mercredi, janvier 11, 2006

L’Unité

Le 18 janvier s’ouvrira la semaine pour l’Unité des chrétiens qui se clôturera le 25.
Enjeu majeur, prioritaire et urgent.
Tant sur le plan ecclésial que sur celui de l’avenir politique et historique de la Chrétienté.
Laissons là, pour l’instant, ce deuxième aspect qui, pour légitime et préoccupant qu’il soit, relève de nos « petites affaires » humaines et ne doit être pris en considération que pour autant qu’il entre dans le plan de Dieu. Que Sa volonté soit faite.

Au plan ecclésial, en revanche, rappelons aux extrémistes de toute obédience qu’il ne s’agit pas d’une timide demande de Dieu mais d’un commandement. « Soyez un ».
Par sa clarté et son extrême concision, il ne souffre aucune interprétation du genre « Nous sommes un, puisque nous sommes entre nous ».

Les chrétiens, qui ont oublié les vertus de la « crainte (c’est à dire du respect) de Dieu », ont une facheuse tendance à relativiser les « commandements ». On ne sait pas toujours les énoncer tous de mémoire. Comme un manuel de vie militaire, on sait pouvoir les transgresser plus ou moins gravement. Sauf que là, la règle du « pas vu, pas pris » ne s’appliquant pas, il reste le recours à la confession.
Il conviendrait donc de se souvenir, pendant qu’il en est temps, qu’un commandement est un ordre et que dans le cas présent, il n’émane pas d’un quelconque sergent mais du Roi des rois, du Tsar des tsars.
Un soldat ne discute pas un ordre. Il met sa vie en jeu pour l’exécuter, quelques soient les obstacles, les périls ou son sentiment personnel.

Remercions le Seigneur pour Sa patience. Il supporte depuis des siècles nos désobéissances répétées faisant de nous les alliés objectifs sinon conscients des pires ennemis de Son Eglise..
Mais on ne se moque pas impunément de Lui.
Sa main finira par s’abattre sur nos nuques raides et ce sera encore un geste de Son amour et de Sa miséricorde.
Qui peut douter que nous aurons à rendre compte de nos entêtements, anathèmes, excommunication et arguties théologiques.

Que cela soit entendu : L’union des chrétiens ne peut s’entendre dans le relativisme et le synchrétisme mais dans la Voie, la Vérité et la Vie. La Vérité ne peut donc servir d’alibi au manque d’ amour. Celui défini par le Seigneur lui-même : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Elan irrépressible du Sacré Cœur de s’offrir.

Le bon Pasteur s‘échine à retrouver ses brebis égarées. Et pendant ce temps là, ses bergers dispersent Son troupeau, brodant, chacun de son coté, une exégèse du message évangélique qui, pour enrichissante et légitime qu’elle soit, est source de divisions, oubliant que lors de la Pentecôte, la lumière de l’Esprit s’est posée sur la communauté des apôtres et que si, à trois reprises, le Seigneur a demandé à Pierre de paître son troupeau au nom de l’amour, c’est en lui conférant une primauté de service, répétant en cela la leçon magistrale du Lavement des pieds.

J’entends, de ci, de là, qu’il faut choisir (sous-entendu son église) pour « sauver son âme », voire que l’œcuménisme est une « pan-hérésie ».
Humblement, je répondrais que mon âme me fait certes souci mais moins que Sa volonté. « Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de Moi et de la bonne nouvelle la sauvera » Marc 8-35

« Soyez un »

Que Lui répondrons nous ?
« Seigneur, j’ai scrupuleusement conservé le talent que j’ai reçu. Devant Ton saint tribunal, je te le rends intact. Catholique romain ou orthodoxe, j’ai vécu ma vie dans la fidélité aux enseignements du Saint Père ou de la pure Tradition. J’ai accepté la triste réalité d’une séparation « totale et définitive » d’avec certains de mes frères chrétiens. »

Je crains une réponse du genre :
« J’ai aussi connu des Juifs, fidèles à la Loi et aux prophètes. Cela ne les a pas empéchés de ne point Me reconnaître et de Me mettre à mort. N’est ce pas, Mon enfant, ce que tu as fait aussi ? Ne devais tu pas te soucier de Mon Eglise, que J’ai instituée Une et que je n’ai cessé de nourrir, à travers ta chair, du pain essentiel de Mon corps et de Mon sang ? »

Ne faudra t-il pas toute l’intercession de Sa sainte mère, de Saint Jean Baptiste, des prophètes, des apôtres, saints et martyrs, de tous les pères de l’Eglise pour nous éviter la condamnation prononcée par notre propre bouche ?
Alors nous ferons ce que, toujours, nous aurions du faire : courber la tête.