mercredi, février 08, 2006

Le fouet de Dieu

Les lignes qui suivent provoqueront, sans doute, quelques grincements de dents, chez mes amis catholiques, patriotes et identitaires. Ils ne manqueront pas, je l’espère, d’y percevoir, malgré tout, les accents de notre vérité.
Je les dédie principalement aux musulmans d’Europe, tout au moins ceux, surement majoritaires, qui font partie des « hommes de bonne volonté ».
Mon enfance m’empèche aussi d’oublier que la présence française en Algérie fut aussi une histoire d’amour.

Comme je l’ai dit ailleurs, je comprends et regrette que cette farce des caricatures ait pu blesser ces croyants.
Quand je constate qui soutient cette soit disante « liberté d’expression », je ne puis me sentir des leurs. Comme lors de la dernière émission « Mots croisés » du 6 février. Quel contraste entre cette « dame » musulmane (j’emploi le terme à dessein) qui affirmait tranquillement que « le respect des croyances primait sur la liberté d’expression » et ces tenants impies du politiquement correct, (le député Pierre Lellouche et Philippe Tesson) qui, tels les grands prêtres de la religion démocratique, qu’ils sont, déchirant leur tunique, crièrent « Voltaire ! Le siècle des lumières ! Voyons ! » (P. Lellouche) ou levèrent les bras et les yeux au ciel (pour y voir quoi, d’ailleurs) (Ph. Tesson), regrettant quelques minutes plus tard que cet idéal démocratique « ne soit pas encore universel ».

Oui, décidement, je ne me sens pas des leurs, pas plus, bien sur, que je me sens solidaire de ces musulmans fanatiques, violents, haineux et assassins que nous voyons sur les écrans.

Ce que je voudrais, ici, c’est essayer d’expliquer aux musulmans pacifiques et sincères « chercheurs de Dieu » chez qui j’ai des amis, pourquoi on en est arrivé là et pourquoi l’affrontement est inévitable. Qu’ils voient là la marque de respect qui, chez les chevaliers, précède le moment où chacun s’apprête à verser son sang et sa vie.

L’Europe a toujours été terre de migrations. Elle s’est même construite comme cela. En France aussi, les mouvements migratoires furent nombreux, ne serait-ce qu’au cours du dernier siècle. Russes, polonais, italiens, espagnols, portugais ne furent pas mieux accueillis ni traités que les Harkis et les nombreux travailleurs maghrébins ou africains importés par un patronat et des politiques irresponsables et nullement animés d’un quelconque humanisme.
La différence entre ces deux types de migration, européenne et extra-européenne saute aux yeux.
D’abord, elle est quantitative. Chimiquement, aucun corps ne peut-être indéfiniment soluble dans un solvant. L’immigration extra-européennne a atteint un degré tel que le soluté est en état de floculation, ce qui explique le phénomène des ghettos et du communautarisme musulman.
Ensuite parce que l’immigration extra-européennne, pour des raisons culturelles et religieuses, est un corps bien moins soluble que l’immigration européenne. Il existe une identité européenne basée sur la distinction du temporel et du spirituel, tout à fait antinomique et irréconciliable avec l’Islam. L’Europe n’est pas un territoire, ni une entité politique proprement dite, mais une manière de vivre, et force est de constater que celle ci n’est pas compatible avec la religion musulmane.
Bref, pour le dire brutalement, non seulement les musulmans ont le plus grand mal à être européens mais, difficulté supplémentaire pour ceux qui le veulent malgré tout, ils sont trop nombreux.

Ce fait, intra-européen vient s’ajouter, dans la perception des européens, à un Islamisme violent qui s’affirme depuis quelques décennies dans le monde arabo-musulman.
Là encore, il faut comprendre pourquoi.
Les masses musulmanes ont developpé, dans ces pays, un sentiment de frustration révoltée face à deux ordres de fait :
D’abord, le sentiment justifié d’un « deux poids deux mesures » des instances internationales à l’égard de l’état d’Israël. Non seulement aucune des résolutions onusiennes qui lui ont été signifiées n’a été suivie d’effet, mais, contrairement à d’autres pays de cette sphère géographique, aucune mesure de rétorsion ne lui a été opposée. Il est donc tout a fait normal que l’Occident, dans son ensemble, soit jugé par ces populations comme hostile et hypocrite.
Ensuite, le monde arabo-musulman est resté, malgré l’immensité de la manne pétrolière, dans un état effarant de pauvreté et de sous développement. Il le doit à l’incurie et à la corruption de régimes soutenus par l’Occident. Le pire est que ces régimes trouvent commode d’instrumentaliser cette frustration populaire et d’en encourager la violence pour, face à un ennemi tout désigné, asseoir et pérenniser leurs pouvoirs. Il a fallu plusieurs mois pour que l’affaire des caricatures déclenche l’ire des populations. Personne ne croira au hasard ni à la spontanéité.
Enfin, dans cette situation, cette frustration n’a trouvé d’autres moyens pour s’exprimer que le terrorisme aveugle et barbare. Alors que la raison voulait que ces mouvements populaires s’emparent du combat politique et renversent, par la violence, s’il le fallait, ces régimes d’incurie, ils en ont, au contraire, accepté la complicité. Ils en sont les alliés objectifs et instrumentalisés alors qu’ils en sont les victimes.

Voilà pourquoi, hélas, l’affrontement est inévitable.
Il pourrait, peut-être, être évité à deux conditions, sur le moyen et long terme :
1/ L’amorce d’un mouvement migratoire négatif des populations extra-européennes comme cela semble se dessiner dans certains pays d’Europe. Politiquement et humainement, c’est possible. Mais rien dans l’imbécilité et la lacheté de nos dirigeants ne le laisse prévoir.
2/ Un revirement des politiques occidentales tant à l’égard d’Israël qu’à l’égard des gouvernants arabes corrompus.

Enfin, j’y ajouterais une autre condition :
Celle de voir l’homme occidental renouer avec ses valeurs ancestrales et se guérir de son matérialisme, de son hédonisme, de son impiété, de son arrogance universaliste.
S’il ne le fait pas, par esprit de conversion, comme c’est probable, l’Islam s’abattra sur son dos comme le fouet de Dieu.
Et ce sera encore miséricorde de Sa part.

I. Barsof