lundi, février 27, 2006

L’affaire Humbert : la manipulation

L 'équipe médicale du centre héliomarin de Berck-sur-Mer où était soigné le jeune homme témoigne.
Même si la vie semble avoir repris son cours normal, l'équipe du service du Dr Pascal Rigaux est aujourd'hui en état de choc. Une cellule psychologique doit se réunir cette semaine pour les accompagner. Par ailleurs, certains patients atteints d'affections communes à celles de Vincent Humbert "redoutent une loi qui pourrait mener à leur élimination" explique le Dr Rigaux.

Revenant sur le cas de Vincent Humbert, le Dr Rigaux affirme "on a été dans l'incapacité de faire le bilan complet en raison de l'importance de ses troubles sensoriels mais il semble [] qu'il présentait une certaine rigidité de pensée qui l'empêchait de changer d'idée". Ainsi par rapport à son projet de mort, il semblait "emmuré" dans son choix.

A la suite du courrier envoyé par Vincent Humbert au président Jacques Chirac, celui ci a décidé de dégager les moyens financiers pour son retour à la maison et a dépêché un psychiatre de Sainte Anne pour lui proposer ainsi qu'à sa mère une assistance. Mais ceux-ci ont refusé.

Toutes les tentatives pour transformer le projet de mort de Vincent en projet de vie par l'équipe médicale ont elles aussi échoué : "Il passait toutes ses journées enfermé dans sa chambre, avec la visite, quasiment unique, tous les après midis de sa mère". La vie de Vincent Humbert peut donc se résumer ainsi : aucune sortie, pas de soulagement psychologique ou psychiatrique, pas de rapport avec les autres patients, aucun projet de vie et une "symbiose fusionnelle" avec sa mère. Sur la question de l'euthanasie, le Dr Rigaux explique "moi, je n'ai pas fait médecine et cette spécialité pour en arriver à ça".

La médiatisation croissante de cette affaire a fini par faire baisser les bras à l'équipe médicale. Le "plan média" dit-elle semblait tellement bien orchestré que les médecins ont eu "l'intime conviction" qu'un mouvement militant très expérimenté dirigeait de l'extérieur les opérations. Face à la perspective du passage à l'acte, le parquet a été saisi mais n'a pas donné suite.

C'est pourquoi au sentiment d'échec thérapeutique ressenti par l'équipe médicale s'ajoute l'impression d'avoir été manipulé et trahi. Ils ont vécu la libération de la mère de Vincent Humbert comme "un désaveu judiciaire de notre travail".
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L'alliance nécessaire

Monseigneur Hilarion, de retour du C.O.E. répond au quotidien « La croix ».
Mgr Hilarion vient de publier un ouvrage, en anglais intitulé Orthodox witness today, portant sur le christianisme et la sécularisation ainsi que sur les enjeux du dialogue œcuménique.
Pour le chef de la délégation du patriarcat orthodoxe de Moscou, le dialogue de l’orthodoxie avec le catholicisme semble plus prometteur qu’avec les protestants

- La Croix : Lors de l’assemblée du Conseil œcuménique des Églises (COE) à Harare en 1998, les orthodoxes, en particulier le patriarcat de Moscou, étaient prêts à quitter le Conseil œcuménique des Églises. Depuis, une commission spéciale s’est réunie pour tâcher de répondre aux demandes des orthodoxes. Celles-ci ont-elles été entendues ?

- Évêque Hilarion : On peut dire que cette assemblée est plus « orthodoxe » que les précédentes. Le COE a pris acte avec sérieux des inquiétudes orthodoxes exprimées à Harare. Ainsi les délégations des Églises orthodoxes sont-elles aujourd’hui plus conséquentes, et il faut reconnaître que les prières de l’assemblée sont mieux organisées : moins syncrétiques, s’abstenant de mélanger des éléments de divers rites, elles répondent mieux aux demandes orthodoxes.

– Le fond des débats de cette assemblée générale répond-il aussi à vos préoccupations ?

– Dans cette assemblée de Porto Alegre, il y a sans doute plus de chorégraphies que de théologie ! Et les discussions sur les sujets théologiques ne sont pas profondes, ce qui évite de révéler les points de division… Mais je crois que ces questions sont davantage du ressort du comité central du COE, à qui il revient de prendre les décisions : l’assemblée est davantage un point de rencontre, il ne faut pas trop en attendre.

– La voix de l’orthodoxie au sein d’une telle assemblée n’est-elle pas étouffée par les tensions inter-orthodoxes, notamment entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou ?

– Je ne le pense pas. Je crois que si tension il y a, c’est clairement entre deux visions du christianisme : la vision orthodoxe et la vision libérale, portée plus particulièrement pas les protestants du Nord. Ainsi les anglicans, qui semblent de plus en plus s’éloigner, ou l’Église de Suède, avec qui nous avons rompu tout dialogue depuis qu’elle a décidé de bénir des unions entre personnes de même sexe. Ces deux visions du christianisme se sont développées dans des directions opposées, et je ne vois pas tellement comment on peut surmonter ces divisions. À moins que les protestants ne stoppent d’eux-mêmes cette évolution.

– À vos yeux, le dialogue œcuménique est-il donc bloqué ?

– Je ne pense pas qu’il soit bloqué, mais je crois qu’il est moins prometteur qu’avec les catholiques.

– Il y aurait plus d’avenir dans les relations des orthodoxes avec les catholiques qu’avec les protestants ?

– Je ne vois pas comment surmonter nos différences avec les Églises les plus libérales. À mon avis, le temps est venu de créer une alliance stratégique entre catholiques et orthodoxes, en vue de défendre la tradition chrétienne contre le sécularisme et contre l’islam militant. Même si nous sommes deux Églises séparées, nous avons des positions très similaires – ce qui ne veut pas dire identiques –, et nous devons agir ensemble. Nos différences ne sont pas insurmontables. Il ne faut donc pas attendre trop longtemps : la défense de la tradition est ce qu’il y a de plus urgent.
Source


dimanche, février 26, 2006

La vie aprés la mort

Conférence donnée par J.L. Palierne le dimanche 26 février 2006 dans le cadre de la catéchèse pour les adultes de la paroisse Notre-Dame Souveraine de Chaville

Cette mise en perspective chrétienne des fins dernières, riche d’espérance, est particulièrement bienvenue en ces temps où cette issue inéluctable de la vie est évacuée des consciences.

Le texte complet de la conférence est consultable sur le forum orthodoxe et se trouve en lien dans la « petite catéchèse orthodoxe ».

samedi, février 25, 2006

Petite catéchèse orthodoxe

Soleil d'hiver met en lien permanent (liens "Soleil d'hiver") une nouvelle page destinée principalement aux non-orthodoxes soucieux de s’informer sur la foi orthodoxe.
Elle regroupe, par thèmes, des liens utiles pour aborder pour découvrir les fondements de l’Orthodoxie.
Puissent ces premiers « liens » éveiller leur intérêt et susciter la soif d’aller à la rencontre des plus anciennes traditions de l’Eglise,
peut-être aussi, ouvrir les cœurs aux œuvres de l’Esprit.

"Nous préservons, incorrompue, la doctrine du Seigneur, et adhérons à la foi qu'il nous a donné, nous la gardons intacte de toute souillure et amoindrissement, comme un trésor royal et un monument de grand prix, n'ajoutant rien et ne retranchant rien » Lettre des patriarches (1718)
LA DIDACHÈ
ou Enseignement des douze apôtres
Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.
Chapitre IV

1. - Mon enfant, souviens-toi nuit et jour de celui qui t'annonce la parole de Dieu; tu l'honoreras comme le Seigneur, car là d'où est annoncée la parole du Seigneur, là est le Seigneur. Tu rechercheras chaque jour la compagnie des saints, afin de te trouver un appui dans leurs paroles.
2. - Tu ne désireras pas la division, mais tu apaiseras ceux qui se disputent; tu jugeras avec droiture, tu ne feras pas acception de personne quand il s'agira de convaincre quelqu'un de transgression; tu n'auras pas le coeur partagé entre les suites de tes décisions.
3. - N'aie pas les mains tendues pour recevoir et fermées pour donner. Si tu as des moyens, tu donneras de tes mains le rachat de tes péchés.
4. - Tu n'hésiteras pas à donner et tu ne murmureras pas en donnant, car tu connaîtras quel est le bon rémunérateur qui te récompensera.
5. - Tu ne te détourneras pas de celui qui est dans le besoin, mais tu auras tout en commun avec ton frère et tu ne diras pas que cela t'appartient en propre; en effet, si vous participez en commun à ce qui est immortel, combien plus aux choses périssables !
6. - Ne retire pas ta main de dessus ton fils ou de dessus ta fille, mais dès la jeunesse enseigne-leur la crainte de Dieu.
7. - Ne donne pas tes ordres avec aigreur à ton esclave ou à ta servante qui espèrent dans le même Dieu, de peur qu'ils ne cessent de craindre le Dieu qui règne sur toi comme sur eux, car Il ne vient pas appeler les hommes selon l'apparence, mais ceux que l'Esprit a rendus prêts.
8. - Quant à vous, serviteurs, vous serez soumis à vos maîtres avec respect et crainte comme à l'image de Dieu.
9. Tu haïras toute hypocrisie et tout ce qui n'est pas agréable au Seigneur. Tu n'abandonneras pas les commandements du Seigneur, mais tu garderas ce que tu as reçu sans y rien ajouter ni en rien retrancher.
10. - Dans (devant) l'assemblée, tu confesseras tes transgressions et tu ne viendras pas à la prière avec une mauvaise conscience. Tel est le chemin de la vie.

