jeudi, mars 30, 2006

Sœur prodigue (4)
Réflexions d'un fils de l'église romaine

Quelles sont donc ces doctrines contraires à la Foi qui feraient que l’église catholique romaine est hérétique ?

La position de Photios sur le Filioque, parfaitement en accord avec la tradition de l’Eglise, revenait aussi à remettre en cause les prétentions affichées de Rome à sa suprématie sur l’Eglise universelle et à l’ infaillibilité « de fait » du pape.
Ainsi, la question du Filioque a introduit celle de l'autorité pastorale et magistérielle dans l'Église ; plus spécifiquement, celle de l'autorité de l'évêque de Rome à résoudre définitivement les questions dogmatiques, simplement en vertu de sa charge.
Le concile de 787 s'exprimait aussi au sujet du siège romain avec grand respect et attribua aux légats du pape leurs prérogatives traditionnelles de présidence, reconnaissant leurs droits d'ouvrir et de clore les discussions et de signer les documents en premier. Néanmoins, les documents ne livrent aucune indication que les évêques présents auraient reconnu une quelconque primauté de juridiction au siège de Rome au-delà de la compréhension patristique de la communion des Églises et de la théorie canonique de la pentarchie (VIe siècle).

Sur ce second point de doctrine, on se réfèrera aux longs développements de Runciman.
L’histoire explique clairement ce qu’il faut bien appeler la dérive autocratique romaine puisque qu’elle constitue une rupture nette avec la Tradition.
L’excuse t-elle, c’est une autre affaire.
La théologie catholique a fini par considérer que proclamer et élucider la foi de l’Eglise est un exercice légitime de l'autorité papale, là où les orthodoxes, en cohérence avec la tradition ecclésiale du premier millénaire, considèrent que l'approbation finale par les papes, au XIe siècle, de l'emploi du Filioque dans la Credo latin est bien une usurpation de l'autorité dogmatique n'appartenant qu'aux Conciles œcuméniques.

Cette prétention de Rome au magistère suprême, n’a, depuis, cessé de se confirmer, des incroyables « dictatus » de Grégoire VII en 1075 jusqu’à l’affirmation du dogme de l’infaillibilité papale, au concile Vatican I de 1870. La seule définition dogmatique engageant l’infaillibilité pontificale prise depuis lors est celle de l’Assomption de Marie (1950).
Quant au dogme de l’Immaculée Conception dont la formulation catholique est aussi contestée par les orthodoxes (dont la dévotion à Marie, Théotokos, est au moins aussi grande que celle des catholiques), elle est antérieure de 16 ans au concile Vatican I et déjà, Bernard de Clairvaux et Thomas d'Aquin étaient hostiles à cette idée apparue au XIIème siècle.

Il n’est pas inintéressant de considérer que si tous les autres Évêques de Rome professant le Symbole universel de la Foi orthodoxe, dit de Nicée-Constantinople, et le pape Jean VIII condamnant expressément le filioque étaient, a priori, infaillibles, leurs successeurs, en adoptant et en généralisant le filioque ne l’étaient plus. Ou alors, c’est l’inverse. Dans tous les cas, il y a, quelque part une discontinuité dans l’infaillibilité …Le dogme étant l’affirmation d’une vérité intemporelle, il n’y a plus de « dogme » de l’infaillibilité.

Que l’histoire ait conduit à la mise en place d’une « constitution autocratique de l’Eglise d’Occident sous la direction du pape » et que sans elle, comme le reconnaît Runciman, « l’Eglise de Rome n’eut pas survécu aux ages d’ignorance et d’obscurantisme », on peut en convenir.
Mais ces circonstances contraignantes ne sont plus depuis longtemps et rien ne justifie, au regard de l’Unité et de la stabilité de l’Eglise, que les effets s’en fassent sentir jusqu’à nos jours, sauf « course aux fidèles » que l’Eglise catholique est en train de perdre

Suite lundi 3 avril

mercredi, mars 29, 2006

Une Europe qui s’effondre
par Gérard Leclerc

Parmi tous les discours possibles sur l’Europe, il en est un singulièrement discret. C’est celui qui concerne l’Europe démographique, avec l’effondrement de ses courbes de naissances et parfois la perspective de disparition de la population. Un seul exemple, celui de l’Allemagne. Selon l’Institut berlinois pour la population et le développement, le pays d’Angela Merkel a le plus petit nombre d’enfants pour mille habitants de la planète. On est parvenu au taux record de 1,36 enfant par femme en âge de procréer.

Si l’on considère le cas de l‘Italie et de l’Espagne, la situation n’est guère meilleure, de telle sorte qu’on est bien obligé de constater que c’est un hiver démographique qui s’est précipité sur notre continent et qu’il en faut imputer la cause la plus déterminante à la fameuse révolution contraceptive, célébrée sur tous les tons comme une conquête féminine.

Lorsque le pape Paul VI eut le courage de s’opposer à la dite révolution, il fut l’objet d’une campagne de dénonciation retentissante. Aujourd’hui encore, certains voudraient sommer l’Église catholique de renoncer à son interdit afin de répondre aux justes attentes du monde moderne. On affirme que pour la première fois dans l’histoire, la femme a acquis la maîtrise de sa fécondité, défiant les fatalités archaïques.

C’est oublier un peu vite la leçon de Martin Heidegger sur l’impérialisme de la technique. Il n’est pas vrai que celle-ci soit neutre et s’offre à la disposition du libre-arbitre. Elle met les individus en condition de se soumettre à sa rationalité instrumentale, disposant d’eux, précise le philosophe, comme d’un fonds disponible. La démographie européenne, domestiquée par la technique contraceptive, confirme le diagnostic heideggerien, jusque dans ses aspects nihilistes.
Eric Zemmour, dans un essai vif et provoquant, n’hésite pas à remuer le couteau dans la plaie, en associant le destin funeste de cette pseudo-maîtrise à la dissociation familiale et à l’explosion d’un divorce qui abandonne les femmes à leur solitude : “Les mères célibataires n’ont jamais été aussi nombreuses ; jamais aussi pauvres (1).”

N’est-il pas temps de réfléchir pour constater que les évolutions célébrées comme libératrices sont, en fait, régressives et aliénantes. Bien sûr, il ne s’agit pas de médire de ce qui favorise un véritable partenariat entre les hommes et les femmes et de ce qui permet une procréation responsable. La dynamique biblique de l’Alliance doit trouver dans les conditions modernes les moyens d’un nouvel accomplissement. Celui qui respectera la différence des sexes, la réciprocité des complémentarités. Et aussi l’ouverture à la vie, l’accueil d’une promesse pour d’autres générations.
[1] Eric Zemmour, Le Premier sexe, Denoël, 2006, 133 p., 9,50 €
Source

mardi, mars 28, 2006

Le multiculturalisme bien compris
Par Henri Védas pour le Salon Beige

A une époque, les Britanniques en Inde devaient faire face à la pratique du sâti - cette tradition qui consistait à brûler des veuves sur le bûcher funéraire de leur mari. Le Général Sir Charles Napier était d'un multiculturalisme parfait : "Vous dites que c'est votre coutume de brûler les veuves. Très bien. Nous aussi nous avons une coutume : quand des hommes brûlent une femme vivante, nous attachons une corde autour de leur cou, et nous les pendons. Construisez donc votre bûcher funéraire; à côté, mes charpentiers construiront une potence. Vous pourrez suivre votre coutume. Et après, nous suivrons la nôtre."
Abdul Rahman, libéré

Abdul Rahman, emprisonné et menacé de la peine de mort pour s’être converti au christianisme "a été libéré de prison", a annoncé mardi le ministre afghan de la Justice, Sarwar Danish.

"Il a été libéré de prison hier soir" a affirmé le ministre en invoquant "plusieurs raisons" pour expliquer cette libération."Le dossier comportait des failles techniques qui ont conduit le tribunal à interrompre le procès. D’autre part, sa fille et ses cousins ont déclaré qu’Abdul Rahman avait des problèmes mentaux", a-t-il expliqué.Peu avant, le procureur général adjoint de Kaboul avait annoncé qu’Abdul Rahman était "libre de quitter la prison". "Nous avons envoyé une lettre en ce sens au ministère de la justice", avait déclaré Mohammed Ishaq Aliko.

Abdul Rahman s’était converti au christianisme il y a 16 ans alors qu’il travaillait pour une ONG chrétienne au Pakistan. Il a ensuite passé neuf ans en Allemagne, avant de revenir en Afghanistan en 2005. Il a été arrêté il y a un mois, dénoncé selon la justice afghane par des proches pour avoir abjuré l’islam, un acte passible de la peine de mort selon la loi islamique (charia) en vigueur en Afghanistan.

Son cas a provoqué une vague de protestation en Occident, notamment aux Etats-Unis, principal soutien financier et militaire de l’Afghanistan, qui ont sommé le président Hamid Karzai de respecter la liberté de culte également inscrite dans la constitution afghane. Plusieurs responsables gouvernementaux afghans ont dit ces derniers jours qu’il allait être "bientôt libéré".

Dimanche, la Cour suprême afghane avait décidé d’interrompre son procès et de renvoyer son dossier au procureur général en raison de doutes sur ses "capacités mentales".
La mission de l’Onu à Kaboul avait annoncé lundi qu’Abdul Rahman avait demandé l’asile à l’étranger et avait espéré qu’un des pays intéressés allait l’accueillir pour "apporter une solution pacifique à son cas".
Source

lundi, mars 27, 2006

Sœur prodigue (3)
Réflexions d'un fils de l'église romaine

Quelles sont donc ces doctrines contraires à la Foi qui feraient que l’église catholique romaine est hérétique ?

