lundi, mars 20, 2006

Sœur prodigue (1)
Réflexions d’un fils de l’église romaine

Le texte qui suit est l’introduction, en guise de petit conte, d’une série de huit articles à paraître sur Soleil d’hiver.
Ils sont la tentative d’un simple fidèle, qui n’est ni historien, ni théologien, de comprendre la place de l’église catholique romaine dans la Chrétienté.
Vaste ambition et, peut-être, grande arrogance.
Pourtant, comment éviter cette terrible question en ces temps où se conjuguent l’apostasie matérialiste et athée, la chute de la pratique religieuse, le relativisme doctrinal mais aussi les signes de plus en plus évidents d’une soif de renouveau et d’unité.


Il était une fois,
une épouse qui avait cinq filles, toutes belles et honorées.
Toutes unies dans l’amour de leur mère.
Jamais, elles ne prenaient de décisions graves sans se concerter et recouraient, chaque fois, au conseil de famille.
Ainsi, malgré l’éloignement, rien ne venait entacher leur entente et, ensemble, elles faisaient front à l’ennemi. Leurs maisons se remplissaient d’enfants.

Un jour, pourtant, celle que toutes considéraient comme leur ainée, vit son existence bouleversée. L’empereur qui assurait sa protection mourut et ne fut jamais remplacé. Les barbares déferlèrent sur l’empire. Après de nombreuses années de lutte, elle se chercha des protecteurs. Comme elle était fort riche et estimée, ceux ci ne manquèrent pas. Mais ils n’avaient cure de ses valeurs et lorgnaient sur les richesses de la famille. Progressivement, elle tomba sous leur influence.

Elle se mit à dépenser sa part d’héritage.
Sa vie et sa façon de penser se modifièrent insensiblement et l’éloignèrent de ses sœurs. Celles ci mirent du temps à s’en apercevoir mais chaque fois qu’elles se rencontraient, il leur devint de plus en plus évident que leur sœur ainée avait changé, et que les rapports étaient tendus.
Elle ne leur demandait plus leur avis, n’assistait plus aux conseils de famille. Elle s’accomodait de doctrines et d’attitudes nouvelles.
Pire encore, elle prétendait leur imposer sa nouvelle façon de voir et ne tolérait aucun reproche. Elle supporta même que ses protecteurs saccagent la maison de la cadette.

Comme elle vivait dans une contrée ouverte sur les océans, elle répandit sa doctrine aux quatre coins de la terre et devint puissante, tandis que ses sœurs subissaient les assauts de l’ennemi et devenaient de plus en plus pauvres.
Sa position éminente la conforta plus encore dans sa volonté de domination.

A suivre