vendredi, février 24, 2006

Du crépuscule à l'aube
Guillaume Faye

Jamais, depuis la chute de l’Empire romain, l’Europe n’avait vécu une situation aussi dramatique. Elle affronte la plus grande menace de son histoire et elle ne le sait pas, ou plutôt refuse de le voir.
Les Européens sont envahis, occupés et colonisés par les peuples du Sud et par l’islam de manière rapide et massive. Ils sont aussi, et de leur seule faute, assujettis à l’emprise des Etats-Unis qui leur mènent une impitoyable guerre économique.. Sans oublier l’effondrement démographique: non-renouvellement des générations et vieillissement généralisé. Ils sont émasculés par les idéologies décadentistes et nihilistes, parées d’un optimisme factice, en proie à une régression de la culture et de l’éducation, au primitivisme et au matérialisme. L’Europe est l’homme malade du monde. Et les classes politiques comme les élites intellectuelles sont les collaboratrices de ce suicide ethnique. La thèse que je défends est qu’il ne s’agit pas d’une «immigration» mais d’une colonisation et d’une invasion qui sont en train de modifier le fond ethno-culturel de l’Europe; mais aussi qu’il ne faut pas céder au désespoir, que les combats ne font que commencer, que les peuples de même origine doivent s’unir.
….
L’Europe future ne peut pas être envisagée sous la forme molle et ingouvernable de l’Union européenne actuelle, qui est une méduse sans pouvoir souverain, aux frontières ouvertes, dominée par le dogme libre-échangiste, soumise à la volonté américaine et à l’Otan. Il faut penser à une future Grande Europe impériale et fédérale, fondée sur de grandes régions autonomes et, surtout, indéfectiblement alliée à la Russie. Cet énorme bloc continental, je l’ai nommé «Eurosibérie». Ce hérisson géant, qui ne serait nullement offensif mais simplement inattaquable, serait de loin la première puissance mondiale

Le destin de l’Europe péninsulaire ne peut être séparé de celui de l’immense Russie pour des raisons ethnoculturelles et géopolitiques. Bien entendu, empêcher la naissance d’une telle Eurosibérie est un impératif vital pour la thalassocratie marchande américaine qui (en contradiction avec sa lutte affichée contre le terrorisme islamique) encourage cyniquement l’islam à s’implanter en Union européenne et en Russie.

Il ne faut jamais être fataliste. L’histoire est toujours ouverte et présente souvent des caprices et des retournements inattendus. N’oublions pas la formule de Guillaume d’Orange: «là où il y a une volonté, il y a un chemin». Pour l’instant, nous sommes dans une phase de résistance et de préparation à des événements très graves qui s’annoncent, par exemple la conjonction de guerres ethniques et d’une récession économique géante. Il faut donc dès maintenant penser à l’après-chaos et s’organiser en conséquence. Pour finir, voici le mot d’ordre que je diffuse souvent: «de la résistance à la reconquête, de la reconquête à la renaissance»
Moscou, 17.05.2005
le texte complet

jeudi, février 23, 2006

Vérité recherchée contre vérité imposée
ou
la « prochaine » arrestation de Ratko Mladic et le dossier caché du « génocide » de Srebrenica.

Le 21 février, des rumeurs ont annoncé l’arrestation de Ratko Mladic, responsable de la prise de Srebrenica, et sur lequel pèsent des accusations de crime de guerre.
Information aussitôt démentie par Belgrade pour qui « des opérations sont en cours ».
Ces rumeurs sont à mettre en perspective avec la reprise prochaine des discussions avec l'Union européenne en vue d'un accord d'association et stabilisation, premier pas vers l’ intégration de la Serbie à l'Europe. Généralement, à la veille de chaque échéance cruciale pour la Serbie, d'intenses rumeurs circulent dans le pays sur une possible arrestation et extradition de Mladic.
On en entendra donc surement parler à nouveau.

C’est pourquoi, le moment paraît venu de signaler la publication par l’Association Vérité et Justice du dossier caché du "génocide" de Srebrenica .

En publiant l'an passé, sous le titre "Ma vérité", la version française du plaidoyer que Slobodan Milosevic a prononcé devant le Tribunal pénal international de La Haye en introduction à sa défense, l'association Vérité et Justice ne prenait pas le parti de l'ancien président de la République fédérale de Yougoslavie, mais celui d'une information complète et équitable. Si ce procès était le "procès du siècle", comme le proclamait la presse en France et ailleurs, les comptes rendus de son audience auraient dû être constants et abondants. Or ils ne l'ont été que dans les périodes où le procureur portait ses accusations, mais pour ainsi dire jamais lorsque l'accusé démontrait leur inanité. "Ma vérité" visait ainsi à rétablir pour le public français un équilibre négligé par les chroniqueurs de La Haye. Et elle permettait dans le même temps de faire entendre sur la tragédie yougoslave une argumentation et des réalités auxquelles, durant une quinzaine d'années, les colonnes des journaux de ce pays étaient hermétiquement closes.

C'est avec le même souci de fournir une information complète que parait aujourd'hui le deuxième ouvrage de l'association Vérité et Justice, consacré, cette fois, au dossier de Srebrenica. A l'occasion du 10e anniversaire des crimes commis après la prise par les Serbes de Bosnie de cette "zone de sécurité" de l'ONU en juillet 1995, la communauté internationale a organisé, l'été dernier, dans la région du drame, une cérémonie du souvenir, en lui donnant une solennité conforme à la thèse qu'elle avait soutenue durant la décennie écoulée et qui assimilait ces crimes à la "pire horreur perpétrée en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale". En rendant compte de cette manifestation, tous les médias ont répété, sans la moindre réserve, la version officielle en l'honneur depuis dix ans et selon laquelle les forces serbes de Bosnie, après avoir pris le contrôle de la ville, avaient exécuté de sang froid de 7 à 8.000 prisonniers musulmans, aussi bien civils que militaires, selon un plan conçu à l'avance, connu et autorisé par les principaux dirigeants de la Républika Srpska, à savoir Radovan Karadzic et le général Mladic, et même par Slobodan Milosevic, président alors de la Serbie. Et dans cette présentation des faits, la tuerie n'apparaissait pas seulement comme un massacre ordinaire, mais comme un génocide caractérisé, perpétré délibérément contre la population musulmane en vue de l'éliminer de la région.Cette version a été d'autant plus ressassée à l'occasion de la commémoration qu'elle avait été "légalisée" auparavant par le TPI.

Le 2 août 2001, la chambre de première instance du tribunal de La Haye avait, en effet, jugé que les évènements de Srebrenica en juillet 1995 constituaient un "génocide" et avait condamné pour ce crime (et d'autres) le général Ratislav Krstic, commandant une unité engagée dans cette opération, à 46 ans de prison. Certes, la chambre d'appel du même tribunal avait réduit, le 19 avril 2004, la sentence à 35 années de détention, estimant que l'officier serbe n'était coupable que "d'aide et de complicité", mais elle avait maintenu la qualification de "génocide" pour le cas de Srebrenica dans son ensemble.La presse française a applaudi à ces deux jugements qui satisfaisaient son attente parce qu'ils justifiaient ses engagements passés. Elle a omis de signaler que son avis était loin d'être partagé par des experts de réputation mondiale.

Ainsi Michael Mandel, professeur de droit international à l'université York de Toronto déclarait, dans un texte figurant dans l'ouvrage de l'association Vérité et Justice : "L'affirmation du Tribunal qu'un génocide a eu lieu à Srebrenica, n'est corroborée ni par les faits relevés ni par le droit invoqué". Rien de moins, et il en faisait une brillante démonstration qui aurait dû, à coup sûr, retenir l'attention. Le juriste soutenait aussi : "Si le cas de Krstic (le général condamné) a un sens quelconque, il signifie qu'il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica. La conclusion de la cour ne peut être considérée que comme une forme légale de propagande, et comme une nouvelle contribution à l'impression grandissante que le tribunal est plus un 'instrument politique' qu'une 'instance juridique', pour paraphraser son plus célèbre accusé" (Slobodan Milosevic).
Michael Mandel travaille depuis des années au sein du Srebrenica Research Group réunissant des personnalités anglo-saxonnes indépendantes décidées à faire la lumière sur le cas de Srebrenica en bannissant tous les préjugés. Ce groupe de recherche a publié récemment ses conclusions où il apparaît qu'aucune des propositions articulant la version officielle de l'affaire de Srebrenica ne résiste à un examen sérieux des faits, du nombre des victimes musulmanes jusqu'à l'accusation de génocide commis par les forces serbes de Bosnie, en passant par la préméditation et la planification, deux conditions nécessaires pour que ce crime soit constitué, et sans même parler des responsabilités remontant au sommet de la hiérarchie serbe qui ne sont jamais sorties du domaine des présuppositions du Tribunal de La Haye. Qu'il y ait eu des exécutions sommaires, donc des atrocités, ne fait aucun doute pour tous les collaborateurs du groupe. Simplement ils estiment, s'appuyant sur leurs analyses, que le nombre et la nature des victimes, ainsi que le contexte général des évènements de Srebrenica, ont été présentés de manière tendancieuse et qu'il faudrait les réexaminer sans parti pris. Et pour y parvenir, écrivent-ils, il est indispensable de replacer ces crimes à la fois dans les conditions de la guerre civile qui a ravagé cette région de Bosnie occidentale depuis 1992, et dans le déploiement par les principaux protagonistes des dispositions tactiques et stratégiques qui, durant l'année 1995, ont précédé et préparé le nettoyage des Serbes de la Krajina et la réduction, toujours par la force, des dimensions, donc aussi du poids, de la Republika Srpska, à laquelle les accords de Dayton finiront par attribuer les droits et les frontières actuelles.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" réunit la traduction d'un certain nombre de textes étrangers, indispensables à la manifestation de la vérité, et sur lesquels la presse française a observé un mutisme complet, donc coupable, quelles qu'en soient les véritables raisons.

Dans une première partie figurent trois contributions du Groupe de recherche sur Srebrenica : celle de Michael Mandel sur le TPI et le concept de "génocide" ; l'analyse générale (et lumineuse) des évènements faite par le directeur du groupe, Edward Herman, de l'université de Pennsylvanie ; et, enfin, le témoignage de Philip Corwin qui a été le coordinateur des affaires civiles en Bosnie. La deuxième partie présente les témoignages personnels du général canadien Lewis MacKenzie, premier commandant des forces de la paix de l'ONU à Sarajevo, et d'un officier portugais, Carlos Martins Branco, ancien observateur militaire de l'ONU en Bosnie et selon lequel les chefs bosniaques musulmans auraient facilité la reprise de Srebrenica par les Serbes en juillet 1995 pour pouvoir mieux les isoler sur le plan international en les culpabilisant à outrance pour les méfaits qu'ils ne manqueraient de commettre.Dans cette même partie, on trouvera deux témoignages sur le chef musulman Nasser Oric et ses hommes qui avaient massacré des civils serbes et harcelé sans cesse cette population avant et après la création à Srebrenica d'une zone de sécurité de l'ONU.