La plus emblématique est sûrement la doctrine du Filioque.
Des bibliothèques ont été écrites sur le sujet. D’autres le seront surement. Vouloir en faire un résumé relèverait de la plus grande prétention.
En bref, subrepticement, sur cinq siècles environ, s’est glissée, dans le Symbole de Nicée Constantinople, l’affirmation ajoutée que le « Saint Esprit procède du Père ET DU FILS ».
Il semblerait que cela ait commencé en Espagne, sur une base augustinienne, pour lutter contre l’arianisme wisigoth.
L'emploi le plus ancien de l'expression « Filioque » dans le contexte du Credo est la profession de foi formulée pour le roi wisigoth Reccarède au Concile local de Tolède en 589. Ce Concile régional a anathématisé ceux qui n'acceptaient pas les décrets des quatre premiers Conciles œcuméniques (canon 11), et ceux qui ne confessaient pas que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (canon 3). Il semble que les évêques espagnols et le roi Reccarède croyaient à ce moment que l'équivalent du Filioque en grec faisait partie du Credo primitif de Constantinople, et apparemment ils comprenaient que le Filioque s'opposait à l'arianisme en affirmant la relation intime entre le Père et le Fils. Déclaration commune de la Commission théologique orthodoxe-catholique d'Amérique du Nord

De fait, une lettre de Théophylacte, évèque d’Ochrid, en 1090, accrédite cette mauvaise et involontaire compréhension du texte grec.
Il dit que « Procedere est le seul mot dont dispose les latins pour traduire les quatre mots grecs Ekporeuesthai, Keitai, Diadidosthai et Proballein »
De là, le filioque gagne progressivement le reste de l’Occident surtout sous l’influence de la théologie carolingienne qui finit par l’imposer à Rome malgré la courageuse résistance de papes comme Léon III et Jean VIII.
L’insistance du pouvoir carolingien à intervenir dans la sphère religieuse mériterait surement de plus amples développements et pourrait révéler des intentions purement politiques comme la volonté délibérée d’entrainer, par voie de schisme, la rupture avec la partie survivante et donc légitime de l’Empire.
En dehors des deux papes cités plus haut, les résistances furent nombreuses. : « Milan, Paris, la Provence, la Hongrie … Pour l’Irlande, il fallut même organiser en 1155 une croisade confiée au roi d’Angleterre (bulle Laudabiliter) »
« On peut dire qu'à la fin du XIIe siècle, tout l'Occident est devenu officiellement papiste, officiellement filioquiste, officiellement azymite … officiellement, parce qu'il y a toujours eu une grande partie des populations pour refuser cette triple doctrine: il y a eu des orthodoxes en Italie jusqu'au XIVe siècle, et partout, il y a eu des dissidences d'autres natures … »

En quoi le Filioque est-il contraire à la doctrine de l’Eglise ?
Répondre à cette question réclamerait de très longs développements sans commune mesure avec les prétentions théologiques de Soleil d’Hiver.
L'idée que l'Esprit procède « du Père par le Fils » est soutenue par un certain nombre de théologiens latins anciens, comme faisant partie de leur insistance sur l'unité des trois Personnes dans l'unique Mystère divin (par ex. Tertullien, Adversus Praxean 4 et 5).
Hilaire de Poitiers au milieu du IVe siècle parle de l'Esprit à la fois comme étant simplement « du Père » (De Trinitate 12, 56), et comme « ayant le Père et le Fils comme source » (ibid. 2, 29). Dans un autre passage, Hilaire fait référence aux paroles de Jésus « Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit que (l'Esprit) prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera » (Jn 16, 15), et se demande si « recevoir du Fils est la même chose que procéder du Père » (ibid. 8, 20). Ambroise de Milan, écrivant dans les années 380, soutient ouvertement que l'Esprit « procède du (procedit a) Père et du Fils » sans être jamais séparé de l'un et de l'autre (Du Saint-Esprit 1, 11, 20). Mais aucun de ces écrivains ne consacre une réflexion explicite au mode de l'origine de l'Esprit. Tous sont plutôt préoccupés à souligner l'égalité de dignité des trois Personnes divines comme Dieu, et tous reconnaissent que le Père seul est la source de l'être éternel de Dieu.

De leur coté, les Byzantins, occupés par luttes internes avec le monothélisme et l'iconoclasme et par la montée de l'Islam, étaient très peu au courant des différents développements en Occident concernant le Filioque entre les VIe et IXe siècles.
Mais leur intérêt pour le Filioque se fit plus grand au milieu du IXe siècle, lorsqu'il se joignit aux querelles de juridiction entre Rome et Constantinople, et aux rapports sur les activités des missionnaires francs en Bulgarie. Quand les missionnaires byzantins furent expulsés de Bulgarie par le roi Boris sous influence occidentale, ils rentrèrent à Constantinople et rapportèrent des informations sur les pratiques occidentales dont la récitation du Credo avec le Filioque faisait partie. Le Patriarche Photios de Constantinople adressa en 867 une encyclique sévère aux autres patriarches orientaux, dans laquelle il présenta ses commentaires sur la crise politique et ecclésiastique en Bulgarie et sur les tensions entre Rome et Constantinople. Dans cette lutte, il dénonçait les missionnaires occidentaux en Bulgarie et critiquait les pratiques liturgiques occidentales.
De façon très significative le patriarche Photios appelait l'addition du Filioque un blasphème et présentait une argumentation théologique circonstanciée contre la vision de la Trinité qu'il croyait qu'elle représentait. L'opposition de Photios s'appuyait sur sa vision que le Filioque implique deux causes dans la Trinité et qu'il diminue la monarchie du Père. Ainsi lui semblait-il que le Filioque obscurcissait le caractère distinctif de chaque Personne de la Trinité, et confondait leurs relations. Source

On le voit, l’église latine et l’église orthodoxe ont leurs arguments et à bien des égards, le débat est aussi d’ordre linguistique.

Là où, en revanche, il est indiscutable que l’ajout du Filioque par les latins n’est pas recevable, c’est qu’il le fut de façon unilatérale, c’est à dire en dehors d’un concile œcuménique. D’ailleurs, dans sa lettre de 867, Photios demanda la tenue d'un concile œcuménique qui pourrait résoudre la question de l'interpolation du Filioque et éclairer ses fondements théologiques.
Mais une longue période de troubles et de rivalité au sein du patriarchat de Constantinople survint.
Un Concile fut tenu à Constantinople en 879-880 en présence des représentants de Rome et des autres patriarches orientaux. Ce Concile, que certains théologiens orthodoxes modernes tiennent pour œcuménique, confirma le caractère œcuménique du Concile de 787 et ses décisions contre l'iconoclasme. Aucune discussion approfondie n'eût lieu sur le Filioque, qui ne faisait pas encore partie du Credo professé à Rome, et le Concile ne fit aucune déclaration sur sa justification théologique.
Mais le Concile reconfirma formellement le texte original du Credo de 381, sans le Filioque, et anathématisa quiconque composerait une autre confession de foi, tout comme l’avait déjà fait le Concile d’Ephèse (431) :

canon 7 : le saint concile a décidé qu'il ne sera pas permis de produire en public, d'écrire ou de composer un symbole de foi autre que celui défini par les saints pères réunis à Nicée sous la conduite du saint Esprit. Ceux qui oseront composer un autre symbole, le répandre, ou le présenter à ceux qui veulent se convertir et reconnaître la vérité, venant du paganisme, du judaïsme ou de n'importe quelle hérésie, ceux-là, s'ils sont évêques ou clercs, seront dépouillés, les évêques de l'épiscopat et les clercs de la cléricature; s'il sont laïcs, ils seront anathématisés.

Pour ne s’en tenir qu’à ces trois conciles (Nicée 381, Ephèse 431 et Constantinople 879), la « voix de l’Eglise » a tranché de façon nette et la conclusion s’impose : Quelles qu’en soient les intentions, le Filioque est bien hérétique.


A suivre

samedi, mars 25, 2006

26 mars 2006 (13 mars du calendrier julien)
Dimanche de la Sainte Croix

Sur nous, Seigneur, a resplendi comme un signe la lumière de ta face !
Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !

A ceux qui te craignent Tu as donné un étendard, pour échapper à l’atteinte de l’arc.
Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !

Tu es monté sur la hauteur, recevant les humains en tribut !
Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !

Tu as donné un héritage à ceux qui craignent ton Nom !
Par les prières de la Mère de Dieu, sauve-nous, Dieu sauveur !
LA DIDACHÈ
ou Enseignement des douze apôtres
Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.
Chapitre VI et VII

1. - Veille à ce que personne ne te détourne du chemin de cet enseignement, car il t'enseignerait ce qui est en dehors de Dieu. Si donc tu peux porter le joug du Seigneur tout entier, tu seras parfait; mais, si tu ne le peux pas, fais ce que tu peux.
2. - Quant aux aliments, porte ce que tu pourras, mais abstiens-toi strictement de ce qui a été sacrifié aux idoles, car c'est un culte rendu à des dieux morts.

VII1. Quant au baptême, baptisez ainsi : après avoir proclamé tout ce qui précède, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit dans de l'eau vive (courante).
2. - Mais, si tu n'as pas d'eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l'eau froide, que ce soit dans l'eau chaude. Si tu n'as ni l'une ni l'autre (en quantité suffisante), verse trois fois de l'eau sur la tête au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
3. - Avant le baptême, que celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit se préparent par le jeûne et, si d'autres personnes le peuvent (qu'elles fassent de même); en tous cas tu commanderas à celui qui va être baptisé de jeûner un ou deux jours auparavant.

vendredi, mars 24, 2006



Un appel sur mon portable. Allo ? c’est Moi !
Faudrait-il que je me mette à vous envoyer des S.M.S. pour attirer votre attention ?

Pour écouter votre message archivé, cliquez ici
L’abandon du titre de « Patriarche d’Occident »
Les explications du Vatican

Cité du Vatican, 22 mars 2006. Suite aux commentaires sur la suppression du titre papal de " Patriarche d'Occident" dans l'Annuaire Pontifical 2006, le Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens a rendu public aujourd'hui un communiqué pour expliquer cette absence.

