jeudi, février 02, 2006

Que faire ?

En cette nouvelle année 2006 qui fait suite à une année 2005 particulièrement mouvementée, bienheureux est celui qui prétendrait prévoir ce qui nous attend.
Cette interrogation de Lénine « que faire ? » garde toute sa pertinence.
Une grande partie du réel nous échappe. Sans compter sur tous ces mécanismes politiques, financiers, institutionnels, répressifs du nouvel ordre mondial, véritable rouleau compresseur à broyer les âmes et faisant fi de la volonté des peuples – l’histoire de la Turquie l’a démontré - un sentiment d’impuissance et de résignation pourrait facilement atteindre les meilleures volontés.

Malgré l’agitation et l’énergie de quelques sites et associations amis, le sentiment qu’ils ne percent pas le mur médiatique du politiquement correct, parfois nos propres divisions peuvent nous conduire à répondre : A quoi bon ?

Ce n’est pas ainsi qu’il faut raisonner.

Notre vision n’est pas une vision matérialiste ou nihiliste.

Elle s’enracine dans l’histoire et la conscience d’être des héritiers, et à ce titre d’être des débiteurs d’un immense patrimoine culturel, spirituel et charnel. Au nom de cette mémoire et de cette identité, cette aventure française et européenne doit se continuer.

En second lieu, nous ne croyons pas que l’histoire de l’humanité est un éternel chaos entre forces antagonistes mais que la vie a un sens. Et si tant de jeunes aujourd’hui qu’ils soient français ou immigrés sombrent dans la révolte ou le désespoir, le manque d’idéal dispensé par les responsables de l’éducation y est pour beaucoup. Lorsqu’un philosophe libéral japonais du nom de Fukuyama proclame la fin de l’histoire et l’avènement du règne planétaire du marché, il va à contre sens de la réalité historique et renoue avec le mythe de Babel : Par orgueil, les hommes ont voulu construire l’unité monde contre Dieu ou sans Dieu, par leurs propres moyens. La sentence a été la dispersion des peuples et des langues et la confusion.

En période de crise ontologique telle que celle que nous traversons, il convient donc plus que jamais de renouer avec les fondamentaux et de se fixer des objectifs simples et clairs:

1. Il existe un ordre naturel et surnaturel, perceptible naturellement par les croyants mais aussi par tous les hommes de bonne volonté.
Le refus de la vérité et de la transcendance au nom du relativisme moral ou culturel ne peut aboutir qu’au chaos. On le voit bien avec cette république matérialiste et athée, incapable de surmonter les contradictions sociales et culturelles de notre pays. Ce débat n’est pas nouveau. Transgresser la loi naturelle (homosexualité, divorce, nihilisme, individualisme, avortement) ne peut aboutir qu’à la mort. Il y a des lois de vie et des lois de mort. La loi morale n’est autre chose qu’une loi de vie. Il n’ y aura pas de changement politique sans changement des valeurs et sans révolution spirituelle. Même des militants anarcho-syndicalistes tels que Proudhon ou Sorel en convenaient. Les forces politiques soucieuses du bien commun devront donc être vigilantes au recrutement de leurs militants et être animées par un souci de formation intellectuelle, humaine et morale. Les éléments malsains, provocateurs, mythomanes doivent être écartés.

2. Refuser l’opportunisme et de se battre sous des bannières qui ne sont pas les nôtres.
Depuis le 11 septembre, certains patriotes, affolés par la présence de l’Islam en Europe, se sont ralliés à la bannière étoilée. D’autres courants non-conformistes par anti-sionisme convulsif ( pour ne pas dire plus) et par anti-américanisme se tournent vers un soutien quasi inconditionnel à des courants islamistes radicaux.

Ces raisonnements simplistes « les ennemis de nos ennemis sont nos amis » sont à mettre sur le même plan : ils marquent un refus de vouloir assurer au peuple français et aux peuples européens leur propre destin. Comme le pouvoir leur échappe et qu’ils semblent impuissants, ils réagissent de manière affective, réactive aux média et sont prêts à se rallier in fine à la solution de la facilité.

A droite, en particulier, le mythe de l’homme providentiel, sauvant le pays du chaos, a bon dos. Aujourd’hui, un Nicolas Sarkozy comme hier un Général Boulanger risque de gagner la mise aux prochaines élections présidentielles . Non seulement, à supposer qu’il l’emporte, le pays ne sera pas sauvé mais il bercera pour quelques mois voire quelques années, le peuple dans l’illusion d’une politique de salut public alors qu’ils s’agira d’une politique de replâtrage d’un système intrinsèquement pervers et institutionnellement bloqué.

Certains enfin, attendent un renversement naturel des choses et fuient dans un providentialisme historique et romantique ( retour du roi et de la France éternelle), certes sympathique mais non moins stérile. Ce n’est qu’une façon de se défausser et de ne pas affronter la réalité à bras le corps.

3. En conséquence, seule la constitution d’une force politique alternative à la fois active sur le plan militant et soucieuse de réflexion doctrinale, capable d’exploiter l’actualité pour discréditer le système et proposer une alternative, est susceptible de changer le cours des choses.

Cela implique un travail de longue haleine qui exclut tout amateurisme, tout romantisme ou folklore et qui implique un engagement dans la durée, une capacité d’écoute et d’analyse et une volonté réelle de servir. Ce que José Antonio appelait la petite « minorité active inaccessible au découragement ».

La route est longue, parsemée d’embûches, mais quoi ? Goethe ne disait-il pas « seuls sont dignes de la paix et de la liberté ceux qui partent chaque jour pour elles au combat » ?

Les alters européens