La troisième partie est constituée par le rapport sur Srebrenica que deux organismes de la Republika Srpska (le Centre de documentation et le Bureau gouvernemental chargé des relations avec le TPI) ont rendu public le 3 septembre 2002.C'est un document inédit car il n'a jamais pu être diffusé. Dès sa présentation, il était dénoncé avec violence par les milieux musulmans, le Haut commissaire Paddy Ashdown, l'ambassade des Etats-Unis et celle du Danemark parlant au nom de l'Union européenne. Le TPI le déclarait "scandaleux et honteux" parce qu'il ignorait "les preuves établies par le Tribunal lors du procès (en première instance) du général Ratislav Krstic pour génocide commis sur les musulmans de Srebrenica".
Le gouvernement de Banja Luka était contraint de le retirer et d'abandonner son projet de lui donner une suite. Il sera plus tard forcé de parrainer un autre rapport, autrement plus en phase avec les désirs de la communauté internationale, mais ce texte n'a pas été publié jusqu'à ce jour, sans qu'on en connaisse le vrai motif. Il était en tout cas normal que le rapport condamné de 2002 figure dans ce livre car il montre de manière indirecte ce que cette "communauté" refuse d'entendre dans son souci pragmatique d'imposer une vérité au lieu de s'intéresser à la vérité.

"Le dossier caché du génocide de Srebrenica" témoigne que l'enquête sur cette affaire est loin d'être terminée car, pour satisfaire l'esprit et le cœur, elle doit être complète non seulement sur les faits eux-mêmes, mais aussi sur leurs manipulations et sur les auteurs de celles-ci, avec leurs mobiles et leurs calculs. "L'hypocrisie, disait Péguy, est la forme la plus abjecte de la violence". C'est dans le but précis d'illustrer ces évidences que ce livre a été conçu et publié.
Kosta Christitch

mardi, février 21, 2006

Pan sur le bec ... de Soleil d'hiver

Certains amis sont un peu rugueux et ne font pas de cadeau. Mais ce sont de vrais amis parcequ'ils vous tiennent le langage de la vérité et savent perdre leur temps à vous remettre dans le droit chemin.
A propos du message "de la date de Pâques au cas Vassula Rydèn", un de ces amis, orthodoxe, m'a envoyé les mises au points suivantes:

A propos de la date de Pâques:
Je vous signale que c'est une énorme bêtise que l'affirmation que les orthodoxes du patriarcat de Constantinople et ceux du patriarcat de Moscou ne fêtent pas Pâques à la même date.

Puisque vous avez donné entre autres missions à votre blog celle d'informer sur l'Orthodoxie, vous conviendrez que le but n'est pas atteint si vous y publiez ce genre d'erreurs qui rendent les choses encore plus opaques.

La seule Eglise orthodoxe qui fête Pâques selon le calendrier grégorien, et ceci depuis 1924, c'est la petite Eglise de Finlande.

La correction du calendrier adoptée par la conférence de Constantinople en 1923 et mise en application dans la plupart des Eglises locales (Constantinople, Alexandrie, Antioche, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Chypre et Amérique) ne concerne que les fêtes fixes. Le cycle des fêtes mobiles n'a pas (encore) été réformé.
Il n'y a que les Finlandais qui fêtent toujours Pâques en même temps que les Pâques grégoriennes.
Tous les autres orthodoxes fêtent Pâques à la même date, et cette date coïncide certaines années avec la date du calendrier grégorien.
C'est pour cette raison que j'ai pu publier … les dates des fêtes mobiles 2006 qui seront les mêmes pour tous les orthodoxes présents dans les pays francophones.

Je me demande si Chrétienté-Info fait de la désinformation volontaire ou s'ils ont compris de travers une déclaration faite dans une autre langue.
En revanche, celui qui fait de la désinformation volontaire, c'est Antoine Arjakovsky, le professeur de Lvov. Il y a eu plusieurs conciles de l'Eglise orthodoxe depuis 787: ne serait-ce que celui de 879-880, ceux de 1341, celui de 1352, celui de 1642, celui de 1672, celui de 1872... C'est incroyable que quelqu'un qui se dit théologien orthodoxe n'ait jamais entendu parler de la Confession orthodoxe de saint Pierre Movila, ratifiée par le concile de Jassy en 1642, ou de la condamnation du phylétisme par le concile de Constantinople de 1872. Là, on est en pleine désinformation volontaire pour faire passer les orthodoxes pour des imbéciles.

Publier sur votre blog que les orthodoxes qui ont adopté la réforme du calendrier en 1924 ont aussi modifié la date de Pâques, c'est faux. Je regrette qu'on ne soit pas allé plus loin et que l'on ait pas aussi modifié le calcul de la date de Pâques. Mais c'est ainsi. Seuls les Finlandais ont réformé la date. Tous les autres fêtent Pâques en même temps, que ce soit les Grecs ou les Russes, les Serbes ou les Roumains, les orthodoxes d'Alaska ou ceux du Japon. J'ai donc estimé qu'il était de mon devoir de vous informer sur ce point.

A propos de Vassula Rydèn
Quand nous sommes confrontés à des phénomènes d'allure surnaturelle, nous savons qu'il peuvent venir d'en haut, venir d'en bas, ou venir de nous-mêmes. L'autosuggestion et le psychisme des foules expliquent beaucoup des phénomènes constatés lors des assemblées pentecôtistes, par exemple. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi les mêmes qui présentent les stigmates comme un argument en faveur de la sainteté de François ne présentent pas les extases pentecôtistes comme un argument en faveur du protestantisme.

(Ailleurs), j'ai rappelé un épisode historique qui montre que, pour l'Eglise catholique romaine au XIVème siècle, les stigmates ne prouvaient rien.

On ne prouve pas la vérité de la doctrine par des faits surnaturels. L'apôtre Paul nous met en garde: "Mais quand même quelqu'un - fût-ce nous-mêmes, fût-ce un ange venu du ciel - vous annoncerait un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit rejeté!" (Gal I:8). Il ne sert donc à rien de prétendre prouver par des faits d'apparence miraculeuse le bien-fondé d'une spiritualité qui n'est pas celle de l'Eglise orthodoxe, une, sainte, catholique-conciliaire et apostolique.

Rejeter tout texte qui nous met en garde contre le prelest (illusion spirituelle) en le qualifiant de "partial", c'est d'abord oublier qu'à peu près tout ce qui a été écrit dans ce monde est partial, et ensuite refuser toute médecine spirituelle.
Je ne vois pas comment l'on peut progresser dans la vie spirituelle si l'on refuse d'avance les conseils de prudence de ceux qui nous ont précédés sur ce chemin. Il y a toujours un aspect de transmission d'homme à homme dans la vie ascétique, et, le rejeter, c'est s'exposer à devenir le jouet de toutes sortes d'illusions.

J'en viens à l'objet principal de ce post, qui est de m'acquitter de la tâche qui me fut confiée en décembre 2003 par le professeur Todor Sabev, théologien orthodoxe bulgare et ancien secrétaire général adjoint du Conseil oecuménique des Eglises, que les vassulistes ont plusieurs fois présenté comme une caution orthodoxe de l'enseignement de leur prophétesse.
Le professeur Sabev a en effet préfacé, en 1994, le volume IV de True Life in God de Vassula Ryden, mais il y a un passage qu'il a lui-même souligné et que les vassulistes ne reproduisent jamais dans leur argumentaire (page IV de la préface):

"While many Orthodox rejoice at Vassula's gift and appreciate the texts referred to, they are prudent about accepting all points and details. I personally still struggle with some of the questions which had troubled me before."

Ma traduction:

"Alors que beaucoup d'orthodoxes se réjouissent du don de Vassula et apprécient les textes mentionnés, ils restent prudents quant à l'acceptation de tous les points et détails. Pour ma part, je reste aux prises avec certaines des questions qui m'avaient déjà troublé auparavant. "

On voit que ce texte contient de fortes réserves et est loin de représenter un soutien au vassulisme aussi inconditionnel que le voudraient les sites de ce mouvement.
Remplissez d’eau ces vases
(Jn 2, 1-11)


Jésus et Marie étaient présents aux noces.
Le maître et les gens de la maison étaient bien embêtés. Certes, il avaient une grande joie à partager avec leurs invités. Mais le breuvage du partage vint à manquer et les serviteurs n’avaient plus rien à servir. Les invités allaient-ils, poliment, partir ? Ceux qui étaient encore à la porte allaient-ils s’en retourner ? Aux prochaines noces, qui se rendrait à l’invitation ?

Le Seigneur s’est bien aperçu de ce manque.
Mais c’est Marie qui lui demande de faire quelque chose.
Réponse bougonne du Seigneur. Mais Marie connaît son fils et passe outre : « Faites ce qu’Il vous dira ».

Les serviteurs reçurent l’ordre de remplir d’eau les six vases de pierre.
L’eau : humble, abondante et gratuite. L’eau de la terre humaine.

Il aurait pu remplir les vases de vin. Comme ça, en claquant des doigts. Mais non. Il réclame aux hommes le peu qu’ils possèdent, comme lors de la multiplication des pains.

Aujourd’hui, les invités de l’Eglise sont dans la même situation que ceux de Cana. Certes, l’Eglise a de quoi partager. La Bonne Nouvelle est là, inchangée et surabondante.
Mais les invités sont au régime sec. Beaucoup ne rentrent pas. D’autres s’en vont, chercher ailleurs de quoi boire un coup.
Et les gens de la maison de dire : « C’est bien triste. Mais qu’y pouvons nous ? »
Tranquilles dans leur bonne conscience.

Ils ont bien tort :
« Allez et baptisez toutes les nations. »
Toutes !
Mais les deux tiers, au moins, de l’humanité attendent une invitation qui tienne la route.