Du point de vue historique, les anciens Patriarcats d'Orient établis par les Conciles de Constantinople (381) et de Calcédoine (451), se référaient à un territoire assez clairement circonscrit, alors que le territoire du Siège de l'Evêque de Rome restait peu défini. En Orient, dans le cadre du système ecclésiastique impérial de Justinien (527-565), par rapport aux quatre patriarcats orientaux (Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem), le Pape était sous-entendu comme Patriarche d'Occident. Au contraire, Rome a privilégié l'idée des trois sièges épiscopaux pétrins: Rome, Alexandrie et Antioche. Sans utiliser le titre de Patriarche d'Occident, le IV Concile de Constantinople (869-870), le IV Concile du Latran (1215) et le Concile de Florence (1439) placèrent le Pape comme le premier de l'alors liste des cinq Patriarcats.
Le titre de " Patriarche d'Occident"a été utilisé par Théodore I en 642 pour ne reparaître qu'aux XVI et XVII siècles, liés aux nombreux titres du Pape. Ce titre apparaît pour la première fois dans l'Annuaire Pontifical en 1863.
Actuellement la définition du mot 'Occident' rappelle un contexte culturel qui ne se réfère plus seulement à l'Europe occidentale, mais qui s'étend jusqu'aux Etats-Unis d'Amérique, à l'Australie et la Nouvelle Zélande, se différentiant d'autres contextes culturels. Si l'on veut donner au mot 'Occident' un sens applicable au langage juridique ecclésial, il ne pourrait être compris qu'en référence à l'Eglise latine. Par conséquent, le titre de " Patriarche d'Occident " décrirait la relation particulière qui lirait l'Evêque de Rome à cette dernière et pourrait exprimer la juridiction particulière de l'Evêque de Rome pour l'Eglise latine.
Par conséquence, le titre de " Patriarche d'Occident ", peu précis depuis son origine, est devenu obsolète et peu utilisable au cours de l'histoire. C'est pour cela qu'il n'est pas retenu utile de le conserver, d'autant plus que l'Eglise catholique, avec le Concile Vatican II, a trouvé pour l'Eglise latine l'ordonnance canonique adaptée aux nécessités d'aujourd'hui sous la forme des Conférences Episcopales et de leurs réunions internationales.
Abandonner le titre de " Patriarche d'Occident " -conclu la note- ne modifie en rien la reconnaissance des antiques Eglises patriarcales, comme solennellement déclaré par le Concile Vatican II. La renonciation à ce titre souhaite seulement exprimer un réalisme historique et théologique tout en pouvant aider le dialogue ocuménique.
Source

mercredi, mars 22, 2006

Sœur prodigue (2)
Réflexions d'un fils de l'église romaine

Hérésie ou schisme ?
On l’a vu, Runciman, dans « le schisme d’Orient. La papauté et les églises d’Orient, XIème, XIIème siècles » se garde de répondre à la question et même privilégie la thèse du schisme.
Mais Steven Runciman est historien. Pas théologien.
D’abord, qu’est-ce qu’une hérésie ?
Le mot vient du grec "hairesis", nom formé à partir du verbe grec" haireo " : qui signifie "choisir"auquel on a ajouté le suffixe nominal "-sis", qui donne en français "-sie".
Etymologiquement, le mot signifie donc "choix, opinion particulière".
Dans son acception religieuse, le mot " hérésie " signifie donc une opinion contraire aux idées généralement reçues et plus spécialement une doctrine contraire à la doctrine établie.
Dans le domaine de l’ecclésiologie, l’hérésie est la doctrine de celui qui en matière de foi soutient des opinions condamnées par l'Église. On le voit, il faut donc que la doctrine soit préalablement examinée et condamnée et qu’elle le soit par l’Eglise elle-même, ce qui revient à poser la question : « Qu’est la voix de l’Eglise ?».
Enfin, l’histoire de l’Eglise Orthodoxe le montre à plusieurs reprises : un évèque, un patriarche peut être convaincu d’hérésie sans pour autant que la communion soit rompue entre l’église locale concernée et les autres dans la mesure où ses successeurs rompent avec la mauvaise doctrine.

Est-il besoin de le dire, cette question est LA question.
Elle est, bien entendu, soulevée par certains orthodoxes qui y répondent de façon tranchée : Oui. L’église romano-catholique est hérétique.
Pas tous les orthodoxes.
Mais quel intérêt y aurait-il à ne retenir que l’opinion de ceux qui donnent, a priori, la réponse qui ne fache pas ?
Parmi, les orthodoxes les plus formels quant au caractère « hérétique » de l’église catholique, certains sont des historiens pointus, d’autres des érudits impossibles à prendre en défaut. Ce sont tous des hommes et des femmes de grande Foi et de prière.
Leurs arguments méritent donc la plus grande considération. (De nombreux passages en italique figurant dans les chapitres à paraître de « sœur prodigue » sont leurs citations.)
Non seulement parce qu’ils sont ce que je vient de dire, mais surtout parce qu’ils en tirent la conclusion, somme toute logique et terrifiante, que les « sacrements » de l’église catholique (et que l’Orthodoxie appelle « Saints Mystères ») sont VIDES. Vides de la grâce divine. Vide du Corps et du Sang du Christ en ce qui concerne l’Eucharistie.
Il faut le reconnaître, la pilule est grosse à déglutir.
Deux solutions :
La recracher et n’y plus penser,
L’avaler quand même et examiner ses effets. C’est la solution choisie par Soleil d’hiver.


Depuis quand l’église catholique serait-elle hérétique ?
Là, les avis divergent.
D’abord parce que les doctrines dont nous parlerons plus loin ne se sont pas répandues uniformément dans la chrétienté occidentale, qu’en de nombreux endroits, les communautés chrétiennes, voire certains papes, leur ont opposé une vigoureuse résistance ce qui, soit dit en passant, constitue déjà un indice sérieux.
Pour certains, au motif imparable « qu’il ne peut y avoir de sacrements sans la foi qui fonde la succession apostolique » , « le moment à partir duquel on peut avoir des doutes sérieux sur la validité de l’eucharistie à Rome, doit se situer probablement en 1014, quand l’empereur germanique Henri II a imposé le Filioque à Rome ». « En dehors de Rome, cela peut-être variable selon les lieux, … il y a des lieux où on a été azymite (NDSH : sont azymites ceux qui communient sous la forme du pain sans levain) et filioquistes avant que Rome ne le devienne, et des lieux où l’on ne l’est devenu que sous la pression centralisatrice ».

Cela échappe, en effet, à beaucoup de catholiques , mais la suprématie papale s’est imposée en Occident au prix d’énormes difficultés. Là où tout se trouble, c’est qu’au regard des catholiques d’aujourd’hui, la papauté du « se battre contre des hérétiques » alors que la plupart de ces derniers se réclamaient en fait de la Tradition. (voir l’histoire du mouvement utraquiste en Bohème au XVème siècle)

“Jusqu’au XIe siècle, d’ailleurs, Rome ne se posait pas en patriarcat d’occident. Son territoire couvrait le nord de l’Italie – et l’Illyrie jusqu’à la querelle des icônes. Les métropoles des Gaules, l’Eglise celtique, l’Eglise d’Angleterre, l’Espagne étaient autonomes, parfois même autocéphales au même titre que l’Eglise d’Afrique ».

Pour d’autres, la communion cesse d’être « en 1216, date de l’excommunication solennelle des latins par le patriarche de Constatinople en exil à Nicée, après le sac de Constantinople et la latinisation forcée des grecs du Péloponèse, ou en 1245 à la suite du concile de Lyon. »


Quelles sont donc ces doctrines contraires à la Foi qui feraient que l’église catholique romaine est hérétique ?
A suivre

Les femmes soldats en Vendée
Par Anne Bernet

Premières victimes d'une guerre civile qu'en dépit de leurs convictions religieuses elles n'ont ni fomentée ni voulue, les femmes de l'ouest de la France se retrouvent, dès les débuts du soulèvement, au printemps 1793, les plus exposées. Et les plus déterminées.

« Avant même qu'à Paris certaines officines du pouvoir révolutionnaire élaborent une théorie meurtrière d'éradication totale des populations insurgées, à commencer par l'élément féminin - « le sillon reproducteur », pour parler le jargon de l'époque - ce sont les femmes qui souffrent : viols, massacres de civils, époux, fils, frères tombés au combat, incendies de villages entiers, exode massif... Dans cette horreur où bascule leur quotidien jadis si paisible, l'immense majorité d'entre elles n'envisage pas un instant de prendre les armes et continue, vaille que vaille, à maintenir un semblant de normalité. Un choix qui s'avère parfois insoutenable. Sous la pression des circonstances, il arrivera qu'elles soient obligées de se battre. Pour certaines, la décision sera sans retour…. »
Suite
Communiqué du Réseau Chrétienté

Le gouvernement, nous le savons depuis novembre 2005, n'est plus à même de protéger les citoyens français.

Il a même choisi de récompenser les casseurs qui, pourtant, sont normalement passibles des assises pour avoir incendié des biens privés.

Depuis une semaine surgissent sur internet des appels à l'insurrection révolutionnaire et au meutre de policiers, appels monstrueux qui restent impunis.

Aujourdhui, nous apprenons que ce même gouvernement laisse partir en fumée 1000 ans de patrimoine culturel et religieux.

Des hordes animalisées ont pénétré dans la bibliothèque de l'Ecole des Chartes (100.000 volumes), sise à la Sorbonne, et ont volé puis répandu sur les trottoirs des environs, et pour certains brûlé devant la chapelle de la Sorbonne, des chartes d'abbayes d'Île-de-France, dans lesquels étaient consignés tous les documents officiels ou de droit privé depuis le Moyen-Âge. Des documents de plus de DIX SIECLES pour certains.

Si le peuple de France est abandonné par son gouvernement, il pourra et saura se défendre.

En revanche, des livres, des manuscrits, des cartulaires, eux, ne peuvent se défendre.

Le Réseau Chrétienté constate que l'Etat a failli à trois missions majeures :

- Protéger l'intégrité du territoire
- Protéger les citoyens et leurs biens
- Protéger et transmettre le patrimoine culturel et religieux

Le Réseau Chrétienté appelle les autorités de l'Etat à un sursaut immédiat et vital.

