mardi, mars 14, 2006

La mort de Milosevic : pourquoi faire simple...
... quand on peut faire compliqué?


C'est en effet la question qui se pose face à la version officielle de la mort de Slobodan Milosevic.
L'autopsie a pris fin ce soir et les résultats sont désormais officiels : la mort de Slobodan Milosevic est due à un infarctus du myocarde.
Cette annonce a eu lieu quelques instant après qu'un conseiller du TPI a confirmé que des traces d'un médicament suspect, habituellement utilisé contre la lèpre et la tuberculose, ont été trouvées dans le sang de l'ancien président yougoslave en janvier dernier.
Milosevic était au courant puisqu'il écrivait le 10 mars dernier dans une lettre adressée à l'ambassade de Russie :
"ils aimeraient m'empoisonner (...) Dans tous les cas, les personnes qui m'administrent le médicament pour le traitement de la lèpre ne peuvent sûrement pas me soigner, et en particulier ces personnes contre lesquelles j'ai défendu mon pays dans la guerre et qui ont aussi intérêt à me faire taire".

Il est établi que des traces de médicament contre la lèpre et la tuberculose ont été retrouvées dans le sang du président yougoslave.
Il est aussi établi que ce médicament neutralise l'effet de ceux que Milosevic prenait pour soigner ses maladies vasculaires.
Il est enfin également établi que Carla Del Ponte disait moins de 24 heures après le décès : "nous n'avons pas d'autre choix qu'une mort naturelle ou un suicide".
On en déduit donc que Milosevic a ingurgité volontairement des médicaments pour contrer ceux qui le soignaient dans le but de se suicider et d'éviter ainsi la confrontation avec Carla Del Ponte qui peine terriblement depuis cinq ans pour faire avancer le dossier de l'inculpé.
Il aurait ainsi choisi de faire très compliqué : se procurer en prison alors qu'il était surveillé de très près, les médicaments qu'il fallait savoir choisir pour neutraliser son traitement. N'aurait-il pas été plus simple d'arrêter tout bonnement le dit traitement?

La polémique enfle :
- Des gens proches du dossier s'expriment comme cet avocat suisse :
"Ce qui est certain, c'est que Milosevic était un grand cardiaque (...) Les caractéristiques très spéciales de la procédure du TPIY exercent sur les accusés des pressions psychologiques terribles et qui se révèlent malaisées à gérer. Il est évident que ce n'est pas sans conséquence sur leur état de santé (...) Concernant Slobodan Milosevic, son départ provisoire à Moscou pour s'y faire soigner aurait sans doute amélioré son état physique".
- La presse internationale met le tribunal de Carla Del Ponte au rang des accusés : le TPI, lui, n'a t-il pas choisi de faire trop simple?
Le salon beige