mercredi, mars 01, 2006

Les martyrs d’aujourd’hui (suite)
Les oubliés


Je veux parler ici de chrétiens, martyrs d’autres chrétiens et faire souvenir des persécutions subies par les orthodoxes serbes de la part des catholiques croates.
L’histoire ne date pas d’aujourd’hui mais prolonge ses sinistres pseudopodes jusqu’à nous.
Dès 1870, le Parti du droit croate d'Eugen Kvaternik et Josip Frank, par la voix de Ante Starcevic proclamait que « le peuple croate ne tolérera pas que cette race d'esclaves profane (la) sainte terre des Croates ».
Quelques années plus tard apparaissaient les premiers progroms antiserbes à Zagreb au cris de « Mort à tous les traîtres serbes et serbisés".
Plus tard, au cours de la seconde guerre mondiale, les croates oustachis, sous protection hitlérienne, s’empressent de massacrer environ un million d’orthodoxes et d’en convertir par la force 250 000 autres, détruisant leurs églises et couvents, pendant leurs prêtres, leur imposant le port d’un brassard jaune,

C’est pendant ces « heures noires » que l’on trouve la personnalité du Cardinal Stépinac, béatifié par Jean-Paul II et récemment pris en exemple par Benoit XVI.
Si l’Eglise catholique a porté le Cardinal Stépinac sur ses autels, c’est essentiellement en raison des persécutions dont il fut l’objet de la part du régime communiste yougoslave. Et c’est sans doute une bonne raison même si cela fait quelques dizaines de millions de béatifiables.

Mais d’autres raisons voulaient que l’on s’en abstint, ne serait-ce qu’au nom de la vertu de prudence.
Les orthodoxes, en effet, n’ont pas oublié son rôle auprés du régime de Pavelitch.
Rôle d’ailleurs controversé :
Dans un sermon d’octobre 1942, et dans une lettre à son clergé, il conseillait d’accueillir tous ceux, Serbes orthodoxes ou Juifs de Croatie, etc., qui demandaient l’entrée dans l’Eglise catholique, sans davantage de préparation, étant donné le danger de mort auquel cette démarche pouvait les arracher. Il invitait ses prêtres à laisser ensuite toute liberté à ces « convertis » qui choisiraient de ratifier ou non leurs liens avec l’Eglise catholique après la guerre.
A coté de cela, dès 1941, alors que le régime oustachi a déjà à son actif des milliers de victimes de sa politique de purification ethnique et religieuse, Monsigneur Stépinac conduit les évèques croates en visite officielle auprés d’Ante Pavelitch et fait célébrer des Te Deum pour remercier Dieu du gouvernement oustachi.
Pire encore, il recommande un moine franciscain comme chef du camp de Jasenovatch, l’un des plus meurtrier de la seconde guerre.
En mars 1945, Monseigneur Stépinac avec quatre autres évèques croates publient une protestation publique concernant « les persécutions injustes … touchant les clercs et catholiques innocents ». Les autres …
Peut-être, sur la fin de sa vie, Monseigneur Stépinac a t-il payé et regretté ses erreurs. C’est une affaire entre Dieu et lui.

La population orthodoxe croate n’est plus que de 2% aujourd’hui contre dix fois plus au XIXème siècle.