Nos dirigeants ont hérité de 15 siècles d'histoire, de patrimoine, de culture. Non seulement aujourd'hui le nient-ils (ridicules, seuls au monde), mais encore laissent-ils désormais partir en flammes ou dans les caniveaux de la république ce que nos ancêtres ont construit, écrit, pensé, siècle après siècle.

La Chrétienté est aux mains d'illégitimes margoulins.
Il est temps de la leur reprendre.

mardi, mars 21, 2006

L’Islam, sans fard

Kaboul. Un Afghan, Abdul Rahman, converti au christianismedepuis seize ans a été arrêté et risque la peine de mort s'il refuse de redevenir musulman, conformément à la loi islamique de la charia, ont indiqué dimanche les autorités judiciaires afghanes. On lui a proposé l’abandon des poursuites et sa libération s’il se reconvertit à l’islam. Il a refusé. Verdict dans deux mois.
source

Ndjamena. Un groupe d'hommes armés de machettes, bâtons etc... s’en prennent à une religieuse, administratrice de la Mission Vision Africa
Ils ont soudain bondi sur elle, mis le feu à sa voiture. Elle a sauté de la voiture, a été saisie par les manifestants, déshabillée en public puis traînée dans des quartiers nue devant tout le monde. Ils lui ont laissé la vie sauve.
source
Echanges entre Alexis II et Benoit XVI

17 mars 2006. Aujourd'hui ont été publiés les messages de février dernier entre Benoît XVI et le Patriarche Alexis II de Moscou et de toutes les Russies.
Le 20 février dernier, le Cardinal Roger Etchégaray avait remis au Patriarche un message du Pape et la médaille d'or du pontificat. Et après la divine liturgie célébrée en la cathédrale du St.Sauveur de Moscou le 24, SS Alexis II confia au Cardinal une lettre et une croix pectorale pour le Saint-Père, en signe d'estime et de gratitude et à l'occasion de son anniversaire.
Le Pape écrit s'associer spirituellement à la double célébration du Patriarche, "invoquant du Seigneur les abondantes bénédictions pour sa personne et son ministère, consacrés à la grande cause de l'Evangile".
"Les gestes et les paroles d'amitié entre pasteurs du troupeau du Seigneur soulignent la collaboration croissante dans la vérité et la charité, qui font grandir l'esprit de communion devant guider tous les baptisés".
Puis Benoît XVI rappelle que "le monde contemporain a besoin d'entendre des voix indiquant la voie de la paix, du respect général, de la condamnation de toute violence, de la supériorité de la dignité de tout être et de ses droits inaliénables".
Le Patriarche a pour sa part remercié le Pape et écrit: "Dans cette période de rapide développement du sécularisme, le christianisme se trouve face à de grands défis, qui nécessitent un témoignage commun".
"Je suis convaincu que l'une des missions prioritaires de nos Eglises, qui ont aujourd'hui une vision commune sur de nombreuses questions, est la défense et l'affirmation des valeurs chrétiennes au sein de la société, qui imprègnent la société depuis de nombreux siècles. » "J'espère -ajoute Alexis II- que cela favorisera aussi la rapide résolution des problèmes existant entre nos deux Eglises".
Le Patriarche conclut son message en souhaitant bonne santé au Pape, invoquant sur lui l'aide de Dieu pour l'accomplissement de "sa haute charge de Primat de l'Eglise catholique".
Source

lundi, mars 20, 2006

Sœur prodigue (1)
Réflexions d’un fils de l’église romaine

Le texte qui suit est l’introduction, en guise de petit conte, d’une série de huit articles à paraître sur Soleil d’hiver.
Ils sont la tentative d’un simple fidèle, qui n’est ni historien, ni théologien, de comprendre la place de l’église catholique romaine dans la Chrétienté.
Vaste ambition et, peut-être, grande arrogance.
Pourtant, comment éviter cette terrible question en ces temps où se conjuguent l’apostasie matérialiste et athée, la chute de la pratique religieuse, le relativisme doctrinal mais aussi les signes de plus en plus évidents d’une soif de renouveau et d’unité.


Il était une fois,
une épouse qui avait cinq filles, toutes belles et honorées.
Toutes unies dans l’amour de leur mère.
Jamais, elles ne prenaient de décisions graves sans se concerter et recouraient, chaque fois, au conseil de famille.
Ainsi, malgré l’éloignement, rien ne venait entacher leur entente et, ensemble, elles faisaient front à l’ennemi. Leurs maisons se remplissaient d’enfants.

Un jour, pourtant, celle que toutes considéraient comme leur ainée, vit son existence bouleversée. L’empereur qui assurait sa protection mourut et ne fut jamais remplacé. Les barbares déferlèrent sur l’empire. Après de nombreuses années de lutte, elle se chercha des protecteurs. Comme elle était fort riche et estimée, ceux ci ne manquèrent pas. Mais ils n’avaient cure de ses valeurs et lorgnaient sur les richesses de la famille. Progressivement, elle tomba sous leur influence.

Elle se mit à dépenser sa part d’héritage.
Sa vie et sa façon de penser se modifièrent insensiblement et l’éloignèrent de ses sœurs. Celles ci mirent du temps à s’en apercevoir mais chaque fois qu’elles se rencontraient, il leur devint de plus en plus évident que leur sœur ainée avait changé, et que les rapports étaient tendus.
Elle ne leur demandait plus leur avis, n’assistait plus aux conseils de famille. Elle s’accomodait de doctrines et d’attitudes nouvelles.
Pire encore, elle prétendait leur imposer sa nouvelle façon de voir et ne tolérait aucun reproche. Elle supporta même que ses protecteurs saccagent la maison de la cadette.

Comme elle vivait dans une contrée ouverte sur les océans, elle répandit sa doctrine aux quatre coins de la terre et devint puissante, tandis que ses sœurs subissaient les assauts de l’ennemi et devenaient de plus en plus pauvres.
Sa position éminente la conforta plus encore dans sa volonté de domination.

A suivre

Communiqué
Une erreur s'est glissée dans l'article "un hiver oecuménique" qui figurait la photographie de Monseigneur Hilarion (Alfeyef) et non celle du hiéromoine Alexandre (Siniakov).
Merci à Monsieur C.L. de l'avoir signalée et grace à qui la correction a pu être apportée.

samedi, mars 18, 2006

Ce deuxième dimanche de Carême, l’Eglise Orthodoxe fait mémoire de
Saint Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique.

Le sublime Théologien
de la lumière incrée,
dans la lumière sans déclin,
rejoint la Source de clarté.


Saint Grégoire Palamas (1296-1359) est un des plus grands représentants de la théologie orthodoxe et de la spiritualité hésychaste.
« Il a fait face au rationalisme théologique de Barlaam le Calabrais, mais il a aussi fait, alors qu'il était prisonnier des Turcs une confession de foi exemplaire face à l'Islam, dénonçant l'imposture de Mahomet et anticipant de trois siècles la célèbre comparaison de Pascal entre Jésus-Christ qui a conquis le monde par la douceur et Mahomet qui a conquis le monde par le glaive. »

Grâce créée et Grâce incrée

« Nous allons t’expliquer par mode d’exemple, à partir d’une pâle image, la différence entre ces deux sortes de paticipations.
Elle participe certes du feu, la terrine faite d’argile qui, après être passée au four du potier pour être utilisable, garde encore des traces de feu. En effet sa couleur rougeâtre, sa matière desséchée à point et résistante, tout cela vient évidemment du feu. …
Ainsi donc ce récipient participe déjà du feu lorsqu’il s’offre à notre usage, mais il y participe (autrement) lorsqu’il est posé sur le fourneau allumé et qu’il est porté à incandescence par son contact avec le feu : à ce moment, ce n’est plus seulement aux effets du feu, mais à toutes ses énergies, ou presque, qu’il participe, n’étant dépourvu ni de la chaleur ni de la faculté de brûler ; il peut au besoin communiquer cette même énergie à laquellle il participe à n’importe quel corps (suffisamment) proche, pourvu que ce corps soit convenablement disposé pour revevoir cette participation – et cela bien que la nature du récipient reste inchangée et qu’à ce point de vue il ne soit que de la terre. En revanche, quand …on le transporte hors du fourneau, il montre bien pour sa part les effets de l’énergie du feu, mais de ces énergies elles-mêmes, il ne conserve plus rien. »
De la déification de l’être humain (chap 18)

Laissons les morts .....

Des amis et lecteurs me demandent quelques fois pourquoi Soleil d’hiver ne parle presque jamais de l’actualité française, surtout quand elle devient un peu chaude.
Il y a à cela trois raisons :
D’une part, ce n’est pas la vocation de Soleil d’hiver
D’autre part, il y a d’excellents sites et blogs amis, référencés sur Soleil d’hiver qui font cela très bien et bien mieux que je ne saurais faire,
Enfin, comme le dit notre Sauveur « Laisse les morts enterrer les morts et toi, le vivant, suis-moi » (Mathieu 8, 22)

L’image est un tableau de Daniel Joux, artiste peintre à Dieulefit (Drome). Son site.

vendredi, mars 17, 2006

Un hiver œcuménique
par le hiéromoine Alexandre (Siniakov)

Le hiéromoine Alexandre (Siniakov), membre de la Représentation de l’Eglise russe auprès des institutions européennes à Bruxelles, a publié, mardi 14 mars, un texte, intitulé « Un hiver œcuménique » dans le quotidien La libre Belgique reproduit, avec son autorisation, sur orthodoxie.com

Dans les années 70, la possibilité de la communion eucharistique entre les Eglises orthodoxe et catholique semblait un horizon possible. Mais alors, que s'est-il donc passé ?
L'importance de l'unité des chrétiens n'est certes pas à démontrer. Nombreuses sont les paroles du Seigneur, dans l'Evangile, qui prescrivent aux disciples de rester unis. Les efforts entrepris depuis le siècle dernier, et nombre d'initiatives plus récentes, témoignent d'un désir certain de surpasser nos divisions actuelles. Notamment entre orthodoxes et catholiques romains. Ce que vient précisément de rappeler la semaine annuelle de prière pour l'Unité. Il n'empêche que, dans la vie quotidienne, et en tant que serviteur de l'Eglise orthodoxe russe, je constate certains obstacles qui entravent le chemin de l'unité. Ce qui m'incite à proposer quelques remèdes susceptibles de nous aider à «respirer à deux poumons», occidental et oriental, selon la si belle formule du pape Jean-Paul II.