Quel est donc ce vin qui manque à l’Eglise ?
Pourquoi, de quoi les vases sont-ils vides ?
Il sont vides d’Unité sans laquelle il n’est pas de fraternité.
Quel spectacle offre la Chrétienté divisée à tous les hommes assoiffés de Transcendance et qui la cherchent où ils peuvent ?
Mettre les pieds dans une maison où les serviteurs se bouffent le nez ? Merci bien !

Le Seigneur ne nous demande pas de faire des miracles. Cela est Son affaire. Il nous demande seulement ce qui est à notre portée. L’humilité et la simplicité de notre eau.
Alors, tant que nous ergotons sur la façon de mettre ne serait-ce que quelques gouttes dans les vases de l’Eglise, quand les serviteurs discutent à n’en plus finir sur des choses aussi simples que la date de Pâques (déjà fixée il y a 17 siècles !) ou la reconnaissance mutuelle des baptêmes, le Seigneur ne peut rien et Sa patience est mise à rude épreuve.

Je le crains fort : ça va barder lors du debriefing.

Communiqué

« initiation et réflexion sur la civilisation russe et l'orthodoxie »

Des réunions d’initiation et de réflexion sur la civilisation russe et l’orthodoxie, destinées aux adultes francophones, débuteront prochainement dans la paroisse Notre-Dame du Signe (87, boulevard Exelmans - 75016 Paris). Elles seront conduites par le recteur, le père Wladimir Yagello. Les dates retenues sont les lundis 27 février, 13 mars, 27 mars, 10 avril, 24 avril, 15 mai, 29 mai, 12 juin, de 18h30 à 20h30. Entrée libre.
Source

lundi, février 20, 2006

De la date de Pâques au cas « Vassula Rydèn »

Le chef de l’Eglise arménienne de Cilicie a proposé à Porto Alegre (Brésil) (9ème assemblée du Conseil Oeucuménique des églises) que tous les chrétiens célèbrent un même jour la fête essentielle du christianisme, Pâques, une idée reprise au bond par le cardinal Walter Kasper.

"J’ai rêvé que toutes les Eglises du monde célèbreraient la résurrection de notre Seigneur commun ensemble, le même jour, comme l’une des expressions visibles de l’unité chrétienne", a déclaré Aram 1er dans son rapport devant l’assemblée générale du Conseil oecuménique des Eglises (COE), qui se tient actuellement à Porto Alegre, et dont il est président.
Malgré le schisme de 1054, catholiques et orthodoxes fêtaient Pâques ensemble jusqu’à l’instauration du calendrier grégorien, en 1582, en décalage de 13 jours par rapport à l’ancien calendrier julien, conservé par les orthodoxes.
Mais la règle est restée la même, fixée au Concile de Nicée en 325 : Pâques est célébré le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps.
Dès lors, sauf exceptions -comme 2004 et 2007- les catholiques, protestants, anglicans, les orthodoxes du Patriarcat de Constantinople, qui ont rallié le "grégorien" en 1920, et les arméniens fêtent Pâques plusieurs semaines après les orthodoxes russes, les Coptes, les Ethiopiens.
"Cette proposition, et celle (également faite par Aram Ier) de reconnaissance mutuelle des baptêmes seraient des pas énormes" pour l’oecuménisme, a déclaré jeudi en conférence de presse le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

Interrogé sur des solutions possibles à une controverse sensible de plus de 500 ans, le cardinal a dit que l’on "pouvait imaginer une date fixe, qui serait le premier dimanche d’avril".
Mgr Niphan Sakoly, représentant à Moscou de l’Eglise grecque-orthodoxe s’est dit "d’accord". "Il faut discuter. Avec le langage de l’amour, tout est possible", a-t-il dit.
"Une date fixe, c’est bien. Mais je souhaite plus tôt le dimanche compris entre le 15 et le 22 avril, c’est plus logique par rapport à Nicée", affirme le métropolite syrien-orthodoxe Mar Ggeorge Saliba, qui vit au Liban.
Mar Coorilas, métropolite malankar (orthodoxe), de Bombay, estime que "c’est une très bonne idée, que, plus tard, les Russes accepteront peut-être".
"C’est fini les guerres de calendrier qui ont jalonné notre histoire !", dit Mar Severius Sawirios Malke Mourad, évêque syrien-orthodoxe, à Jérusalem.
Chez les Russes et les Coptes, les réticences demeurent fortes."Pâque ensemble, d’accord, mais en respectant Nicée. Que les occidentaux nous rejoignent ! Nous suivons notre tradition, c’est plus important que plaire à l’opinion publique", estime l’archiprêtre Vsevolod Chaplin, du patriarcat de Moscou.

Note de Soleil d’hiver : Il ne s’agit pas de plaire à l’opinion publique mais à Dieu. Cela dit, il paraît logique de se référer à la règle de Nicée sur laquelle tous les chrétiens furent d’accord.

"Nous ne pouvons changer la règle de Nicée", assure l’évêque copte égyptien Antonios Shenouda.
"Il faudrait d’abord un Concile, entre orthodoxes, et le dernier remonte à 787", explique Antoine Arjakosky, orthodoxe, directeur de l’Institut d’études oecuméniques d’Ukraine."Il y a risque que de nouvelles divisions sur la querelle calendaire surgissent chez les orthodoxes. Mais la réforme d’Aram 1er n’est pas impossible. Par le biais du COE, le patriarcat de Moscou peut évoluer", assure-t-il.
Source: Chrétienté-info


Soleil d’hiver profite de la question de la date de Pâques pour évoquer le cas « Vassula Rydén »
Cette simple évocation ne manquera pas de faire grincer bien des dents romaines ou orthodoxes. Pour les uns, c’est une illuminée névrotique, pour d’autres un agent uniate …Normal.
Comme cela s’impose en matière de « révélation privée », Soleil d’hiver n’émettra aucun avis et se contente de signaler le fait et d’ouvrir à ses lecteurs la documentation existante.
Il n’y a pas de « dogme » à la clé. A chacun de se faire son idée.

Vassula Rydén est grecque, née en Egypte, et appartient à l'Eglise Grecque-Orthodoxe. Mère de deux fils, épouse d'un fonctionnaire de l'Aide suédoise aux pays en voie de développement, elle a vécu la plus grande partie de sa vie dans les pays du Tiers-Monde.
En 1985, alors qu'elle vivait au Bangladesh, Vassula eut une première révélation suivie de nombreuses autres, sous forme de locutions, ainsi que par des visions intérieures qui ont été progressivement publiées sous le titre de "La Vraie Vie en Dieu".
Les derniers « messages » publiés sont de 2003.
Le principal souci exprimé par ces « messages » est l'unité des Chrétiens dont le premier signe « réclamé par Dieu » est la célébration de Pâques à la même date.

En 1995, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du Vatican avait publié une Notification critique concernant certains aspects des messages de Vassula.
Au cours des années suivantes, une communication suivie a eu lieu entre la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) et Vassula. Cette communication a modifié la situation établie à la suite de la Notification publiée par la CDF en 1995.
Sur la demande du cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la CDF, le dialogue entre Vassula et la CDF a été publié dans le plus récent volume de l'oeuvre « La Vraie Vie en Dieu ». La publication de ce dialogue a été annoncée dans une lettre datée du 10 juillet 2004, signée du Cardinal Ratzinger lui-même, adressée à plusieurs Présidents de Conférences épiscopales catholiques qui avaient exprimé leur souci concernant Vassula et ses écrits. Le Cardinal a, à cette occasion, exprimé le désir que chacun lise les questions posées par la CDF à Vassula et les réponses qu'elle leur a apportées .


Message du 21 décembre 1992
«Les jours sont maintenant comptés ; il ne reste plus beaucoup de temps et la grâce qui a enveloppé l'humanité va prendre fin abruptement et tout ce qu'il y a de plus soudainement...
Cela arrivera afin que le monde réalise combien étaient grandes Ma Miséricorde et Ma Bonté qui ont coulé d'en-haut année après année.
... Dis à ceux qui oeuvrent pour l'Unité de lever les yeux vers le ciel. Voient-ils comme il est loin de la terre ? Aussi loin que sont leurs coeurs les uns des autres.
Voilà à quel point ils sont éloignés les uns des autres.
Quand donc passeront-ils un décret, par un vote unanime, pour célébrer la fête de Pâques tous à la même date ?
Je suis fatigué d'entendre leur noble langage ; peut-être est-il convenable et éloquent pour eux, mais pour Moi, il sonne comme un coup de gong, parce qu'il est vide de la vacuité-même. Je suis venu leur parler, d'abord par souci, ensuite par pitié, mais à ce jour, nul n'a encore abaissé sa voix pour entendre Ma Voix. Malheur à vous, vous qui dites être à Mon Service alors que vous empêchez Mon Royaume de trouver l'unité et la stabilité ! »
Sainte colère

C'est un vigoureux coup de gueule et le texte a du style.
Agréable et salutaire contre-point à cette douceatre lacheté qui n'est que la perversion grimaçante et immuno-déficiente de la vraie douceur évangélique. Merci XP

Rien à foutre des cités
Novembre 2005 : des hordes de populations étrangères, ou se voulant comme tel, ce qui est pire, ont mis la France à feu et à sang, incendiés aux cris d' « Allah Akbar », et comme toujours, les puissants, les Bourguignons et les traîtres qui font l’opinion publique avec leur sale argent nous ont vendu un petit peuple coupable de l’agression dont il fut victime, et la chienlit, saoulée de haine et de chichon, victime de ce dont elle était coupable ! Ainsi donc, la grande bourgeoisie a intimé l’ordre aux petites gens de rougir de honte devant la racaille. La catin à la culotte de satin a fait de l’œil à la catin de la cour des miracles pour l’encourager à détrousser la femme pauvre qui les fait vivre toutes les deux. Comme toujours. Eternelle solidarité entre parasites du haut et parasites du bas. Le diable ne varie pas ses coups, mais ils sont toujours efficaces. A tel point que votre serviteur en fut intimidé au point d’attendre des semaines avant d'écrire ce qu’il en pense, mais voici :

Depuis la seconde alliance, nous savons tout de la fraternité universelle et de l’infernal rendez-vous vers lequel nous allons tous, pleins de sanglots, la tête baissée et les mains dans les poches. Plus avant, le prophète Joël nous avait dit qu’aux derniers jours, nous parcourrons la surface de la terre pour nous serrer comme des veaux sur le Mont Josépha, toutes nations et générations confondues ; là, nous nous entendrons signifier le jugement final. Tous les hommes sont nos frères, et pour un chrétien, c’est une affaire entendue depuis 2000 ans. Si de surcroît, le Démon n’a pas planté dans sa chair les dards de l’incohérence et de la traîtrise, il est catholique. Si pour finir Dieu lui a fait la grâce de le faire naître sur le sol de France, il est Royaliste, et son cuir le préserve à jamais des sirènes de l’encyclopédie, du progrès universel, et du monstrueux chaos qu’ils appellent. Il sait dans ce cas que le « peuple Français » est une foutaise sans nom pondue par les psychopathes qui ont fait la Révolution Française, et que nos Rois avaient plus modestement des peuples, au même titre qu’il y a plusieurs places dans la maison du Père.

