mercredi, février 15, 2006

La turquie n’a que faire de racines européennes.

On le sait, le président turc Ahmet Necdet Sezer a invité officiellement Benoît XVI « pour une visite officielle d’état qui débutera le 28 novembre ».
Le voyage devrait avoir surtout une dimension œcuménique. On se souvient que le 30 novembre dernier, en la fête de l’apôtre saint André, frère de saint Pierre, et patron du patriarcat œcuménique de Constantinople, le pape avait adressé un message à Bartholomaios Ier.
« L’Eglise catholique, écrivait le pape, est engagée de façon irrévocable dans la promotion de toute initiative utile pour fortifier la charité, la solidarité et le dialogue théologique ».Il disait en outre espérer que les chrétiens arrivent à « une communion toujours plus profonde, pour dépasser les obstacles qui demeurent encore », afin de « pouvoir célébrer ensemble la Sainte Eucharistie, sacrifice du Christ pour la vie du monde ».

Pourtant, alors que l’église de Constantinople a été fondée en l’an 31 par l’apôtre André, frère de Pierre, qu’en 324, soit onze siècles avant l’arrivée des turcs, le patriarchat de Constantinople reçoit le titre de « nouvelle Rome », le mouvement nationaliste turque "La Plateforme des forces nationales" mène une campagne de pétition visant à l’expulsion du patriarchat œcuménique en Grèce. Il devrait obtenir 5 millions de signatures et la pétition sera présentée au président de la République de la Turquie Ahmet Necdet Sezer.

Plus de patriarchat, plus de visite officielle. Cela va de soi.

Mais nous touchons là les raisons profondes qui font que la Turquie ne peut être intégrée à l’Europe et qui ne sont pas, uniquement, géographiques. Ce sont ces mêmes raisons qui, au fond, opposent les tenants et adversaires de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Il faut les rappeler ici :

Après avoir rétabli l'unité de l'Empire romain et avoir reconnu le christianisme comme religion d’état, Constantin le Grand, en 330, fonde Constantinople, la «nouvelle Rome». Il va ainsi contribuer à déplacer le centre de gravité de l'Empire romain devenu chrétien vers l'Orient.

Après que la partie occidentale de l’empire romain, notre actuelle Europe, se fut effondrée sous les coups des invasions barbares, l’empire romain d’Orient, dit « empire byzantin », fut, pendant encore 1000 ans, l’héritier de cet immense espace géographique et civilisationnel dont, nous, Européens contemporains, tirons une part « essentielle » de notre identité.

L’empire romain et chrétien d’Orient intégrait donc l’actuelle Turquie mais aussi tous les rivages sud de la méditerranée.
Les soit disant « racines musulmanes de l’Europe » chères à Monsieur Chirac sont donc un non-sens. La vérité est au contraire que les pays musulmans qui bordent la Méditerrannée ont tous des racines chrétiennes.
C’est la répudiation de celles-ci par les dits pays et l’hostilité farouche à l’égard de tout ce qui pourrait leur rappeler, qui font, qu’en aucun cas, aucun de ces pays ne peut prétendre à une quelconque européanité car celle-ci, est absolument indissociable du christianisme en dehors duquel elle ne peut prétendre à aucune existence propre.

Les interactions de l’histoire et de la géographie font, qu’à vue humaine, l’orient méditerranéen semble définitivement sorti de la civilisation européenne.

L’Europe continent, ne peut, par conséquent, tourner son regard que vers les espaces restés chrétiens.
A l’Est.

Source des cartes:
Empire romain
Empire byzantin