Depuis une quinzaine d'années, c'est du côté orthodoxe, et en particulier de l'Eglise russe, que semblent venir les entraves au dialogue entre nos Eglises. En effet, tout en manifestant un renouveau apparent, mon Eglise, la plus importante de la grande famille orthodoxe, semble participer de ce mouvement identitaire qui, un peu partout, est comme l'envers de la mondialisation. Les déclarations officielles ne parlent plus que du prosélytisme catholique. Tout comme dix siècles auparavant, les Eglises de Rome et de Constantinople s'accusaient mutuellement d'envoyer des missionnaires sur des terres revendiquées par chacune d'elles. Selon un paradoxe qui peut paraître étrange, la terre de la sainte Russie restera une des rares que le pape Jean-Paul II n'a pas foulée au cours de son long pontificat.

Pourtant, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, l'Eglise de Russie ne fut-elle pas la championne de l'unité des chrétiens ? En effet, on enseignait dans les séminaires la théologie comparée. De même a-t-elle à son actif la réalisation de la première traduction œcuménique de la Bible. C'est encore l'Eglise orthodoxe russe qui allait entamer le dialogue avec l'Eglise anglicane, et créer en 1917, 50 ans avant Vatican II, une commission pour la promotion de l'unité des chrétiens. On peut donc affirmer que l'Eglise russe a été en avance d'un demi-siècle sur d'autres Eglises, dans la recherche de la paix ecclésiale et de l'unité des chrétiens. Située entre l'Orient et l'Occident, celle qui avait engendré la Trinité de Roublev pouvait paraître prédestinée à l'œuvre de l'unité. Et donc à celle de la réconciliation chrétienne. Entendue comme une véritable unité dans la diversité des rites et des traditions, et non pas comme une absorption d'une Eglise par une autre.

Plus récemment, dans les années 70, le métropolite Nicodème de Leningrad incarnait encore cet esprit œcuménique. Il ne s'agissait pas seulement de ce que l'on appelait «un œcuménisme du goulag», mais bien une aspiration à rendre visible l'unité de l'Eglise dont il se plaisait à répéter que les murs ne montaient pas jusqu'au ciel. La possibilité de la communion eucharistique entre les Eglises orthodoxe et catholique semblait un horizon possible. Mais alors, que s'est-il donc passé?

Il y a d'abord le poids de l'histoire récente. L'Eglise russe n'a pas fini de panser les blessures causées par une idéologie qui, pour nombre de croyants russes, s'enracine dans la pensée occidentale. S'y ajoutent les facteurs psychologiques. Beaucoup de mes compatriotes, désorientés depuis la chute du régime, retrouvent aujourd'hui dans la foi une identité qu'ils affirment souvent contre les autres. Une sorte de processus de restauration nationale et religieuse que d'autres pays européens, tel la France, ont connu en leur temps. De plus, sur le plan institutionnel, c'est la première fois dans son histoire que l'Eglise de Russie est libre de toute tutelle. Il n'y a plus d'empereur, il n'y a plus de parti. Par ailleurs, le régime actuel est tout aussi jeune et fragile que l'orthodoxie renaissante. Comme le reconnaît le patriarche Alexis lui-même, l'orthodoxie russe n'a pas encore la maturité intellectuelle et spirituelle pour être capable d'affronter le monde actuel. Dès lors, elle attend des autres Eglises patience et compréhension. Souhaitant également, sans pour autant le dire, être traitée comme une sœur, certes cadette, mais aimée et aidée.

Mais dès lors, que faire ? L'œcuménisme officiel connaît une crise sans précédent, qui se vérifie dans toutes les Eglises. Peut-être est-il devenu par trop officiel, l'affaire de spécialistes, de commissions, ou réservé à quelques diplomates. Même en Belgique, n'est-elle pas loin l'époque où les pionniers de l'œcuménisme remplissaient chaque semaine salles et églises de chrétiens enthousiastes de la perspective d'un retour à l'unité, selon le souhait même du Christ: «Qu'ils soient un.» Sans doute nous faut-il retrouver cet esprit des premiers temps de l'œcuménisme, tout simplement, sous la forme de l'amitié chrétienne. Aimer l'autre de façon vraiment désintéressée. Apprendre à connaître ses traditions, partager dans l'égalité ses joies et ses soucis. Et cela, par des moyens aussi simples que la promotion de jumelage de couvents, de paroisses, de chorales, de monastères, par l'organisation de concerts et de voyages œcuméniques, en favorisant l'accès de jeunes séminaristes orthodoxes aux écoles théologiques occidentales. Ou, réciproquement, en envoyant des religieux occidentaux à la découverte de l'orthodoxie dans les pays qui s'en réclament. Autant de moyens très humains, qui peuvent patiemment préparer et amorcer l'authentique unité que seul le Christ peut, en définitive, réaliser.

jeudi, mars 16, 2006

Le T.P.I en accusation
Moscou, 14 mars - RIA Novosti.
La Douma a examiné hier une déclaration à l'occasion du décès de l'ex-président de la Yougoslavie, Slobodan Milosevic, a annoncé mardi aux journalistes le président de la chambre basse du parlement russe, Boris Gryzlov, au terme d'une réunion du Conseil de la Douma.
"Le but principal du document est de présenter des conclusions sur l'inanité de l'activité du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie", a-t-il indiqué.
Source
Voyage chez les chrétiens d’Orient
Frédéric Pichon

L’ouvrage relate la rencontre de l’auteur et de sa famille avec les communautés chrétiennes d’Orient au fil d’un périple de 6000 km qui les conduisit de Beyrouth où il résida plusieurs années à la France, en passant par la Syrie et la Turquie.

Ce n’est pas un voyage « exotique » qui nous est ici relaté mais bien le témoignage et le regard d’un homme de Foi, bien au fait des réalités de cet Orient, sur ces chrétiens arabes, catholiques, orthodoxes, maronites, chaldéens, oubliés, et de plus en plus isolés au sein du monde musulman, en ces lieux qui sont ceux de l’Eglise primitive.

mercredi, mars 15, 2006

28 février 2006 Moscou
« Droits de l'homme et dignité de la personne humaine.
Point de vue de l'église et de la société »


Est-ce que reconnaître la conception des droits de l'homme et suivre les normes qui en découlent sous la forme où elles sont appliquées dans les législations mondiales et nationales se trouve en contradiction avec le dessein de Dieu pour l'homme ? Dans quelle mesure les droits de l'homme peuvent-ils favoriser le chrétien pour vivre sa foi ou y faire obstacle ? Aujourd'hui la vie elle-même met les fidèles de l'Eglise Orthodoxe Russe face à ces questions qui sont proposées à la discussion des esprits éclairés de cette haute assemblée

Le concept des droits de l'homme est né et s'est développé dans les pays occidentaux avec leur propre destin historique et culturel. Il faut reconnaître que dans ces conditions il a eu des réussites mais a également révélé des défauts. Est-ce que cela signifie que les standards occidentaux d'organisation de la vie sociale et individuelle peuvent convenir de la même manière à tous les pays, tous les peuples et toutes les cultures de notre monde ? C'est que les autres civilisations ont également leur propre expérience historique positive d'organisation de la vie sociale et de création de conditions favorables pour le développement de la personnalité. N'ont-elles pas le droit de dire leur mot dans le dialogue des cultures et des civilisations, d'apporter leur contribution au trésor de l'expérience de l'humanité ? Bien entendu, elles l'ont, c'est le droit inaliénable de chaque peuple.

Aux yeux d'un croyant qui voit en soi-même et dans son prochain l'image de Dieu, la thèse de l'humanisme libéral que le principe universel qui règle la vie sociale et individuelle c'est l'anthropocentrisme moral ne peut pas ne pas susciter des doutes. Les croyants s'élèvent contre le fait que l'être pécheur lui-même établisse et définisse ce qui est bien et ce qui est mal. Seuls les commandements de Dieu peuvent et doivent servir de base pour distinguer l'un de l'autre. A ce sujet il y a un fait très important et significatif que les principales religions du monde sont d'accord entre elles dans la définition du bien et du mal. … du point de vue des religions traditionnelles, ne peuvent être reconnues comme normes la dérision envers les choses sacrées, les avortements, l'homosexualité, les jeux de hasard, l'euthanasie et d'autres, toutes choses qui sont activement défendues et dont on fait la propagande sous prétexte de défendre les droits de l'homme .

Les orthodoxes sont prêts à respecter le choix de vision du monde des autres peuples. Mais ils ne peuvent se taire quand on leur impose des normes qui leur sont étrangères et qui sont en contradiction avec les fondements de la foi de leurs pères. Je pense que les musulmans, les bouddhistes, les juifs et les autres sont du même avis. Pour éviter un conflit dans notre monde actuel, il est nécessaire d'effectuer un travail intense pour harmoniser les différents systèmes de conception du monde. Les principes communs de la vie de la communauté mondiale doivent être élaborés en commun par les différentes civilisations.

Les orthodoxes sont prêts à accepter le concept des droits de l'homme et à œuvrer pour son développement. Mais à condition que ces normes contribuent au perfectionnement de l'homme et non à son enracinement dans les ténèbres du péché. Le but suprême du concept des droits de l'homme, ainsi que nous le comprenons, consiste à affirmer la valeur ontologique de chaque personne, favoriser sa croissance, son développement propre et sa dignité. C'est en cela que l'on peut voir la destination principale et unique d'un tel concept du point de vue chrétien.