Pour le dire autrement, le Français Catholique et Monarchiste qui vous écrit se moque que se trouvent sur son sol des blacks, des Beurs, des Feujs, des femmes à barbes ou des mères célibataires, des pédérastes ou des hommes troncs. Mieux encore, je crois mordicus qu’une aussi prestigieuse carte de visite devrait me conférer quelques droits de regard sur les pensées de tous les démocrates athées que surveillent du haut de leur arbre le colonialiste Ferry, le racialiste Lapouge ou l’esclavagiste Voltaire. Pour ne rien dire d’Isaac le Chapellier et de la Bourgeoisie qui fit sienne ces conceptions révolutionnaires de la nation Française et du salariat pour envoyer les enfants de cinq ans dans les mines.

Je pourrais d’autant plus exiger qu’ils ferment leurs claques merdes quand je les vois se faire les gardiens de leurs prières inversées à la même tribune qu’ Hugo Chavez, Dieudonné, Ramadan, Bové, ou je ne sais quel autre nihilo-islamo-gauchiste contempteur de la civilisation Judéo-Chrétienne rongé par la haine. Cette haine qui fait toujours pleurer les yeux par millions, mais que seuls quelques-uns discernent quand elle est en germe. Je crois donc à la fraternité universelle, et mieux, je me sais d’une famille spirituelle plus armée qu’aucune autre pour la défendre.

Il n’empêche. Je ne prendrai jamais part à l’ivresse Panthéiste dont je vois l’homme de l’avant dernier jour être saisie. Je ne crois pas avec lui qu’ici bas, je suis déjà dans le tout ni que le tout est en moi. Je l’entends m’exhorter à venir reconstruire la tour de Babel, ignorant qu’un Dieu qu’il a oublié l’a rageusement détruite. Je n’oublie pas le jardin d’Eden, la chute et la séparation qui sera notre lot jusqu'à la Parousie. Je me bouche les oreilles avec de la cire quand le Diable, doucereux, me suggère à l’oreille d’aller vers l’autre, de me fondre en lui, et cela pour qu’il fasse de nos deux âmes une mélasse irrecevable devant le seigneur.

Je me marierai avec la fille de ma rue, ne trinquerai jamais qu’au Christ et au Roi, et jamais on ne me surprendra à chercher l’équilibre entre le vrai et le faux, le beau et le vilain, comme un centriste ou un conciliateur dégénéré.

Je ne tendrai pas la main aux jeunes des cités, qui se foutent de moi autant que je me fous d’eux, et que je haïrai aussi longtemps qu’il leur conviendra de me haïr chez moi. Car enfin, Satan aura beau jouer de toutes ses cordes vocales et me parler à l’oreille d’une voix mielleuse et journalistique, je ne perdrai jamais de vue qu’une petite frappe qui incendie l’une de mes églises au cri d’Allah Akbar ou jette ma mère par terre avant de la détrousser est un homme qui me hait, que je ne dois regarder dans les yeux qu’en prison, si ses pieds et ses mains sont attachées, s’il est tout nu, et qu’il supplie mon pardon avec des larmes dans ses yeux.

Je dirais en substance que sur mon sol je ne reconnais jamais le droit à la différence avant que l’on m’ait accordé le droit à l’indifférence. Je suis prêt à croiser le regard d’un Africain à condition qu’il reconnaisse mon droit intrinsèque d’autochtone à trouver sa culture chiante comme la mort, à préférer le métal aux rythmes de Bamako, à m’asseoir auprès de mes amis plutôt qu’à coté de gugusses en dreadlocks, pour me faire croire que je suis un homme « ouvert » !

L’époque a décrété de toute force qu’on déteste ceux qu’on ne connaît pas. Je crois pour ma part que cette haine qui marque si fort les temps modernes est le fruit de cette promiscuité partouzeuse dont elle a fait sa loi.
XP

dimanche, février 19, 2006

Le schisme d’Orient. Pourquoi ?

Le schisme d’Orient. La papauté et les Églises d’Orient XIe-XIIe siècles, Steven Runciman, Paris, Les Belles Lettres, 2005.

Le chapitre 1 ou « avant-propos » est un exposé des problématiques éclairant les circonstances culturelles et historiques qui aboutiront au schisme d’Orient et qui seront développées dans les chapitres suivants.
La lecture de l’ouvrage donne ainsi, parfois, une impression de redites car chaque événement est analysé à le lumière de cette grille de lecture.
Pour l’auteur, les deux pierres d’achopement qui domineront dans la séparation des deux églises d’Orient et d’Occident sont :
- L’ajout par les Occidentaux du Filioque dans le credo de Nicé-Constantinople
- La question de la suprématie de Rome sur les autres patriarchats.
Steven Runciman considère que ce second point est déterminant ce qui fait pencher pour l’état de schisme plus que d’hérésie.

Un long développement est consacré aux différences de mentalité et de comportement entre les chrétiens d’Orient et d’Occident.

La langue explique beaucoup de choses.
Les occidentaux parlant le latin et les orientaux le grec ne se seraient en effet, jamais vraiment compris (ce que confirmera, en 1090, Théophylacte, archevèque d’Ochrid dans une lettre au diacre Nicolas à propos du Filioque).
Avec le grec, la chrétienté orientale « héritera du goût des anciens hellènes pour la pensée spéculative ».
A l’inverse, « alors que le grec, souple et subtil convient parfaitement à l’expression de toutes les nuances de la pensée abstraite, le latin est beaucoup plus rigide ; il est clair, concret, rigoureux ; c’est l’instrument idéal des juristes. »
Ainsi, des erreurs de traduction involontaires furent causes de graves malentendus.

Il faut aussi prendre en considération la différence de niveau culturel et éducatif des deux sociétés.
« Il y eu toujours dans l’empire d’Orient une part importante de la population dont l’éducation pouvait se comparer à celle du clergé » et nombreux étaient ceux qui recevaient une solide formation théologique les rendant capables de discuter de ces sujets. « Cette proportion élevée de théologiens … amateurs ou professionnels » incita très tot les chrétiens d’Orient à ne pas donner de définition précise sur certains points de croyance. Ils accordaient, en revanche, la plus grande importance à l’observance des rites.
En Occident, au contraire, le christianisme se répandit plus lentement et fut confronté à un paganisme vivace, même dans les élites. C’est pourquoi l’Eglise mit l’accent sur l’unicité des croyances. Dès l’époque romaine, le niveau d’éducation était plus faible qu’en Orient et l’effondrement de l’empire d’Occident « eut un effet destructeur sur l’éducation ». Les clercs restèrent les seuls instruits ce qui conféra à l’Eglise d’Occident une position éminente.

Ce dernier point de la grille de lecture prend encore plus d’ampleur en raison des circonstances historiques.
Avec la disparition de l’empire d’Occident, l’Eglise reste la seule force non seulement spirituelle mais aussi politique. Ce qui survit de l’empire repose sur son organisation. Peu à peu, se met en place une « constitution autocratique de l’Eglise d’Occident sous la direction du pape » qui n’encourageait pas les spéculations religieuses mais entendait, au contraire, les enfermer dans un cadre rigide et légaliste.
De part sa position, le pape était, au moins implicitement, infaillible.
Il fallu de nombreux siècles pour que cette tendance ne trouve son plein épanouissement et Runciman reconnaît que « sans elle, l’Eglise de Rome n’eut pas survécu aux ages d’ignorance et d’obscurantisme »
En Orient, la présence de l’empereur, chef de l’Etat et de l’Eglise, ne permit jamais aux patriaches de prétendre à de telles prérogatives. De plus, en ces temps où Constantinople rayonnait sur le monde par sa richesse et sa culture, les patriarches ne pouvaient que s’impatienter des prétentions de Rome à une suprématie autre qu’honorifique sur l’ensemble de l’Eglise.

Ainsi, pendant les siècles précédant les croisades, il y eut, dès le départ, incompréhension entre les deux peuples chrétiens et incompatibilité de vues au sujet de l’autorité dans l’Eglise.
Leur façon d’aborder la théologie était aussi radicalement différente. « L’Occident avait une conception de la bonne et la mauvaise doctrine » quand l’Eglise d’Orient évitait, sur les points mineurs, « les affirmations et les condamnations doctrinales ».

