mardi, janvier 24, 2006

Istanbul-Paris-Moscou,
Les enjeux géopolitiques européens de l’orthodoxie.


Soleil d’hiver à l’extrème plaisir de référencer ci dessous l’excellent article de l’Archiprêtre Irénée paru sur le blog France-Russie-Orthodoxie.
Il souligne les immenses enjeux géopolitiques d’une Orthodoxie française fortement rattachée à la Russie et au patriarchat de Moscou.
Il ne s’agit pas que d’une lutte d’influence intra-orthodoxe mais bien d’un enjeu civilisationnel majeur opposant deux conceptions radicalement divergentes :
celle d’une Europe Chrétienne intimement liée à la Russie, spécialement grâce à la tradition russe de l’Orthodoxie française,
et celle d’une Europe sans identité intégrée dans un projet mondialiste et la Pax Americana.
Il est consolant de constater que, sur ce point, les positions du Vatican et du patriarchat de Moscou ne manquent pas de similitudes.

Au moment où se pose la question ô combien brûlante de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, on ne saurait négliger toutes les implications de cette problématique où se mêlent subtilement géopolitique et religion.
D’aucun seront peut-être surpris d’apprendre qu’il existe toujours un patriarcat orthodoxe de Constantinople ayant son siège à Istanbul. La très musulmane, mais néanmoins officiellement laïque, Turquie tolérerait-elle une présence chrétienne sur son territoire ? A vrai dire, la réalité est tout autre : l’Église qui arbore le prestigieux nom de l’ancienne capitale de l’Empire romain ne dispose, en Turquie même, que de deux à trois mille fidèles, et encore ces effectifs sont-ils en constante diminution. Cette désertification du christianisme turc pousse le patriarcat de Constantinople à chercher la justification même de son existence dans la prise en main, partout dans le monde, de la diaspora orthodoxe. Ainsi a-t-elle autorité sur l’ensemble de la diaspora grecque, alors que celle-ci devrait dépendre, en toute logique, de l’Eglise autocéphale de Grèce ; le patriarcat turc multiplie ainsi les tentatives de récupération d’une diaspora orthodoxe qui lui apporte une manne financière et, répétons-le, justifie sa propre existence en tant que patriarcat. Faisant sienne la doctrine de l’Eglise romaine, la « Seconde Rome », comme on l’appelle depuis l’empereur Constantin (1), bénéficiant d’une simple primauté d’honneur parmi les patriarcats, cherche à s’imposer aux yeux des Occidentaux comme une sorte de « Vatican orthodoxe », centre universel de toute l’orthodoxie.

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