Métropolite Cyrille, de Smolensk et de Kaliningrad, vice-président du Congrès Mondial Populaire Russe et président du Département des Relations Ecclésiales Extérieures du Patriarcat de Moscou.
Conférence donnée dans le cadre du Congrès Mondial Populaire Russe
Source

mardi, mars 14, 2006

Européens pas occidentaux !
Par Guillaume Luyt


En visite officielle aux États-Unis, Silvio Berlusconi a déclaré : “ Le Vieux Continent ne peut pas affirmer son identité en s’opposant à l’Amérique. Une conception de l’Europe fondée sur une volonté d’autosuffisance velléitaire serait politiquement dangereuse : il ne peut y avoir deux Occidents. ”
En tant que dirigeant identitaire, Européen de sang, de cœur et de raison, je ne peux que contester les termes de cette affirmation.

Bien sûr que l’Europe peut affirmer son identité en s’opposant aux États-Unis ! Elle le doit même ! Depuis la Grande Guerre, les États-Unis ont pris les rênes de la politique internationale à notre détriment. L’un des leviers utilisés par les Américains pour affaiblir l’Europe a été l’instrumentalisation du principe des nationalités. Diviser pour mieux régner, la méthode n’était pas neuve, elle a pourtant rudement bien fonctionnée entre 1919 et 1939. Le pire, c’est qu’elle est réapparue dès la chute du mur de Berlin au détriment de la Yougoslavie qui, ironie du sort, était elle-même issue de ce fameux (et fumeux ?) principe des nationalités.

Les États-Unis étant, depuis l’écroulement du bloc soviétique, la seule superpuissance planétaire, il est encore plus légitime pour l’Europe, dès lors qu’elle prétend faire entendre sa voix sur la scène internationale, de se positionner par rapport à Washington, donc de revendiquer cette autosuffisance que lui refuse le chef du gouvernement italien. La fin de la Guerre froide - qui, qu’on le veuille ou non, ne laissait à l’Europe qu’un espace limité entre les deux grands arsenaux nucléaires - a créé un appel d’air géopolitique dans lequel la CEE de l’époque a été incapable de s’engouffrer, choisissant au contraire de s’aligner immédiatement sur les positions états-uniennes lors de la première guerre du Golfe puis lors du conflit bosniaque.

Des Etats Unis forts de notre faiblesse
Tout diplomate digne de ce nom sait, depuis l’intervention yankee à Cuba en 1898 contre l’Espagne, qu’aucune guerre livrée sous la bannière étoilée n’est exempte de motivations marchandes. Alors, quand les EU ont prétendu intervenir dans les Balkans sous couvert de justifications démocratico-humanitaires, les dirigeants européens auraient dû comprendre et révéler que celles-ci n’étaient qu’un cache-sexe à leurs ambitions économiques (donc culturelles, la culture n’étant chez eux qu’un secteur industriel). De même auraient-ils dû rappeler aux Américains, sourire en coin et doctrine de Monroe à la main, que la non-ingérence européenne en Amérique du nord et du sud s’accompagnait de la non-intervention américaine en Europe.
Hélas, en refusant de procéder au démantèlement de l’Otan (ou du moins d’en sortir unilatéralement) une fois la menace soviétique disparue, les gouvernements européens ont à la fois conforté l’autorité américaine et nourri ses desseins impérialistes. Le refus par les Européens de débattre de la légitimité de l’Otan - et celui du prétendu “ gaulliste ” Chirac en particulier… - a permis aux Américains de s’empresser d’en étendre le poids et les prérogatives, en particulier en intégrant les pays d’Europe centrale et de l’Est et en pesant pour l’entrée de son allié turc dans l’UE.
Si les gouvernements slaves et baltes sont aujourd’hui le petit doigt sur la couture du pantalon dès que la Maison blanche sonne le rassemblement de ses alliés, c’est bien parce que la faiblesse politique de l’Europe ne leur a pas laissé d’autre choix. Profitant de la méfiance de la plupart de ces pays envers la Russie, Washington n’a fait qu’occuper le rôle de grande puissance protectrice que les instances européennes étaient incapables d’assumer.
Si la Turquie se fait si pressante et arrogante aux portes de l’UE, c’est bien parce qu’elle sait compter sur l’appui total de son maître américain.

L’Europe, un point c’est tout !
Alors aujourd’hui, se réclamer de l’Occident c’est, pour un Européen, accepter la suprématie américaine et refuser de croire au destin plurimillénaire et singulier de l’Europe. Or, s’il est vrai que les ÉU portent dans leurs gênes une partie des valeurs et des vertus de l’Europe, il est tout aussi vrai que ces valeurs et ces vertus ont mal supporté le voyage transatlantique. Le patriotisme est devenu suffisance, la force est devenue violence, la moralité est devenue puritanisme, etc. Oh, nous ne nous faisons pas d’illusions sur la place que tiennent encore ces vertus chez nous, cependant elles demeurent gravées au plus profond de notre civilisation. Alors que dès le premier massacre d’indiens et la construction du premier temple mormon, les Américains ont démontré qu’ils entendaient construire leur société sur d’autres valeurs que les nôtres.
Enfin, quand Berlusconi dit qu’il ne peut y avoir deux Occidents, là encore il se trompe. Car l’Occident existait avant la découverte de l’Amérique. Cet Occident-ci, celui des “ Grands Ducs d’Occident ” que le Bourguignon que je suis ne saurait méconnaître, c’est la Chrétienté ; cet Occident-ci, c’est Rome capitale de l’Empire d’Occident contre Constantinople capitale de l’Empire d’Orient (Note de Soleil d’hiver : Soleil d’hiver, sur cet unique point, ne peut partager l’avis de Guillaume Luyt. Rome et Constantinople ont toujours fait partie de l’héritage européen commun et jamais Constantinople ne s’est posé en ennemi de l’Europe Occidentale alors qu’on peut légitimement prétendre l’inverse. Ce ne sont pas les croisés de Byzance qui ont mis Rome « à sac ». En revanche, Cyrille et Méthode, patrons de l’Europe aux cotés de Benoit sont bien les fils de Constantinople. ) ; cet Occident-ci, c’est l’Europe face au Grand Turc. Cet Occident-ci, c’est un temps de l’histoire de l’Europe ; un moment de notre histoire qu’il peut être utile de rappeler et de célébrer, mais qui ne peut pas nous servir d’étendard. Utiliser le terme aujourd’hui, c’est en effet faire le jeu de l’autre Occident, celui qui prévaut dans l’inconscient collectif, celui que véhiculent les médias et les discours de nos dirigeants sauce Berlusconi.
Or cet Occident-là - qui court d’Ottawa à Wellington et de Londres à Tokyo (mais de moins en moins il est vrai) en passant par Ankara et Tel-Aviv et dont la capitale est Washington - n’est définitivement pas le nôtre, car il se construit et s’organise contre l’Europe. Oh bien sûr pas directement, mais insidieusement : en rognant sur nos prérogatives politiques, en corrompant nos valeurs spirituelles, en étouffant notre économie, en parodiant nos formes d’expression culturelle.

Fidèles à notre sang et à notre héritage, conscients de la crise que nous affrontons, acceptant notre destin y compris dans sa dimension tragique mais refusant toute fatalité (attitude propre à l’Européen), nous croyons qu’entre l’impérialisme yankee et l’impérialisme musulman, il y a la place pour un espace de paix, de solidarité, de justice et de prospérité. Cet espace qui s’étend de l’Atlantique à l’Oural, de Dublin à Kiev et de Lisbonne à Saint-Pétersbourg ; cet espace au sein duquel les lois de la politique ont été définies, le droit codifié et les arts et lettres magnifiés ; cet espace où les hommes ont sans cesse tourner leurs regards vers les Cieux ; cet espace a un nom, et ce n’est pas l’Occident. C’est l’Europe.

Européens nous sommes. Européens nous vivrons. Européens nous mourrons.

La mort de Milosevic : pourquoi faire simple...
... quand on peut faire compliqué?


C'est en effet la question qui se pose face à la version officielle de la mort de Slobodan Milosevic.
L'autopsie a pris fin ce soir et les résultats sont désormais officiels : la mort de Slobodan Milosevic est due à un infarctus du myocarde.
Cette annonce a eu lieu quelques instant après qu'un conseiller du TPI a confirmé que des traces d'un médicament suspect, habituellement utilisé contre la lèpre et la tuberculose, ont été trouvées dans le sang de l'ancien président yougoslave en janvier dernier.
Milosevic était au courant puisqu'il écrivait le 10 mars dernier dans une lettre adressée à l'ambassade de Russie :
"ils aimeraient m'empoisonner (...) Dans tous les cas, les personnes qui m'administrent le médicament pour le traitement de la lèpre ne peuvent sûrement pas me soigner, et en particulier ces personnes contre lesquelles j'ai défendu mon pays dans la guerre et qui ont aussi intérêt à me faire taire".

Il est établi que des traces de médicament contre la lèpre et la tuberculose ont été retrouvées dans le sang du président yougoslave.
Il est aussi établi que ce médicament neutralise l'effet de ceux que Milosevic prenait pour soigner ses maladies vasculaires.
Il est enfin également établi que Carla Del Ponte disait moins de 24 heures après le décès : "nous n'avons pas d'autre choix qu'une mort naturelle ou un suicide".
On en déduit donc que Milosevic a ingurgité volontairement des médicaments pour contrer ceux qui le soignaient dans le but de se suicider et d'éviter ainsi la confrontation avec Carla Del Ponte qui peine terriblement depuis cinq ans pour faire avancer le dossier de l'inculpé.
Il aurait ainsi choisi de faire très compliqué : se procurer en prison alors qu'il était surveillé de très près, les médicaments qu'il fallait savoir choisir pour neutraliser son traitement. N'aurait-il pas été plus simple d'arrêter tout bonnement le dit traitement?

La polémique enfle :
- Des gens proches du dossier s'expriment comme cet avocat suisse :
"Ce qui est certain, c'est que Milosevic était un grand cardiaque (...) Les caractéristiques très spéciales de la procédure du TPIY exercent sur les accusés des pressions psychologiques terribles et qui se révèlent malaisées à gérer. Il est évident que ce n'est pas sans conséquence sur leur état de santé (...) Concernant Slobodan Milosevic, son départ provisoire à Moscou pour s'y faire soigner aurait sans doute amélioré son état physique".
- La presse internationale met le tribunal de Carla Del Ponte au rang des accusés : le TPI, lui, n'a t-il pas choisi de faire trop simple?
Le salon beige

dimanche, mars 12, 2006


Petit florilège démocratique 3

« Quel instrument efficace de despotisme on allait trouver dans ce grand magasin d’armes offensives : les droits de l’homme » Burke.
Monsieur Slobodan Milosevic n’est plus.