Il y eu des périodes de crises et des périodes de réconciliation, souvent sous l’influence d’empereurs soucieux, pour des raisons politiques, de ménager les papes de Rome.
La paix eut été maintenue dans l’indifférence si « les grandes Eglises d’Orient et d’Occident n’avaient jamais été en contact » …
I. Barsof


Communiqué
Le jeudi 23 février à 20h15, les membres d'Europae Gentes proposent la deuxième conférence du cycle 2006 sur leur projet politique pour l'Europe: "le défi géopolitique"
Pour connaître l'adresse (à Paris), écrire à : victoire34@europaegentes.com

samedi, février 18, 2006

LA DIDACHÈ
ou Enseignement des douze apôtres
Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.
Chapitre III

1. - Mon enfant, fuis loin de tout mal et de tout ce qui lui ressemble.
2. - Ne sois pas colère, car la colère conduit au meurtre, ni jaloux, ni querelleur, ni emporté, car de tout cela naissent les meurtres.
3. - Mon enfant, ne sois pas convoiteux, car la convoitise conduit à l'impudicité; ne tiens pas de propos obscènes et n'aie pas le regard hardi, car de tout cela naissent les adultères.
4. - Mon enfant, ne sois pas augure, parce que cela conduit à l'idolâtrie, ni enchanteur, ni astrologue et ne purifie pas par l'externe; ne désire pas même regarder ces choses, car de tout cela naît l'idolâtrie.
5. - Mon enfant, ne sois pas menteur, parce que le mensonge conduit au vol, ni avare, ni vaniteux, car de tout cela naissent les vols.
6. - Mon enfant, ne sois pas murmurateur, parce que cela conduit au blaphème, ne sois pas arrogant, ni malveillant, car de tout cela naissent les blasphèmes. Mais sois doux, puisque les doux recevront la terre en héritage.
7. - Sois longanime, miséricordieux, sans méchanceté, paisible, bon; garde toujours en tremblant les paroles que tu as entendues.
8. - Tu ne t'élèveras pas toi-même et tu ne livreras pas ton coeur à la présomption.
9. - Ton âme ne s'attachera pas aux orgueilleux, mais se plaira avec les justes et les humbles.
10. - Accueille comme des bienfaits les choses extraordinaires qui t'arrivent, sachant que rien ne se produit en dehors de Dieu.
Un petit schéma pour servir à la compréhension du monde
Paru dans B.I. n° 107

vendredi, février 17, 2006

16 février 2006 à Porto Alegre:
le 3e jour de la 9ème Assemblée du Conseil Oecuménique des Eglises
Par Iulian Nistea
Lecture du document "Appelés à être l'Église une " rédigé sous la direction de Mgr Gennadios (Patriarcat de Constantinople).

jeudi, février 16, 2006

Trois citations pour servir la liberté



"Il n'y a qu'une chose que les hommes préfèrent à la liberté, c'est l'esclavage"
Dostoievski


« Que fuyez-vous ainsi, imbéciles ? Hélas ! C’est vous que vous fuyez, vous-mêmes - chacun de vous se fuit soi-même, comme s’il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa graine de peau. On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas ! La liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles ! » Bernanos



"La vraie liberté est un élan total orienté tout entier vers le Bien et qui ne connaît aucune interrogation ni hésitation".
Saint Maxime le Confesseur
In théosis
Les dernières nouvelles du Père Iulian Nystéa en direct du C.O.E. à Porto Alegre

"Pour commencer la journée, le moderateur nous propose un petit jeu, et nous (quelques 7-800 personnes présentes) sommes tous bien d'accord de le jouer: le moderateur annonce / appelle un continent, toutes les personnes de ce continent se tiennent debout, il dit un mot (en anglais) et nous, les participants, devons répéter ce mot à haute voix, tous en même temps, dans notre propre langue. Nous sommes en majorité des européens et des américains. Commencons donc:

* Océanie: hello
* Africa: freedom
* Asia: transformation
* Europe: forgiveness
* Amérique latine: wellcome
* Amérique du Nord: sorry

Oups! Le cri SORRY des quelques centaines d'américains présents a bien resonné dans la salle !

C'est rigolo ce jeu, de projection subliminale et manipulation mentale des groupes, n'est pas?...

Maintenant nous sommes préparés pour commencer l'étude biblique: évangile selon saint Luc, chapitre 4 - le debut du ministère publique de Jésus.

La lecture du texte de l'évangile dans l'anglais de la traduction "Caribbean" nous est faite par un couple: lui, il fait la voix de l'évangeliste qui raconte; elle, elle fait la voix de Jésus. En addition, pour completer cette lecture et mieux la compredre, un ballet nous est proposé: une balerine en vert-printemps (belle femme!) fait Jésus déclenchant son ministère.

Peut être je suis trop sensible, mais pour dire la verité, suite à cette manifestation artistico-théologique je me suis tiré vers le café du coin (car il fait bien chaud à Porto Alegre) pour écrire ces lignes, en me disant que je comprends maintenant pour quoi nombre d'orthodoxes se sont, comme moi ce matin, tiré un beau jour de ce genre d'assemblées..."

Suite

mercredi, février 15, 2006

La turquie n’a que faire de racines européennes.

On le sait, le président turc Ahmet Necdet Sezer a invité officiellement Benoît XVI « pour une visite officielle d’état qui débutera le 28 novembre ».
Le voyage devrait avoir surtout une dimension œcuménique. On se souvient que le 30 novembre dernier, en la fête de l’apôtre saint André, frère de saint Pierre, et patron du patriarcat œcuménique de Constantinople, le pape avait adressé un message à Bartholomaios Ier.
« L’Eglise catholique, écrivait le pape, est engagée de façon irrévocable dans la promotion de toute initiative utile pour fortifier la charité, la solidarité et le dialogue théologique ».Il disait en outre espérer que les chrétiens arrivent à « une communion toujours plus profonde, pour dépasser les obstacles qui demeurent encore », afin de « pouvoir célébrer ensemble la Sainte Eucharistie, sacrifice du Christ pour la vie du monde ».

Pourtant, alors que l’église de Constantinople a été fondée en l’an 31 par l’apôtre André, frère de Pierre, qu’en 324, soit onze siècles avant l’arrivée des turcs, le patriarchat de Constantinople reçoit le titre de « nouvelle Rome », le mouvement nationaliste turque "La Plateforme des forces nationales" mène une campagne de pétition visant à l’expulsion du patriarchat œcuménique en Grèce. Il devrait obtenir 5 millions de signatures et la pétition sera présentée au président de la République de la Turquie Ahmet Necdet Sezer.

Plus de patriarchat, plus de visite officielle. Cela va de soi.

Mais nous touchons là les raisons profondes qui font que la Turquie ne peut être intégrée à l’Europe et qui ne sont pas, uniquement, géographiques. Ce sont ces mêmes raisons qui, au fond, opposent les tenants et adversaires de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Il faut les rappeler ici :

Après avoir rétabli l'unité de l'Empire romain et avoir reconnu le christianisme comme religion d’état, Constantin le Grand, en 330, fonde Constantinople, la «nouvelle Rome». Il va ainsi contribuer à déplacer le centre de gravité de l'Empire romain devenu chrétien vers l'Orient.

Après que la partie occidentale de l’empire romain, notre actuelle Europe, se fut effondrée sous les coups des invasions barbares, l’empire romain d’Orient, dit « empire byzantin », fut, pendant encore 1000 ans, l’héritier de cet immense espace géographique et civilisationnel dont, nous, Européens contemporains, tirons une part « essentielle » de notre identité.

L’empire romain et chrétien d’Orient intégrait donc l’actuelle Turquie mais aussi tous les rivages sud de la méditerranée.
Les soit disant « racines musulmanes de l’Europe » chères à Monsieur Chirac sont donc un non-sens. La vérité est au contraire que les pays musulmans qui bordent la Méditerrannée ont tous des racines chrétiennes.
C’est la répudiation de celles-ci par les dits pays et l’hostilité farouche à l’égard de tout ce qui pourrait leur rappeler, qui font, qu’en aucun cas, aucun de ces pays ne peut prétendre à une quelconque européanité car celle-ci, est absolument indissociable du christianisme en dehors duquel elle ne peut prétendre à aucune existence propre.

Les interactions de l’histoire et de la géographie font, qu’à vue humaine, l’orient méditerranéen semble définitivement sorti de la civilisation européenne.

L’Europe continent, ne peut, par conséquent, tourner son regard que vers les espaces restés chrétiens.
A l’Est.

Source des cartes:
Empire romain
Empire byzantin

Des nouvelles, jour aprés jour, de la 9ème Assemblée du Conseil Oecuménique des Eglises à Porto Alegre par le père Iulian Nistéa.
Aujourd'hui, les demandes orthodoxes de réforme du C.O.E.

mardi, février 14, 2006

2 février (calendrier julien)
Présentation de Jésus au temple
Réjouis-toi, Pleine de grâce, Vierge Mère de Dieu,
car de toi s’est levé le Soleil de Justice,
le Christ notre Dieu, illuminant ceux
qui étaient dans les ténèbres.
Réjouis-toi aussi, juste vieillard Siméon,
car dans tes bras tu as porté le libérateur de nos âmes
qui nous permet de prendre part
à sa divine Résurrection.
14/02/2006 :
Début de la 9e assemblée du Conseil œcuménique des Eglises

C’est aujourd'hui que débute la 9e assemblée du Conseil œcuménique des Eglises à Porto Alegre, au Brésil. Elle s’y tiendra jusqu’au 23 février. Il sera possible de suivre en direct, par l’Internet, certaines réunions. Le site internet de l’assemblée, en plusieurs langues, est très riche. De nombreuses manifestations sont prévues, des séances plénières, des entretiens oecuméniques et beaucoup d’autres. Parmi les documents mis à disposition sur le site, dans le cadre des Etudes bibliques, se trouve une exégèse du père Serge Hackel, né au ciel il y a un an, intitulée « L’eau et la source jaillissant en vie éternelle ». De nombreux délégués orthodoxes s’y rendront, comme le doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, l’archimandrite Job (Getcha), le père Iulian Nistea, de l’Eglise roumaine (Paris), Antoine Arjakovsky, directeur de l’Institut d’études œcuméniques à Lviv (Ukraine), ou encore Mgr Hilarion (Alfeyev) à la tête de la délégation du Patriarcat de Moscou.
Source
Mardi 14 février: l'Eglise catholique fête
Saint Méthode et Saint Cyrille
Patrons de l’Europe

Méthode et son frère Constantin étaient fils d'un haut fonctionnaire de Byzance en poste à Thessalonique. C'est là qu'ils naquirent vers 825. Après avoir étudié à Constantinople, ils furent envoyés par le patriarche Photius en Moravie, où ils eurent un grand succès apostolique en traduisant la Bible et en célébrant la liturgie en slavon.
Mais ils furent dénoncés au pape Nicolas I par les missionnaires latins et durent se rendre à Rome pour se disculper (868). Ils emportèrent avec eux les reliques du pape saint Clément qu'ils avaient découvertes, ou cru découvrir en Crimée.
Aussi furent-ils reçus avec grand honneur dans la cité apostolique. Constantin devait bientôt y mourir, après avoir fait profession monastique sous le nom de Cyrille (14 février 869).
Quant à Méthode, le pape l'ordonna archevêque de Sirmium et le renvoya en qualité de légat pour tous les pays slaves. Quelques malentendus devaient encore surgir entre Rome et le légat au sujet de la langue liturgique, mais ils furent sans gravité. Lorsque Méthode mourut à Velehrad (Tchécoslovaquie), le 6 avril 885, on célébra ses obsèques en latin, en grec et en slavon.
Avant de mourir, saint Cyrille avait supplié le Seigneur de faire de son peuple « un peuple unanime dans la vraie foi et la profession de cette foi » .
C'est sa prière que nous adressons à Dieu pour tous les peuples slaves d’Europe en la fête de leurs deux apôtres.

lundi, février 13, 2006

Schisme ou hérésie ?

