samedi, avril 01, 2006

Gauche : Faites entrer l’accusée !
Pierre Chatov

La juste dénonciation des divers maux qui assombrissent dramatiquement la fin de la modernité et qui ont pour nom « mondialisation », « libéralisme », «individualisme consumériste » ne doit pas faire perdre de vue une vérité capitale aujourd’hui trop souvent passée sous silence ou remisée au second plan, celle de la culpabilité centrale et fondamentale de la pensée de gauche dans l’avènement et le triomphe de ces divers phénomènes.

Les petits gauchistes de 2006 peuvent bien se draper dans l’étendard d’Attac, tenter de refonder une légitimité et de retrouver une virginité dans les limbes du discours utopico-fourre-tout de « l’altermondialisme » et attribuer une mensongère étiquette « de droite » aux dérives capitalistes, ce sont bel et bien les principaux paradigmes de leur idéologie qui ont fait le lit de la catastrophe sociétale que nous connaissons aujourd’hui.

C’est sur les cadavres encore chauds de la famille et des valeurs traditionnelles, piétinés par la mascarade soixanthuitarde, que s’est développé l’égoïsme mercantile et matérialiste, les individus abandonnés à eux-mêmes et à leur misère intérieure cherchant à se recréer des micro-identités de pacotille au travers de leurs modes de consommation.
C’est leur haine pathologique du catholicisme qui a encouragé la croissance d’un Islam chaque jour plus radical et revendicatif.
Ce sont leurs utopies infantiles gorgés de tiers-mondisme, d’universalisme et de rousseausime qui ont permis le déplacement de populations entières formant peu à peu sur notre sol un nouveau lumpen prolétariat anomique et ingérable, au plus grand profit des trusts et du grand patronat.
C’est leur féminisme hystérique et leur égalitarisme niveleur qui ont produit une génération de français totalement dévirilisés et désarmés face à la violence de plus en plus prégnante des autres groupes ethniques.
Ta femme peut se défendre seule puisqu’elle est ton égale, donc baisse les yeux comme tout le monde et compte les coups.
De l’homme qui passe la serpillière à l’homme-serpillière, le pas a été vite franchi…
C’est leur laxisme, leur fascination morbide pour les asociaux et les désaxés et leur rejet de toute « norme » minimale qui ont désarmé police et justice, nourrissant un sentiment d’impunité absolue et d’irresponsabilité totale chez les voyous et autres tarés divers et variés…
La liste est ainsi fort longue, et en ces temps où d’innombrables pleureuses qui se sont toujours trompées continuent à pérorer aux divers micros de la médiacratie, il n’est pas inutile de la rappeler…

Finalement, les deux grands combats de la gauche post seconde guerre mondiale auront été l’antiracisme et la lutte contre les inégalités sociales.
Or, le racisme communautaire explose chaque jour un peu plus haineusement, la peur de l’autre ampli tyranniquement les rues, la violence du tous contre tous s’installe au cœur de notre société…
Les différences sociales n’ont jamais été aussi importantes, l’écart entre les minimas sociaux et les fortunes indécentes ne cesse de croître, la précarité touche de plus en plus de couches sociales, les SDF continuent à crever dans la rue…
On ne peut pas imaginer échec plus absolu.
Et qu’on ne vienne pas dire que la gauche n’a pas toujours été au pouvoir car s’il elle n’a pas, en effet, toujours tenu directement les rênes du pouvoir exécutif, elle n’a pas cessé un seul instant de posséder monopolistiquement le cœur et l’âme de la cité moderne que sont l’école, les médias et la « culture »…
A l’heure où, de plus en plus clairement, le clivage gauche/droite n’apparaît plus efficient pour affronter les nouveaux défis de la post-modernité, il convient de ne pas pour autant oublier les réelles responsabilités de chacun…
Anti-libéralistes et anti-mondialistes, nous le sommes de toutes les fibres de notre corps mais pas par une quelconque inclinaison honteuse pour les utopies mortifères d’un néo-gauchisme soft, car nous savons bien que les poisons qui tuent actuellement notre peuple sont le produit logique, le prolongement inévitable et implacable de celles-ci.