Il a été trouvé mort ce samedi matin dans sa cellule du Tribunal Pénal International (T.P.I.)
Ce décès pose de nombreuses questions et, déjà, trois hypothèses sont formulées par les commentateurs.
Slobodan Milosevic se serait-il suicidé ? C’est fort peu probable. Il faisait l’objet d’une surveillance des plus rigoureuses et on voit mal pourquoi cet homme qui n’a cessé de prouver sa combativité depuis quatre ans aurait soudainement décidé de lacher prise et surtout de donner à ses accusateurs un argument de sa culpabilité.
A t-il été assassiné ? On ne peut l’exclure à priori et l’autopsie, si tant est qu’on puisse se fier à ses conclusions, pourra le révéler. Les raisons d’une disparition provoquée peuvent se trouver dans le fait que les conclusions prochaines de cette longue procédure risquaient de ne pas se montrer à la hauteurs des espoirs de Carla del Ponte et de ses commanditaires. Peut-être valait-il mieux « éteindre » cette procédure.
Mort naturelle ? On le sait, Slobodan Milosevic était gravement malade. Hypertension sévère et troubles cardio-vasculaires. Il y a trois semaines, une demande de liberté médicale demandée par ses avocats pour autoriser des soins à Moscou a été rejetée par le T.P.I.
Slobodan Milosevic était soumis aux audiences interminables de ce procès à l’anglo-saxonne qui le privaient de promenades et de soins adaptés.
Je ne sais si la vérité sera sue un jour.
Mais une chose est sure, Slobodan Milosévic, où qu’il soit à présent, est mieux qu’entre les mains de Madame Carla del Ponte.

Saisissons l’occasion de dire deux mots du T.P.I.

Création du Conseil de Sécurité qui n’a aucune prérogative judiciaire et représentant 19 pays sur les 185 que compte l’ONU, le T.P.I. dépend essentiellement du financement de l’OTAN (aveu du porte parole) et, pour 14% de fonds privés parmi lesquels ceux du ploutocrâte Soros.
Concernant le procés Milosevic, la procédure a été changée 22 fois, ce qui, pour prendre un équivalent médical, consiste à opérer 22 fois le même malade du même organe en s’y prenant, chaque fois, différemment.
Le gouvernement serbe serait bien inspiré de réfléchir à deux fois avant de livrer ses ressortissants « présumés coupables » à une instance aussi représentative des valeurs démocratiques.


samedi, mars 11, 2006

Dimanche 12 mars 2006 : 1er dimanche du Grand Carême
Dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie

Plus que tout autre, le jour d’aujourd’hui nous rappelle que chacun d’entre nous, nous devons réviser notre propre Orthodoxie. Es-tu orthodoxe en tout ? Si tu te dis orthodoxe et que tu es convaincu de l’être, ce Triomphe de l’Orthodoxie est alors ton propre triomphe. Cependant, prends la peine de vérifier que cette appellation « orthodoxe » corresponde bien à la réalité lorsqu’elle t’est appliquée.
Métropolite Philarète

L'Orthodoxie fête, ce jour, une grande date, celle du 11 mars 843, qui instituait le «rétablissement des icônes" après plus d'un siècle d'hérésies, de doutes, de discussions théologiques et même de persécutions. En effet la dernière hérésie qui ravagea l'Eglise d'Orient fut l'iconoclasme.
Dès 726, l'Empereur Léon 111 signait le premier décret contre les icônes, suivi de bien d'autres, jusqu'en 786/787 où le Concile œcuménique de Nicée proclama la légitimité du culte des saintes images, en ce sens que la vénération dont elles sont l'objet s'adresse à Dieu, qui est ainsi adoré, ou aux Saints qu'elles représentent. Toutefois la querelle des images avait mis l'Empire à feu et à sang, occasionnant même deux schismes avec l'Eglise de Rome d'une durée de 70 ans. C'est donc ainsi, sous le règne de l'Impératrice Théodora, décidée à rétablir l'Orthodoxie, que prit fin en 843 la lutte des iconoclastes.
Cependant plus tard l'objet de la fête fut élargi: A la condamnation des iconoclastes vint s'ajouter la célébration du 1er dimanche de Carême et les sentences contre les hérésies nouvelles ou anciennes, si bien que les noms des hérétiques sont suivis d'un triple anathème taudis qu'on acclame, avec une triple bénédiction, les noms des défenseurs de la foi. De nos jours, le Dimanche de l'Orthodoxie est la fête de la manifestation de l'unité et de la catholicité de l'Orthodoxie, dans tous les pays où elle existe. Elle est la fête du triomphe de ]'Orthodoxie, le témoignage de sa présence universelle dans le monde, confessant une même foi, vivant un même dogme, unie dans une même spiritualité, transmise par le Christ et les Apôtres. C'est un jour émouvant que ce dimanche, "Triomphe de l'orthodoxie'', émouvant parce qu'il nous rappelle toutes ces grandes figures spirituelles qui, par leur foi, leur courage, leur persévérance, ont atteint la plénitude en Christ et nous ont conservé intact, à nous leurs héritiers indignes mais reconnaissants, le contenu de l'Orthodoxie.
L'Orthodoxie, un grand mot et un héritage encore plus grand pour nous qui avons été élevés dans son enseignement. L'Eglise aujourd'hui encourage à suivre l'exemple de tous ceux qui, avant nous, en firent l'expérience enrichissante par leur témoignage, exaltant sa présence vivifiante dans le monde.
Car l'Orthodoxie n'est pas un mythe. Elle n'est pas non plus un objet de musée, couvert de la poussière dorée des siècles. L'Orthodoxie, dynamique dans son enseignement, rayonnante dans sa spiritualité, est celle qui nous met en relation avec la Vie Eternelle, le Christ glorieusement ressuscité', pour notre salut. Elle justifie notre propre résurrection, elle est notre "viôma". c'est-à-dire notre principe de vie, et ce, de manière éternelle et inaltérable.
Notre mission est très importante dans le monde: D'une part, quand l'humanité ne sait plus où fixer son choix, elle nous donne Jésus comme réalité de notre univers. D'autre part, en un moment où l'Occident chrétien sent la nécessité de revenir aux sources mêmes de sa foi, elle est le témoignage d'une tradition inaltérable, remontant indiscutablement aux apôtres, après avoir traversé victorieusement les vicissitudes des siècles, de cette victoire que nous fêtons aujourd'hui.
Le Triomphe de l'Orthodoxie implique pour nous la nécessité de témoigner de la qualité de ce triomphe, par notre foi notre dynamisme notre disponibilité envers les autres, notre richesse spirituelle et liturgique. Autant d'exigences que nous négligeons et qui ternissent en nous le sens réel de notre confession.
Que ce Dimanche de l'Orthodoxie nous rappelle la grandeur de notre vocation et, à l'exemple de nos prédécesseurs dont nous célébrons la mémoire, nous arme de persévérance, d'espoir et d'amour.
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vendredi, mars 10, 2006

La Gueuse et le Lys
Deux beaux extraits du blog "la messe en mer"

Prenons trois points essentiels du règne démocratique et qui, j’en suis sûr, font l’unanimité au sein des hommes de « bonne volonté ».
Prenons ces trois principes que l’étudiant basique annone religieusement quand il n’a pas encore sombré dans le relativisme intéressé et cynique du goret post-moderne …
Donc la sainte trinité droit de l’hommiste : Liberté-Egalité-Fraternité.

La liberté républicaine c’est le laid qui devient beau, l’injuste qui devient juste parce que l’on décide d’ y croire, la liberté c’est le relativisme paroxystique d’un corps qui tombe d’une falaise alors qu’il espérait s’envoler et qui ne comprend pas pourquoi il vole, à grande vitesse, dans la mauvaise direction, vers le sol. Cette liberté c’est Napoléon, Austerlitz puis Waterloo, le sublime puis le pathétique, le tout accommodé d’hectolitres de sang humain.

L’égalité démocratique, pour faire court, c’est l’égalité radicale de tous devant la loi, du débile comme du surhomme, et qu’ils se plient ces cons, sinon c’est goulag ou Buchenwald, au choix selon les théories rouges ou brunes. En fait pas de choix, juste une position géographique… Pour les bourgeois de l’âme, dont les oreilles sifflent ici comme une locomotive à vapeur, et qui m’objecteraient amalgames et imprécisions je les renvois à Thucydide et à Platon, qu’ils méditent aussi sur la guerre du Péloponnèse. Ainsi, tout a déjà été dit depuis fort longtemps…

Quant à la Fraternité athée c’est maintenant ! Banlieues en feu, bancs anti-clochards, adultères, trahisons, peur, racisme, pornographie… j’en passe et des pires.



Les armes de France, les armes du Roi de France sont : « d’azur à trois fleurs de lys d’or »… Ici, pas d’aigle, pas de lion, pas de léopard, pas d’ours, mais trois fleurs.
Fleur de lys, symbole de la pureté, couleur symbole du soleil et de la lumière, symbole marial, symbole de soumission à la volonté divine.

Trois fleurs, chiffre ô combien symbolique pour nous chrétiens, puisque c’est le symbole de la Très Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Traditionnellement les armes sont représentées dans un armorial, portées par des lions, des aigles, des ours et autres animaux évoquant puissance, force ou terreur. Pour nos "tyrans", rien de semblable : ce sont des Anges qui portent les armes de France ; les fleurs de France, pour ainsi dire.
Ainsi, les tyrans Capet qui ont détruit ce pays, réduit à néant ce qu’il aurait pu être, fait de ce pays un dépotoir qui n’a pu revivre que par l’action de la sainte république et du pacifique Napoléon, symbolisaient la soumission à Dieu et à sa volonté, le désir d’œuvrer à l’établissement du Royaume du Christ sur terre et avaient à cœur d’agir selon les vertus chrétiennes.