Le schisme d’Orient. La papauté et les Églises d’Orient XIe-XIIe siècles, Steven Runciman, Paris, Les Belles Lettres, 2005, 203 p.

La question fait débat depuis longtemps entre catholiques romains et orthodoxes.
Elle n’est pas triviale.
« Un schisme se définit ordinairement comme une faction au sein de l’Eglise , alors qu’une hérésie consiste en une erreur doctrinale » qui affecte la foi et les sacrements.
Au delà des déclarations péremptoires des uns ou des autres, la question n’a jamais été tranchée.
Le serait-elle, d’ailleurs, que le problème resterait entier car au delà du fait resterait la question de l’intention.

L’ouvrage de Steven Runciman (1903-2000) paraît, à l’égard de cette problématique, tout à fait fondamental. Professeur à Cambridge, il fut l’un des plus grands historiens de notre temps. Il est l’auteur d’une magistrale « histoire des croisades » et de nombreux ouvrages sur le monde méditerranéen médiéval.

Soleil d’hiver reviendra à plusieurs reprises, au cours des semaines à venir sur cet ouvrage de lecture facile mais d’une grande densité. Ce n’est pas un traité. 145 pages mais 23 pages de notes et références bibliographiques. De quoi travailler quelques temps.

Il publie aujourd’hui la recension de Jean-Claude Larchet parue sur orthodoxie.com
Ultérieurement, il publiera l’analyse et le résumé de chacun des 8 chapitres de cet ouvrage

Chap. 1 : Avant-propos
Chap. 2 : Michel Keroularios
Chap. 3 : de 1054 à la première croisade
Chap. 4 : Les Eglises et les croisades
Chap. 5 : Diplomatie et polémiques
Chap. 6 : Colères et déchainements populaires
Chap. 7 : La quatrième croisade
Chap. 8 : La date et la nature du schisme

Indispensable à ceux, laïques ou religieux, qui veulent penser l’Unité de l’Eglise.
Il n’a pas seulement vocation à culture générale mais à examen de conscience.

Ce petit livre, publié en anglais en 1955 mais traduit pour la première fois en français, reproduit une série de conférences données à l’Université d’Oxford, où l’auteur se donne pour tâche de raconter, de manière concise et claire, l’histoire de la rupture entre l’Église de Rome et les Églises d’Orient en la replaçant dans son cadre historique.
La thèse principale de l’ouvrage est que la date de 1054, habituellement donnée comme moment de la rupture est quasiment conventionnelle, ne représentant qu’un épisode, parmi beaucoup d’autres, d’une séparation qui en réalité est due à plusieurs facteurs (en particulier politiques) et s’étend sur plusieurs siècles.
Parmi les raisons de la séparation, l’auteur insiste particulièrement sur la façon toute politique et juridique dont la papauté conçut son rôle, et les prétentions de celle-ci à dominer l’ensemble du monde chrétien. « L’Église d’Occident tendait à devenir une structure centralisée sous l’autorité d’un chef autocrate et inspiré d’en haut, un corps dirigé par des administrateurs et des juristes expérimentés, dont la théologie reflétait les ambitions. » Cette tendance trouva son plein épanouissement sous les papes Grégoire VII et Innocent III, et fut fortement encouragée par les empereurs germaniques dans le cadre d’une stratégie de concurrence et de rupture avec l’empire byzantin, mais l’auteur remarque qu’elle était présente depuis longtemps déjà dans l’Église de Rome et qu’ « il y eut dès l’origine une incompatibilité de vues entre l’Est et l’Ouest au sujet de l’autorité ecclésiastique », la constitution de l’Empire byzantin n’ayant jamais accordé à son Église « les droits que les papes se donnèrent » (p. 21).
En dehors de ce facteur politique, différents facteurs relatifs au dogme, aux pratiques liturgiques et à la discipline ecclésiastique, furent aussi des causes de dissension, qui s’établirent progressivement, mais dont on prit conscience surtout lors de certains moments de crise souvent liés à des facteurs politiques.
Le principal élément dogmatique générateur de rupture fut l’introduction, par l’Église de Rome, du Filioque dans le Credo. Celle-ci se fit dans certaines régions (en particulier en Espagne) d’une manière discrète et qui restait dogmatiquement acceptable (parce qu’elle entendait signifier seulement la communauté de nature du Père et du Fils) dès l’époque de la crise arienne. Mais sa généralisation dans l’Église latine, accompagnée d’une justification théologique qui s’éloignait de l’orthodoxie, se fit sous l’influence de la théologie franque, elle-même instrumentalisée par les empereurs germaniques (en particulier Charlemagne) à des fins purement politiques : s’approprier l’autorité que les empereurs de Byzance avaient jusqu’alors sur l’ensemble de l’empire romain, et se servir de la papauté à cet effet. Ce processus remonte au IXe siècle mais s’est poursuivi dans les siècles suivants, car certains papes refusèrent d’être les instruments dociles du pouvoir séculier tout en se voulant fidèles à l’orthodoxie de la foi héritée des Apôtres et des Pères. L’auteur rappelle en particulier la courageuse résistance du pape Léon III qui fit graver sur des plaques d’argent destinées à être fixées sur les murs extérieurs de Saint-Pierre de Rome le Credo sans le Filioque ; il rappelle aussi que dans les églises de Paris, on chanta jusqu’au XIe siècle le Credo sous sa forme originelle et inaltérée (p. 36). Le pape Jean VIII, successeur de Léon III, observa la même attitude que lui, et ce fut « le retour de l’influence allemande à Rome à la fin du Xe siècle qui eut comme conséquence la réapparition du Filioque » qui, sous la pression fut finalement accepté « comme faisant partie de la doctrine officielle ».
Sur le plan des pratiques liturgiques, une cause importante de divergence fut l’introduction par l’Église de Rome de l’usage du pain azyme pour l’eucharistie et, sur le plan de la discipline ecclésiastique, l’imposition, par l’Église latine, du célibat à ses prêtres.
Pourtant selon l’auteur, au début du XIe siècle, on n’avait pas, au sein du peuple chrétien même, l’impression que l’unité de la chrétienté fût rompue ni qu’il existât une volonté de rupture ; seuls les hiérarques avaient pris conscience de l’éloignement qui s’était accompli et des risques de séparation qu’il comportait.
Selon l’auteur, la crise de 1054 donna lieu de part et d’autre à un durcissement des positions (où les deux parties allèrent jusqu’à se faire des reproches sans commune mesure avec la réalité), mais le conflit fut surtout un conflit personnel entre Michel Cérulaire et le légat du pape, Humbert de Moyenmoutier, ce dernier portant la principale responsabilité de la rupture par ses manœuvres à la fois maladroites et agressives. L’épisode passa presque inaperçu à Constantinople, mais fit en Occident l’objet d’une large publicité dans un contexte où la papauté visait plus que jamais à affirmer sa prééminence. Les deux parties se raidirent davantage, mais continuèrent cependant à dialoguer.
La rupture, selon l’auteur, fut consommée par la quatrième croisade (1204) qui, détournée de son but, aboutit au sac de Constantinople (p. 125 sq.). « Le sac de Constantinople par les croisés, écrit Runciman, est l’un des événements les plus tragiques et les plus révoltants de l’histoire. Les Byzantins étaient fiers à juste titre de leur savoir et de leur culture. Ils voyaient maintenant leurs bibliothèques livrées aux flammes, avec tous les manuscrits de l’Antiquité et toutes leurs œuvres d’art du passé ou du présent. Ce que souffrirent dans leur chair les hommes, les femmes et les enfants, les prêtres, les moines et les moniales, fut encore plus horrible. Mais ce qui choqua plus que tout l’Orient dévot fut la profanation des églises. À Sainte-Sophie, des prostituées franques firent résonner le sanctuaire de leurs clameurs et de leurs obscénités. L’une d’elles prit place sur le trône patriarcal, et y reçut pour un instant l’hommage dérisoire des soldats francs occupés à décrocher les tentures de soie, et à briser la grande iconostase et l’autel d’argent. Aucune église ne fut épargnée. Il est impossible de faire une estimation de tout ce qui fut détruit sans autre but que la destruction. Ce qui subsista fut emmené par les vainqueurs » (p. 129). On comprend que « cet événement enracina chez les chrétiens d’Orient une haine profonde et durable du monde latin. Ils n’oublièrent jamais, ni ne pardonnèrent la quatrième croisade. Ce fut alors que le schisme entre les Églises grecque et latine fut définitivement consommé » (ibid.).
Les efforts tentés au XIIIe et au XIVe siècle par certains empereurs byzantins pour se rapprocher de Rome eurent surtout pour cause le besoin d’en recevoir des secours devant la montée du péril turc. Mais les arrangements qu’ils firent furent systématiquement rejetés par le clergé et la population de Byzance qui avaient depuis longtemps déjà rompu avec le monde latin.
Comme le note l’éditeur, « la plupart des auteurs qui ont traité de ce sujet appartiennent au monde latin et, sans mettre en doute leur intégrité, il n’en reste pas moins que Byzance et son Église ont été jugés par défaut. L’ouvrage de Steven Runciman a le grand mérite de l’aborder en toute objectivité et de prendre en compte autant que possible le point de vue des chrétiens d’Orient. »
Jean-Claude Larchet

samedi, février 11, 2006

LA DIDACHÈ
ou Enseignement des douze apôtres
Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.

