dimanche, janvier 22, 2006

L’empire d’Eurasie
De Marie-Hélène Carrère d’Encausse.

« Tout empire est condamné à périr ! » Celui de Russie constitue une extraordinaire exception à cette règle. Dans toute l'histoire des empires il fut l'un des plus vastes. Des plus durables aussi, battu seulement par les empires romain, byzantin et ottoman. Il est le seul qui ait péri (1917) puis se soit reconstitué pour reprendre ses conquêtes. Disparu encore une fois en 1992, il a laissé place à la Russie qui ressemble à maints égards à l'Empire tel qu'il naquit en 1552. Comme celui-ci, la Russie est étendue sur deux continents, l'Europe et l'Asie ; comme lui, elle conserve dans ses frontières une multitude de civilisations et de peuples différents. Comme lui, elle est un État chrétien, mais aussi formé de musulmans et même de bouddhistes ; et comme lui encore, la Russie doit assurer la paix de ce monde si divers. Elle doit aussi décider si elle est un État européen ou si elle est d'Eurasie.
L’histoire agitée de cet empire devenu Russie pose une question décisive pour l'avenir du continent appelé Europe et pour celui de l'Union européenne qui s'interroge encore sur ses frontières. L’Eurasie est-elle une nouvelle entité des relations internationales au moment où tous les pays cherchent à rejoindre de grandes formations ? ou bien s'agit-il d'un ensemble déjà dépassé dont chaque composante s'en ira vers l'univers auquel elle appartient : l'Europe ou l'Asie ?
Les questions posées par ce livre sont bien au coeur de l'actualité géopolitique des prochaines décennies.

Cet ouvrage de plus de 500 pages n’est pas de lecture facile. C’est une somme.
Est-il pour autant réservé aux spécialistes et aux universitaires ?
Certes pas. Tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à cet immense espace géopolitique doivent le lire une première fois, le plus rapidement possible pour percevoir la logique générale de l’exposé.
Inutile d’essayer de mémoriser l’écheveau factuel. Il sera toujours là, dans la bibliothèque, comme référence incontournable.