Encore une fois, l’école laïque, gratuite et obligatoire a bien déformé nos esprits pour que nous ne soyons même pas capables de nous rendre à l’évidence de la grandeur divine de la royauté française.
Nous avons remplacé le désir de Bien par celui de la division.
Sépulcres blanchis

Je ne vois pas meilleure définition de nos sociétés occidentales que cet anathème lancé par le Christ aux hypocrites.

Blancheur au dehors,
Pourriture au dedans.

Tout est fait pour aseptiser le monde où nous tentons de vivre.
Des lois anti-tout aux principes de précaution, on veut bannir la peur, la douleur, la maladie et tout ce qui peut ressembler de prés ou de loin à un quelconque risque.
Vaccination obligatoire, assurance obligatoire, prévention routière, lois anti tabac, alcool, noyade, incendie, bœuf, poulet et, bientôt, cochon ?
Jusqu’à la loi anti-penser ou anti-dire.
Lobotomie.

Au dedans, pornographie, meurtre institutionnalisé des enfants et bientôt des vieux et des malades, corruption, homophilie, ringardisation de la famille, culture télévisuelle et journalistique avilissante, enseignement idéologue et démissionnaire, justice qui refuse de dire la différence entre le bien et le mal, travailleurs jetables, culte des idôles de toutes sortes et de l’argent facile.
Chosification.

Je n’abandonnerai ni ma pipe ni mon verre de Côtes du Rhone.
Je roulerai en fonction des conditions de circulation et non des panneaux ou des radars,
Je mangerai du bœuf, du poulet et toute sorte d’animaux « impurs »,
Je dirai et penserai le plus incorrectement du monde,
Je tacherai de mourir chez moi et sans les médecins,
Et, en attendant, je me drogue à Dieu.

Et comme aurait dit Cambronne …

jeudi, mars 09, 2006

Citations pour répondre à la théologie de la satisfaction

"Le sang répandu pour nous, sang très précieux et glorieux de Dieu… pourquoi fut-il versé et à qui fut-il offert ? Si ce prix est offert au Père, on se demande pour quelle raison… Pourquoi le sang du Fils unique serait-il agréable au Père qui n'a pas voulu accepter Isaac offert en holocauste par Abraham… N'est-il pas évident que le Père accepte le sacrifice non qu'il l'exige ou en éprouve quelque besoin, mais pour réaliser son dessein : il fallait que l'homme fût vivifié…" Saint Grégoire de Nazianze




"Le Père, lui non plus, n'est pas impassible…, il a pitié, il connaît quelque chose de la passion d'amour, il a des miséricordes que sa souveraine majesté semblerait devoir lui interdire." Origène
Eléments de réflexions pour demain
E. Leroy

Militant conscient de la cause européenne, nous n’oublions pas que la grande saga des peuples européens a initié son destin quelque part entre la Baltique et la mer Noire voilà plusieurs milliers d’années. Si ceux qui devaient devenir, longtemps après, les Celtes, les Germains ou les Latins, ont quitté ces terres pour partir à la conquête du monde, nous, nous n’avons pas oublié que c’est ici que notre destinée a commencé et c’est ici qu’elle doit renaître. Les Slaves ont été les gardiens du berceau de notre longue histoire. Ils ont su protéger les frontières de notre grand empire contre les Mongols, les Turcs ou les Arabes. Aujourd’hui plus que jamais, l’unification de nos forces est un impératif fondamental, et seul le plus fort d’entre nous peut provoquer ce sursaut salvateur: le peuple Russe.
Je voudrais rappeler ici ce que Vladimir Soloviev écrivait et qui me paraît aller dans le sens de cette profonde révolution; il montrait la France, qu’il appelait le verbe de l’humanité, toujours portée à répandre les idées engendrées par elle ou reçues du dehors. En regard de cette activité, il signalait la Russie, restée en quelque sorte passive et comme enfermée dans son immense domaine: «La France, qui dépense sans mesure son ardeur, ne ressemble-t-elle pas à un moteur qui est sur le point de fonctionner à vide? Au contraire, la Russie est riche des croyances qui se sont conservées comme un capital accru par les siècles. Elle attend l’impulsion qui déterminera un mouvement général et qui portera partout la chaleur et la vie
Je crois que l’heure de l’impulsion a enfin sonné!
Longue vie à la Russie!
Texte complet

mardi, mars 07, 2006

Pour un fédéralisme dans le cadre français

Une chose paraît certaine, pour la naissance d’une Europe politique puissante et enracinée, tout comme pour la renaissance de nos libertés régionales, c’est la disparition de l’Etat français actuel, de l’état français unitaire, et son remplacement par un Etat fédéral qui est nécessaire. « Après l’écroulement de notre civilisation, écrivait Simone Weil , de deux choses l’une : ou elle périra toute entière, comme les civilisations antiques, ou elle s’adaptera à un monde décentralisé. Il dépend de nous, non pas de briser la centralisation, car elle fait automatiquement boule de neige jusqu’à la catastrophe, mais de préparer l’avenir ». L’avenir me semble être l’établissement de cette France fédérale.

Frédéric Misral écrivait en 1892 dans son journal l’Aïoli : « Nous en avons assez de nous taire sur nos intentions fédéralistes quand les centralisateurs parisiens nous attaquent par cette mauvaise accusation de séparatiste. Nous réclamons la liberté des communes, qu’elles deviennent maîtresses de leurs employés et de leurs fonctions essentielles et qu’elles puissent renvoyer chez eux ces roitelets qu’on appelle sous-préfets… Nous voulons libérer de leur cage départementale les âmes des provinces… Quelques braves gens ont poussé des cris stridents, comme des chats qu’on va châtrer ! Croyez-vous peut-être que nous voudrions déchirer les trois couleurs ? Ou faire des trous à l’unité française ? Qu’est ce que le fédéralisme ? Je ne peux mieux le définir qu’en disant qu’il est le contraire du séparatisme ! »

Disons le clairement, le projet fédéral consiste à « corporer » la nation qui se « décorpore » dans la mesure où les assemblée régionales et les corps intermédiaires perdent le pouvoir d’assumer les problèmes qui les concernent. Vous reconnaîtrez en cela ce que l’Eglise nomme le principe de subsidiarité. Dans l’application de ce principe, nous ne voulons absolument pas faire l’Europe des régions puisqu’il n’est nullement question de faire l’impasse sur la Nation.

Pour Proudhon, « La France ne renaîtra que de ces fragments.». En voici une projection possible, élaborée par Maurice Jaillet en 1962 dans les Cahiers de l’ordre français : « Pour que l’image du pays réel soit aussi exacte que possible, il importe que la représentation épouse en quelque sorte les diversités qu’offre la structure historique, géographique et économique de la France ; en d’autres termes, chaque province doit avoir sa propre représentation, exposant aussi fidèlement que possible, les aspects multiples des caractères qui lui sont propres. Quant à la représentation nationale, elle sera une association de ces représentations provinciales collaborant avec le pouvoir souverain. »

Le fédéralisme n’est qu’un outil alors que certains l'imaginent comme un dogme aux conséquences irréversibles. Le terme irréversible est d’ailleurs entré dans le vocabulaire progressiste, comme si l’histoire n’avait que le sens de son utopie. Le fédéralisme est une méthode qui vise, entre autres, à produire un effet de synergie à partir des personnes ou des groupes qu’il rassemble. C’est un procédé rationnel qui tend à solidariser des sujets, homme ou organisme, dans un but déterminé. Il doit donc s’appliquer suivant l’état et l’intention des sujets. Plus les sujets sont dépendants, plus ils on intérêt à se fédérer pour échapper, par la force de l’ensemble, à leurs handicaps particuliers. Cela n’implique nullement la fusion des sujets, mais seulement leur discipline. C’est ce souci du particularisme à conserver dans l’ensemble qui rapproche, sur le plan technique, le fédéralisme du personnalisme sur le plan philosophique.

Une des caractéristiques des nations c’est de tendre à l’autosuffisance pour accroître leur indépendance. La diversité des productions favorise naturellement la France. Les nations autosuffisantes sont, bien sûr, moins que les autres, soumises à la nécessité d’apports extérieurs. Leur besoin fédératif n’est donc pas impérieux, mais il existe dans des domaines précis, comme la recherche, l’écologie, l’aide humanitaire, la défense. Ce fédéralisme limité se réfère à l’organisation qu’on appelle confédérale pour la distinguer des fédérations plus organiques que constituent les nations. L’organisation confédérale prend en charge les projets que les nations seules ne pourraient assumer. En fait, elle n’est qu’une coopération institutionnelle. Il faut donc éviter de parler de transfert de souveraineté et préférer le terme de délégation de pouvoir, celle-ci toujours soumise à l’approbation des populations nationales, pouvant donc être dénoncée en cas de besoin.

Mais avant d’aborder la question de l’Europe, la question du fédéralisme français paraît se poser en priorité. En 1991, le synode des évêques proclamait que les différences nationales doivent être maintenues et cultivées, « comme le fondement de la solidarité européenne », cela est tout aussi vrai pour nos différences territoriales qui, déjà du temps des gaulois, constituaient des pagus particuliers. C’est ce qui en reste sous des noms divers qui continuent à faire la charmante diversité et la solidarité de la nation française.

Cette belle phrase en provençale, découverte sur un monument aux morts en Provence, me paraît résumer avec grâce, l’intelligence et la parcimonie de nos propos : « J’aime mon village plus que ton village, ma province plus que ta province et la France par-dessus tout ». Il manque certes la vision européenne, mais nous excuserons ce poète anonyme sortant tout droit des tranchées de 14-18. Cent ans après, les rancunes et les haines apaisées, la phrase peut être corrigée par nous, jeunes camarades de l’Europe nouvelle qui souhaitons tirer les leçons des erreurs de nos anciens : « J’aime mon village plus que ton village, ma région plus que ta région, ma patrie plus que ta patrie et la civilisation européenne plus que tout. »
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