru d’autant plus légitime à la Commission du Saint-Siège, présente à Balamand, que Jean-Paul II l’a souvent utilisée, après Paul VI. D’ailleurs, ensemble, le pape Jean-Paul II et le patriarche Dimitrios Ier avaient donné explicitement comme mandat à la Commission mixte « de progresser vers le rétablissement de la pleine communion entre les Églises sœurs catholique et orthodoxe » .

La formulation du n. 14 de Balamand est d’une grande portée historique. De façon immédiate, au plan des principes, elle permet de mettre un terme à l’uniatisme, contentieux séculaire entre les deux Églises, perçu comme si contraire à la fraternité. Dès le n. 12, les deux partenaires considéraient qu’il n’était plus acceptable ni comme méthode ni comme but. Dès lors, selon la Déclaration, l’Église orthodoxe et l’Église catholique, en tant que telles, renoncent à prescrire unilatéralement les conditions de leur reprise de communion. Elles refusent ainsi, selon les termes de Jean-Paul II, « la fusion et l’absorption », pour rechercher « une communion qui soit rencontre dans la Vérité et l’Amour ». En cette formulation, elles trouvent une base commune pour leur réconciliation. Cessant de délégitimer l’autre, chaque partenaire accepte l’ecclésiologie qui faisait tenir ensemble, non sans tensions, l’Église latine et l’Église byzantine dans une unique communion, probablement jusqu’à la IVe Croisade . Il ne s’agit pas là d’une tentative naïve de revenir au statu quo d’avant la séparation, mais d’un processus dynamique et réfléchi, ...
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En 1993, Balamand avalisait la désignation si fondamentale et si prometteuse d’Églises sœurs pour caractériser les relations entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe. Dix ans après, on constate pourtant qu’il n’en est résulté aucun nouvel élan dans leur dialogue, qui semble même avoir régressé depuis. En essayant de comprendre cette situation, le théologien sera bien avisé de ne pas négliger le poids des facteurs non dogmatiques qui a pesé bien lourd.

En premier lieu, la reviviscence des Églises unies a créé des tensions que chacun comprend. Elles commencent par vouloir retrouver leurs églises et propriétés d’avant 1947.

En parallèle, au lieu d’aider l’Église orthodoxe à évangéliser son propre peuple, comme cela avait été promis en un premier temps , les catholiques latins de ces mêmes pays ont développé une attitude missionnaire, au moins dans leur discours , discours dont les effets négatifs auprès de l’Église orthodoxe étaient aisément prévisibles . La politique vaticane dans les Balkans et en Russie a donné lieu à des malentendus. Mentionnons enfin les difficultés objectives de communication entre deux Églises qui doivent encore apprendre chacune la langue de l’autre .
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Au plan doctrinal, renoncer aux perspectives ouvertes par Balamand, encouragées par Vatican II, favorisées par Paul VI et avalisées par Jean-Paul II, demanderait des motifs dogmatiques convaincants. …
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ou bien l’Église orthodoxe ne peut pas être considérée comme une Église sœur. Il faut en mesurer les conséquences : dans ce cas, l’Église catholique n’est-elle pas justifiée de créer des diocèses de plein exercice sur le territoire canonique de l’Église orthodoxe et d’y annoncer directement l’Évangile ? Ne serait-elle pas également justifiée de poursuivre l’uniatisme ?

ou bien l’Église orthodoxe peut être légitimement considérée comme une Église sœur. Dans ce cas, on ne peut justifier l’uniatisme, ni comme méthode ni comme but, même si les Églises orientales catholiques actuelles ne perdent pas pour autant toute vocation œcuménique. Créer des diocèses latins de plein exercice, parallèles aux diocèses orthodoxes, n’apparaît plus nécessaire . Dans ce cas, les orthodoxes pourraient retrouver confiance en nous, car ils n’entendront plus notre plaidoyer explicite pour le respect de la liberté religieuse dans leurs pays comme la réclamation implicite de notre part de pouvoir y évangéliser à notre gré.
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Notre conclusion sera simple : salvo meliori iudicio, l’opinion selon laquelle l’Église orthodoxe est une Église sœur de l’Église catholique actuelle reste théologiquement fondée. Elle se révèle même potentiellement plus fructueuse que l’opinion inverse, qui ne représente pas une alternative réelle dans la réconciliation avec l’Église orthodoxe.

Mais, nos analyses l’ont suggéré, pour devenir la sœur de l’Église orthodoxe, nous avons besoin de nous convertir nous-mêmes, ce qui rend l’entreprise chrétiennement d’autant plus désirable. Elle est désirable encore parce que l’équilibre du christianisme occidental, actuellement à l’épreuve, y gagnerait, car il a besoin de respirer « à deux poumons », selon l’expression que Jean-Paul II a rendue familière. Toutefois la question à résoudre ne peut pas être restreinte à l’œcuménisme : elle relève d’abord de la théologie systématique ou spéculative et de la théologie pastorale, ainsi que du droit canon. Elle est évidemment solidaire de celles que pose l’articulation entre le local et l’universel, l’unité et les différences, dans les sociétés actuelles en voie de mondialisation. L’enjeu est important : notre service et notre témoignage dans un monde si désemparé devant ses divisions , dépendra directement de la manière dont nous nous engagerons dans les perspectives ouvertes par Balamand, ou dont nous les récuserons.

L’Église catholique saura-t-elle, par une nouvelle et humble soumission à l’Évangile, s’engager dans ce renoncement et ce don de soi à la Croix, sans lesquels on ne peut cheminer vers l’unité des chrétiens ni servir l’unité des peuples du monde ? Rien ne serait plus tragique que de réduire le geste du pape Paul VI, embrassant les pieds du Métropolite Méliton, à un acte d’humilité personnelle. C’est tout le Corps de l’Église qui est appelé à rejoindre ce mouvement vers l’unité « né sous l’action de l’Esprit Saint », « car le Maître des siècles, qui poursuit son dessein de grâce avec sagesse et patience à l’égard des pécheurs que nous sommes, a commencé de répandre entre les chrétiens divisés l’esprit de repentir et le désir de l’union ».