samedi, avril 01, 2006

L'« optimisme démesuré » du cardinal Kaspers

L'Église orthodoxe russe a fait preuve de retenue dans sa réaction aux propos du cardinal Walter Kaspers concernant les progrès des rapports entre les orthodoxes et les catholiques, et une prochaine visite du pape en Russie.
« La position de notre Eglise reste inchangée. Une rencontre entre les représentants des deux Églises aura un sens si elle permet d'arriver à une véritable résolution des problèmes qui nous séparent : ce sont d'une part la question du prosélytisme, d'autre part le problème les tentatives expansionnistes des gréco-catholiques à l'encontre de l'orthodoxie en Ukraine », a communiqué mardi à Interfax le vice-président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Vsevolod Tchaplin.

La question de la visite du pape en Russie, comme il l'a affirmé, n'a pas été soulevée lors des derniers contacts entre Églises.
Il s'agissait là de sa réaction à l'annonce faite la veille par le représentant du Conseil de la Papauté pour l'unité chrétienne, le cardinal Walter Kaspers, lequel affirmait que les relations entre l'Église orthodoxe et le Vatican s'aplanissaient rapidement et « auguraient d'une visite possible du Pape en Russie dans les prochaines années ».
« Nous souhaiterions croire que tôt ou tard, nous arriverons à un consensus sur ces questions, mais à mon sens il est encore trop tôt pour faire preuve d'un optimisme illimité » - a remarqué le représentant de l'Église russe.
André Kouraëv, professeur à l'Académie théologique de Moscou a à son tour exprimé de la même manière son désaccord avec l'annonce du cardinal Kaspers disant que les relations entre l'Église russe et le Vatican avaient un « nouvel esprit ».
« Je n'ai pas l'odorat assez fin pour détecter ce nouvel esprit. En tant que clerc moyen, je n'ai perçu aucune amélioration dans les relations entre l'Eglise orthodoxe russe et le Vatican » a repris le père André pour Interfax ce mardi.
De même, il a estimé que les propos du cardinal Kaspers au sujet du prosélytisme (conversion des croyants) de l'Église catholique, qualifié d' « aisément résolvable », étaient infondés.
« A ce sujet, l'approbation récente par le Vatican du transfert de la chaire des uniates d'Ukraine de Lvov à Kiev ne peut en aucun cas s'interpréter comme un geste amical » a remarqué le père André.
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