Chapitre II

1. Voici maintenant le second commandement de l'enseignement : Tu ne tueras point; tu ne commettras point d'adultère; tu ne souilleras point les enfants; tu ne seras point impudique; tu ne déroberas point; tu ne t'adonneras point à la magie; tu ne prépareras point de breuvages empoisonnés; tu ne tueras point l'enfant par avortement et tu ne le feras pas mourir après sa naissance.
2. Tu ne convoiteras point ce qui appartient au prochain; tu ne seras point parjure; tu ne porteras point de faux témoignage; tu ne médiras point; tu ne seras point rancunier.
3. Tu n'auras pas de duplicité dans tes pensées ni dans tes paroles, car la duplicité est un piège de mort.
4. Ta parole ne sera pas mensongère ni vide, mais pleine d'action.
5. Tu ne seras pas cupide, ni rapace, ni hypocrite, ni dépravé, ni orgueilleux.
6. Tu n'écouteras aucun mauvais conseil contre ton prochain.
7. Tu ne haïras aucun homme, mais tu reprendras les uns, tu prieras pour les autres, tu aimeras les autres plus que ton âme .
L'outil anti-désinformation sur les Balkans
B. I. (ex-Balkans-Infos)


est un mensuel de politique internationale totalement indépendant de tout gouvernement, institution ou parti, qui paraît depuis près de sept ans. Il n’est diffusé que sur abonnements.

Fondé à l’origine pour réagir aux mensonges des grands médias concernant la Yougoslavie et les Balkans, il est devenu un organe de référence généraliste dans une dénonciation d’ensemble de l’impérialisme économique, du fanatisme religieux et de la désinformation.

Il a été le premier à explorer les dessous de la politique internationale dans les Balkans. Il a été le seul à “sortir”, il y a des années, des affaires découvertes depuis peu par les grands médias, comme le soutien occidental des terroristes musulmans en Bosnie et au Kosovo, l’emploi par l’OTAN d’armes à l’uranium appauvri ou la mainmise de la mafia albanaise sur le trafic de drogue et la prostitution en Europe. Il a mis à jour les plans américains de conquête du monde et les plans allemands de découpage de l’Europe. Il a découvert les cartes secrètes de la régionalisation ethnique du continent. Il a dénoncé les buts cachés du droit d’ingérence et de la soit-disant guerre “humanitaire”. Il a révélé les liens entre la famille Bush et les proches de Ben Laden, et comment les USA ont armé l’Irak avant de lui faire la guerre pour son pétrole.
l’État et la religion

L’affaire de caricatures est une affaire hautement régalienne parce qu’elle perturbe les relations entre la France et les pays musulmans et parce qu’elle monte des communautés les unes contre les autres, ce dont nous n’avions pas besoin.. Mais c’est aussi une affaire républicaine parce qu’elle empoisonne l’Etat du même nom qui ne sait comment en même temps donner des gages aux intégristes de la liberté d’ expression, calmer des Musulmans dont il a tout de même un peu peur, et préserver la laïcité que lui inspire l’ancrage à gauche de son système politique. Comment donner raison aux Musulmans sans en faire un précédent pour les Chrétiens ? « Avec la séparation de l’Église et de l’État, nous confiait un jour un jeune étudiant de Sciences Po, la question religieuse est réglée une fois pour toutes ». Pas si sûr.

La laïcité, nous le savons bien, a été fondée par le Christ : « Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu ». Nous disons bien « laïcité » et non « laïcisme », bien sûr, cette dernière idéologie étant celle de la république, celle à laquelle pensait notre jeune étudiant et qui devait tout régler. Elle veut pour cela séparer le religieux du politique et évincer ainsi la religion de la sphère publique pour la cantonner à la sphère privée. Mais elle méconnaît de ce fait « la nature profonde de l’homme, être à la fois personnel et social dans toutes ses dimensions, y compris dans sa dimension spirituelle, » (Jean-Paul II). La république ne peut faire autrement car, reposant sur le primat absolu de la volonté générale, exprimée, prétend-elle, par le vote, elle ne reconnaît aucune loi supérieure à la loi civile, ce que Jacques Chirac avait dit explicitement lors d’une visite de Jean-Paul II en France. Seule la loi civile, pour la République, dit le bien et le mal, ou plutôt le bien et le mal sont réduits au légal et à l’illégal. Or, comme le dit Yves-Marie Adeline dans Le Pouvoir légitime, la loi ne peut pas dire le bien. Elle peut juste interdire le mal. Mais la norme du bien et du mal n’est pas accessible à la raison humaine. Sans compter que cet absolu de la loi ouvre la porte à tous les totalitarismes, au despotisme d’une majorité de passage, en s’appuyant sur l’hédonisme le plus vil. Ne nous y trompons pas. Le laïcisme est une sorte de religion, une religion immanente, sans dieux autres que l’homme et ses pulsions. Elle ne peut donc pas supporter la présence des autres religions, parce qu’elles enseignent la vocation transcendante de l’homme.

L’Alliance Royale refuse l’amputation de la dimension spirituelle des hommes. Dès lors devons-nous réclamer une espèce de théocratie où la loi divine serait confondue avec la loi civile ? Il ne s’agirait ni plus ni moins que d’une confusion entre le spirituel et le temporel contraire à l’enseignement le plus constant de l’Église. Par cette confusion la religion qui voudrait faire le salut des hommes et régenter le temporel imposerait par la force ses préceptes. Elle oublierait alors que la démarche spirituelle doit être volontaire, libre, sous peine de perdre toute valeur. Elle tomberait alors dans un totalitarisme inhumain. Solution inacceptable.

Entre ces deux extrémismes, ces deux pôles que constituent la séparation de l’Église et de l’État, d’une part, et la confusion du spirituel et du temporel, d’autre part, l’Alliance Royale réclame une distinction des deux domaines, ce qui est la laïcité bien comprise. C’est d’ailleurs ce que prône l’Église Catholique dans de nombreux documents. Lisons Jean-Paul II (Lettre du Saint-Père aux évêques de France, 12/02/2005) : « Le principe de laïcité, auquel votre pays est très attaché, s’il est bien compris, appartient aussi à la Doctrine sociale de l’Église. Il rappelle la nécessité d’une juste séparation des pouvoirs (cf. Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, nn. 571-572), qui fait écho à l’invitation du Christ à ses disciples : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Lc 20, 25). Pour l’Eglise, la laïcité de l’État, qui doit être entendue comme une non-immixtion du pouvoir civil dans la vie de l’Église et des différentes religions, comme dans la sphère du spirituel, permet que toutes les composantes de la société travaillent ensemble au service de tous et de la communauté nationale. De même, comme le Concile ½cuménique Vatican II l’a rappelé, l’Église n’a pas vocation pour gérer le temporel, car, « en raison de sa charge et de sa compétence, elle ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique et n’est liée à aucun système politique » (Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 76 § 2 ; cf. n. 42). Mais, dans le même temps, il importe que tous travaillent dans l’intérêt général et pour le bien commun. C’est ainsi que s’exprime aussi le Concile : « La communauté politique et l’Église, quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exercent d’autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu’elles recherchent davantage entre elles une saine coopération » (Ibid., n. 76 § 3). »

Cette distinction est donc bien autre chose qu’une séparation ou une confusion. Les deux institutions doivent coopérer. Mais cela n’est pas tout. Nous l’avons vu, il est impératif que l’État se réfère à une vérité transcendante. C’est la meilleure garantie contre le totalitarisme et l’arbitraire. C’est déjà la leçon d’Antigone.

Remarquons que quasiment tous les pays du monde, à l’exception de la France et de la Chine, triste compagnonnage, appliquent, peu ou prou, cette conception de la laïcité, sous ce nom ou pas. L’Alliance Royale pense que notre pays gagnerait à ne pas faire exception. En France, la puissance spirituelle traditionnelle est l’Église Catholique. Celle-ci a participé à l’édification de notre nation. Le catholicisme est le substrat sur lequel repose notre culture. C’est encore la religion majoritaire des Français. Si bien que l’Etat doit se référer à la spiritualité catholique comme lui permettant d’agir avec harmonie dans la sphère sociale. Mais l’homme est ainsi fait que cette reconnaissance ne doit pas rester un voeu pieu mais s’accomplir de façon tangible dans ses institutions. Le roi doit donc associer sa couronne à l’Eglise. Par cette consécration, il demeure libre comme chef d’Etat mais reconnaît une réalité transcendante qui inspirera ses actes et ceux des institutions régaliennes. Celles-ci, chargées de la souveraineté et de la cohésion nationales, sont nécessairement inspirées par des principes qui dépassent les pulsions et les pressions du moment et répondent aux aspirations les plus profondes des Français. Bien entendu, cela ne veut pas dire que tous les citoyens devront se soumettre à l’autorité religieuse. Ce serait retomber dans la confusion. Chacun doit rester libre de ses croyances. Mais c’est dans la sphère publique, distincte de la sphère régalienne, que peut s’exercer cette liberté. Mieux que cela et en cela bouclant la boucle, c’est justement parce que l’Etat régalien s’appuie sur une réalité transcendante qu’il ne craint pas la liberté de conscience et peut tolérer les religions dans leur diversité.

Ainsi, l’Alliance Royale, bien que laïque, s’est consacrée dès sa création au Sacré-coeur. Elle demeure le seul parti politique à avoir mené une telle démarche. Mais elle n’est pas pour autant un « parti catholique ». Ce serait d’ailleurs contraire à l’enseignement de l’Église (cf. le texte de Jean-Paul II ci-dessus). Elle accueille d’ailleurs des membres de toutes les confessions, sans leur demander de comptes. Mais par sa consécration, elle a voulu signifier la nécessité de faire collaborer le politique et le religieux.